Géocorail : l'avenir se joue à l'international

A l'image du matériau innovant qu'elle développe pour lutter contre l'érosion du littoral, la startup basée à Marseille grandit lentement mais sûrement. Une prochaine levée de fonds devrait lui permettre de franchir un cap et d'implanter sa technologie prometteuse à l'international.

La protection des côtes est un marché d'avenir à échelle mondiale. « La montée des eaux et l'augmentation de la fréquence des tempêtes liées au réchauffement climatique rendent aujourd'hui le géocorail très intéressant pour lutter contre l'érosion », estime Philippe Andréani, directeur général de Géocorail. Aussi calé en levée de fonds qu'en fonds marins, l'ingénieur de formation sait que les prochains mois seront déterminants pour la startup marseillaise. La levée de fonds prévue au premier semestre 2020 devrait lui permettre d'élargir son horizon pour de bon et d'essaimer sa solution de béton naturel inédite dans tous les océans.Jusqu'à présent, c'est grâce au bouche-à-oreille, aux articles de presse ou au site internet de la société que les premiers projets à l'international ont pu voir le jour. Des contacts qui ont permis à Géocorail de finaliser en 2019 son premier chantier au Brésil ou d'être en passe d'œuvrer à la construction d'une route immergée dans un atoll isolé de la Polynésie française. D'autres pistes sérieuses la mènent aussi à Zanzibar (Tanzanie) ou aux Maldives, auprès, notamment, d'hôtels de luxe pressés de protéger leurs plages. « Mais pour franchir ce nouveau pallier, nous devons désormais développer des réseaux de contacts à l'étranger, voire installer des commerciaux sur place », détaille-t-il.

Un béton naturel créé sous l'eau par électrolyse

La technologie développée par la startup a fait ses preuves en France métropolitaine, dans le port militaire de Toulon, à Cannes ou encore en Charente. Unique en son genre, elle permet de générer un béton naturel à partir d'un procédé électrochimique relativement simple.

Grâce à un courant électrique diffusé dans une structure métallique placée sous l'eau, les minéraux présents dans la mer agrègent les sédiments marins pour former une roche solide. Très résistante et adhésive, celle-ci vient alors renforcer digues, murs et bases d'édifices fragilisés par les courants. Autre vertu, et non des moindres : le géocorail est respectueux de l'environnement, d'après Philippe Andréani. Contrairement au béton conventionnel, il n'augmente pas le pH de l'eau et ses rugosités naturelles sont favorables à la vie marine.

Ce béton d'un nouveau genre a besoin de temps pour croître. « Le résultat final d'un chantier se voit entre 6 et 24 mois plus tard, rappelle le dirigeant. Cette relative lenteur n'est pas franchement dans l'ère du temps, mais c'est notre particularité ! »

Des liens tissés avec la recherche universitaire

Fondée en 2013, Géocorail s'est implantée à Marseille en 2016, année au cours de laquelle elle a perçu près d'un million d'euros de la part de Bpifrance, sous la forme de deux prêts. Soutenue par l'Ademe, lauréate d'un Programme d'Investissements d'Avenir initiative PME, la startup a également su tisser des liens forts avec des universités. « Nous sommes graduellement montés en puissance en embauchant d'abord un développeur programmeur d'automates, puis un thésard, un commercial, etc. », relate son directeur général. En 2019, enfin, Géocorail a racheté les actifs d'une petite société de travaux sous-marins, AMM, acquérant un savoir-faire et un matériel dont elle ne disposait pas et qui lui a permis de gagner en autonomie dans les appels d'offre publics.Pour l'entreprise qui compte aujourd'hui 8 salariés, le géocorail est une innovation qui doit en appeler d'autres. A commencer par le perfectionnement des Géotubes, d’immenses boudins remplis de sable immergés qui limitent l’érosion côtière. Désormais ils résistent aux hélices des petites embarcations qui les fragilisaient auparavant. C'est au côté d'entreprises hollandaises que la startup marseillaise perfectionne aujourd'hui ces « carapaces de roche, très efficaces, aux coûts limités et dans laquelle nous plaçons beaucoup d'espoir », confie Philippe Andréani. Un atout de plus à l'heure de se faire un nom à l'international.

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