[Gardez le cap] Emmanuelle Legault, Cadiou, dresse son bilan après la crise

Déconfinés, les dirigeants de PME-ETI gardent le cap. Quatre d’entre eux racontent comment ils traversent cette période délicate. Aujourd'hui, Emmanuelle Legault, PDG de Cadiou Industrie, tire des enseignements positifs de cette crise.

Emmanuelle Legault fait le bilan. Après avoir partagé ses préoccupations face l'entrée en confinement puis, deux semaines plus tard, celles liées au déconfinement, la PDG de Cadiou, une entreprise familiale spécialisée dans la fabrication de portails, clôtures et garde-corps sur-mesure répond une dernière fois aux questions de Bpifrance Le Lab. Cette semaine, elle nous raconte comment la crise lui a permis de se relever et de se révéler.

Comment allez-vous depuis le 13 mai dernier ?

Emmanuelle Legault. Très bien ! Notre activité est au même niveau que l’an dernier, tous nos clients ont désormais réouvert. Ça nous fait beaucoup de bien. Désormais, notre préoccupation est de trouver des solutions pour tenir les délais annoncés. C’est le plus dur : gérer la distanciation sociale qui impacte les horaires de présence de chacun et la production en parallèle.

Lors de notre dernière entrevue, vous aviez hâte de voir si les demandes de projets adressées par internet allaient se concrétiser. Quel est le verdict ?

EL. Tous les leads identifiés via nos sites ont permis à nos clients de signer des affaires beaucoup plus rapidement. Il y a de beaux et de gros projets.
Notre rôle d’apporteur d’affaires se confirme. Jusque-là, on ne s’était pas immiscés dans la démarche commerciale de nos clients. Mais on se rend compte que nos publications sponsorisées sur les réseaux sociaux fonctionnent très bien. La dernière a généré 130 projets pour nos artisans. Certains ont déjà été signés.

La dernière fois, vous disiez avoir plus de temps pour vos réflexions stratégiques. Est-ce toujours le cas ?

EL. Je continue à travailler sur notre raison d’être : pourquoi nous faisons tout ça, quel est l’objectif de notre entreprise, sa fonction première.
Pour le développement du capital humain, je vais aussi continuer à investir dans la formation. Mes collaborateurs sont ainsi bien mieux outillés et plus performants.

Pour faire face à cette crise, avez-vous eu l'impression de devoir vous adapter ?

EL. Non, je ne crois pas. Je pense plutôt que ma personnalité a servi l’entreprise au bon moment. Qu’elle s’est exacerbée au service de la situation. J’ai bousculé mes responsables et je continue de le faire. Par exemple, nous avons adopté le lean pour favoriser l’amélioration continue. Découper une grosse problématique en plein de petits problèmes rend les situations plus gérables. Au lieu de faire face à un mur, chaque responsable a une ou plusieurs briques à gérer et les traite une par une. Ça nous a vraiment aidé.
Pour moi, c’est une philosophie d’entreprise. De vie même. Je suis persuadée que c’est grâce à cela que Cadiou en est là aujourd’hui.

Votre organisation à trois codirigeants s’est-elle avérée être une force ?

EL. Oui. Mais je le savais déjà. J’accompagne des repreneurs et créateurs d’entreprise. Et je leur conseille toujours d’envisager un ou deux autres codirigeants. Différents d’eux, mais complémentaires sur les compétences et le tempérament, afin de ne pas subir la fameuse angoisse du dirigeant.

Et au niveau du management ?

EL. Il y a très peu de hiérarchie chez nous. Je pense que cela nous a aidé à garder notre agilité et à contribuer à la réussite du télétravail. Chacun était déjà autonome.

Côté client, comment les accompagnez-vous en ce moment ?

"On n’est pas qu’un fabriquant de portails. On est également un fournisseur de solutions globales."

EL. Pour vous donner un exemple, depuis notre dernière entrevue nous avons décidé de les outiller pour réaliser des devis en ligne. Je veux les aider à passer le cap de la transformation digitale. Ne pas les laisser sur le carreau. On n’est pas qu’un fabriquant de portails. On est également un fournisseur de solutions globales. C’est notre rôle de les accompagner dans cette transition.

En tant que dirigeante, auriez-vous des conseils à partager afin de faire face aux incertitudes des temps à venir ?

EL. Tout d’abord, je dirais, qu’il faut avoir un vrai cap et le garder tout en sachant changer de braquet quand c’est nécessaire. Rappelez-vous quelle est la raison d’être de votre entreprise et vers où vous voulez l'emmener. Vouloir la changer brusquement ou changer de business model, c’est "LE" piège à éviter. J’en entends qui veulent devenir leur propre distributeur, pensant ainsi récupérer une partie de leur marge. C’est un comportement instinctif. Mais pour ne pas couler, plutôt que d’appuyer sur la tête de l’autre, il faut peut-être se dire qu’on va essayer de s’en sortir à deux. Travailler sur la coopération avec l’environnement de l’entreprise.

Pour finir, dans quel état d’esprit abordez-vous la suite ?

EL. C’est plutôt positif ! Sur le long terme, ça n’a pas changé mes plans d’investissement. Ça les renforce plutôt. Notre créneau, les espaces extérieurs, va être très porteur.

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