Global Industrie : quand les métiers industriels se conjuguent au féminin

Responsable d’essais, data scientist, start-uppeuse : lors de la grand-messe du secteur industriel qui se déroule du 4 au 8 mars à Lyon, trois jeunes ingénieures ont témoigné de leurs parcours inspirants. Conseils à celles qui envisagent une carrière industrielle et pistes pour attirer davantage de femmes dans cette filière où elles restent encore peu représentées.

« Il y a une véritable opportunité aujourd’hui pour le secteur industriel de féminiser ses effectifs et ses emplois ».

C’est le message qu’a souhaité faire passer Delphine Guyard Meyer, consultante en ressources humaines et en égalité professionnelle F/H, en ouvrant la table-ronde "L’industrie au féminin", à l’occasion de la deuxième édition du salon Global Industrie à Lyon.

Pour l’industrie, qui ne compte que 29 % de femmes dans ses rangs, mais qui représente un gisement de 100 000 recrutements par an, "il est important de capter de nouveaux viviers de talents. Notamment des femmes", a pointé cette experte qui fait partie de la fédération d’associations Réseau Economique Féminin. Alors, comment donner aux femmes l’envie de rejoindre qui semble encore “réservé” à la gent masculine ?

Une passion pour l’industrie

Pour Delphine Virte, responsable essais chez Framatome, l’industrie est apparue comme une évidence : lycéenne, elle se passionne pour les technologies. "L'idée de fabriquer les choses de mes propres mains m’a motivée", raconte celle qui a démarré par un premier emploi dans le domaine du nucléaire.

Alice Adenis, chef de projet Intelligence Artificielle au sein d’une start-up industrielle, a quant à elle opté pour l’industrie après une thèse en géophysique. "Je faisais de la physique fondamentale, ce qui était très intéressant, mais je ne voyais pas des applications directes. Ce qui est attirant dans l’industrie est d’avoir un problème concret qu’il faut résoudre dans un temps limité avec des résultats matériels", souligne-t-elle.

Trouver sa place

Pour sa part, Estelle Morelle, data scientist au sein du Groupe SEB, s’est pris de passion pour l’industrie suite à une visite d’usine de Renault Trucks au cours de sa formation. Mais en école d’ingénieur, difficile parfois de trouver sa place. Au sein de la filière hydraulique qu’elle avait choisie à l’ENSEEIFT à Toulouse, "nous étions une quinzaine de filles sur 80 élèves", se souvient Delphine Virte. "Il faut montrer qu’on a les mêmes envies et les mêmes ambitions que les garçons", estime celle pour qui cette époque représente néanmoins "ses meilleures années d’études".

Pour Alice Adenis, c’est surtout lors de son passage du monde académique au monde industriel qu'il apparaît compliqué pour les femmes de convaincre et de prouver qu’elles ont les mêmes capacités que les hommes…

Les bonnes pratiques

Les représentations toutefois changent et les bonnes pratiques en entreprise y contribuent. "Les entreprises doivent montrer l’exemple à tout niveau", souligne Delphine Virte, et ce en permettant de faire évoluer les femmes comme les hommes jusqu’à la gouvernance. Celle qui avait choisi à un moment donné de sa carrière de s’expatrier sur les chantiers en Finlande, note par ailleurs que son conjoint l’a suivie en se faisant embaucher lui aussi sur le chantier, ce qui a été un tremplin par la suite pour sa carrière. "Aujourd’hui les entreprises savent très bien que chacun des deux conjoints travaillent et quand ils proposent une expatriation, que ce soit la femme ou l’homme qui s’expatrie, il est possible d’accompagner le conjoint".

Aussi, "chez Framatome, le temps partiel est quelque chose de démocratisé. Beaucoup d’hommes sont à temps partiel, qu’ils soient sur les chantiers ou dans les bureaux", confie-t-elle.

"Le travail à distance est lui aussi de plus en plus facilité par les solutions numériques et les nouvelles technologies", relève de son côté Estelle Morelle. Dans sa société, un accord de groupe a d’ailleurs été mis en place pour le télétravail un jour par semaine. Et dans l’univers des startups ? Dans celle où travaille Alice Adenis, les collaborateurs comprennent les impératifs liés à la vie de famille ou la nécessité d’avoir du temps pour soi… même si le temps de travail lorsque l'on est dans une jeune pousse, où le nombre de collaborateurs est réduit, reste très prenant.

L’importance des rôles modèles et des réseaux

Conseil aux jeunes filles qui auraient envie de se lancer dans des filières scientifiques pour ensuite travailler dans l’industrie ? "C’est possible de réaliser ses rêves. Il ne faut pas s’autocensurer !", affirme Alice Adenis, en notant par ailleurs que "des études montrent que des équipes diverses sont plus performantes que des équipes monochromes".

Pour Estelle Morelle, "il faut suivre son chemin et surtout ne pas faire de différence homme-femme. Je suis dans un milieu à la fois numérique et industriel, tous les deux très masculins, et je ne rencontre aujourd’hui aucun obstacle du fait d’être une femme". Delphine Virte insiste quant à elle sur l’importance des représentations et des rôles modèles, en conseillant aux jeunes filles de se renseigner sur les parcours des femmes scientifiques et techniciennes. Et de conclure : "N’hésitez pas à intégrer des réseaux de femmes. C’est toujours intéressant, rassurant et inspirant de discuter avec des femmes à différents stades de leur carrière, des difficultés qu’elles ont surmontées… ou de celles qu’elles n’ont pas eues".

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