Transformation digitale : une nécessité

  • Bang
  • 02 février 2017
  • Temps de lecture: 2 min

Gilles Babinet : La révolution numérique, « une opportunité fantastique »

« Digital Champion » de la France auprès de la Commission européenne et co-fondateur de la start-up Captain Dash, cet entrepreneur vient de publier un livre intitulé Transformation digitale : l’avènement des plateformes. Dans un entretien accordé à Bpifrance, il en livre quelques enjeux clés.

Dans votre nouvel ouvrage, vous dites que les entreprises traditionnelles n’ont qu’une vague compréhension des transformations profondes qu’elles vont devoir engager pour rester dans la course. Quels sont les principaux enjeux de la transformation digitale pour les entreprises et y a-t-il urgence à s’y préparer ?
Gilles Babinet : Je pense qu’il y a urgence et je pense qu’il y a un enjeu culturel très fort. L’écueil de la culture est absolument massif. Vous pouvez adopter des techniques ou recruter des profils que vous n’avez pas dans votre entreprise… Mais modifier la culture de l’entreprise est quelque chose qui terrorise tout le monde, plus encore lorsqu’on remet en cause les principes fondamentaux de votre propre culture, tels que les notions de hiérarchie, d’autorité du pouvoir, d’expertise, etc. Laisser penser qu’une expertise individuelle est toujours au-dessus de l’expertise collective est antagonique avec ce que l’on observe au sein de cette révolution digitale.

Que risquent les entreprises qui n’engageront pas la transformation digitale ?
G. B. : Le risque est de se faire déclasser plus rapidement qu’on ne le croit car les niveaux de productivité des entreprises digitales sont incomparablement supérieurs à ceux des entreprises traditionnelles. C’est la conviction que j’ai acquise en visitant nombre d’entre elles.

Vous dites que toutes les entreprises sont vouées à devenir des plateformes. À quoi ressemblera l’entreprise de demain ?
G. B. : Pour moi, le modèle de l’entreprise de demain est à la fois une plateforme technologique, qui interagit en permanence avec l’ensemble de ses parties prenantes, et une plate-forme humaine, c’est-à-dire une entreprise plate, avec très peu de niveaux de hiérarchies qui, elles, assurent deux fonctions : la vision stratégique et le traitement des problèmes qui ne peuvent être traités au sein des entités autonomes. Ce modèle est un modèle futuriste, car on en est très loin dans les entreprises traditionnelles, mais que l’on observe déjà un peu partout dans les entreprises digitales.

Comment réussir la transformation digitale ? Quelles en sont les étapes essentielles ?
G. B. : Pour moi, l’étape préalable est de faire une sorte d’audit pour établir où l’on en est dans la transformation digitale et de passer en revue les ressources humaines, la sécurité, la technologie, les interfaces avec le monde extérieur... Une chose difficile à faire et pourtant nécessaire est, avant même l’acculturation, d’essayer de se poser la question du modèle d’affaires. Une fois la conviction acquise que de nouveaux modèles d’affaires peuvent apparaître, il sera bien plus facile de former et d’emmener les personnes. Ensuite, pour des entreprises d’une certaine taille, il faut poser une vision de la transformation sur le long terme, la mesurer - avoir un KPI (ndrl : indicateur clé de performance) et un tableau de bord -, avoir une organisation cible, former tout le monde de la tête au pied de l’entreprise, et puis il y a le passage de l’ERP (Enterprise Resource Planning) à la plateforme.

Quelle place et quel rôle pour la data ?