Les Accélérateurs Bpifrance

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  • 09 décembre 2020
  • Temps de lecture: 5 min

Guillaume Mortelier « L’Accélérateur est un formidable outil de libération du plein potentiel de croissance des dirigeants »

Le 8 décembre 2020 Bpifrance célébrait les 5 ans de son programme d’accompagnement phare : les Accélérateurs. Retour sur ce dispositif d’accompagnement sur-mesure avec Guillaume Mortelier, Directeur Exécutif en charge de l'accompagnement et Fonds Build-up International chez Bpifrance.

Depuis 5 ans, l’accompagnement - l’un des métiers emblématiques de Bpifrance - fédère une nouvelle communauté d’entrepreneurs : les Accélérés. Leur point commun ? Ils font tous partie d’un programme sur-mesure qui vise à conseiller, former et mettre en réseau les dirigeants de PME et ETI françaises.
Pour l’anniversaire de ce dispositif unique, Guillaume Mortelier, Directeur Exécutif en charge de l'accompagnement et Fonds Build-up International chez Bpifrance, revient avec nous sur la création des Accélérateurs ainsi que sur leur soutien aux entrepreneurs pendant la crise de la Covid-19.

Bpifrance : Comment sont nés les Accélérateurs ?

Guillaume Mortelier : Bpifrance est LE réseau social d’entrepreneurs, c’est donc tout naturellement que l’idée d’accompagner les dirigeants - au-delà des aides financières – s’est dessinée, courant 2015.
Nous avons mis en place un programme reposant sur trois piliers : la formation, l’accompagnement et la mise en réseau afin de structurer et solidifier en profondeur les PME et ETI françaises pour les faire grandir de manière pérenne.

B : C’est l’Accélérateur PME qui a « ouvert le bal ». 5 ans plus tard on recense pas moins de 64 accélérateurs. Vous attendiez-vous à un tel succès ?

G.M : Le premier Accélérateur était un crash test (rire). Mais très rapidement, on a eu un retour assez exceptionnel de nos dirigeants qui étaient non seulement satisfaits des résultats, mais surtout heureux de se retrouver en groupe et d’être accompagnés de façon intensive, bienveillante et ouverte.
Au vu de cette appétence, nous avons lancé, l’année suivante, un deuxième Accélérateur PME, puis un Accélérateur ETI.

En 2017, la machine a commencé à très bien rouler, et on a décidé de se diversifier avec le lancement d’Accélérateurs Régionaux et Filières. Quatre régions ont tout de suite répondu présentes : Pays de la Loire, Nouvelle Aquitaine, AURA et PACA. Depuis nous avons maillé presque tout le territoire !
Pour ce qui est des accélérateurs filières, l’approche a été un peu différente.

B : C’est-à-dire ?

G.M : Habituellement la création d’un accélérateur vient de « l’intérieur », mais suite aux retours positifs de bon nombre d’entrepreneurs de la filière aéronautique, le GIFAS (Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales) est venu toquer à notre porte pour nous demander de mettre en place un Accélérateur dédié à ce secteur. Nous avons donc gardé les mêmes caractéristiques que les Accélérateurs précédents, mais cette fois-ci, en nous attaquant à des enjeux plus spécifiques à la filière.
A l’image des autres Accélérateurs, ce nouveau format a immédiatement très bien fonctionné, et nous l’avons développé avec d’autres filières telles que Mode et luxe, Tourisme, Automobile, Agroalimentaire, Cinéma, Jeux videos… aujourd’hui on en compte 19 !

B : Quelles solutions avez-vous mises en place pendant le confinement afin de rester en contact avec vos Accélérés ?

G.M : Je ne vais pas mentir, les premières 24 heures ont été assez déroutantes. D’un coup, deux piliers fondamentaux du programme s’écroulaient. Notre activité de conseil était mise à l’arrêt, car nos consultants se trouvaient dans l’impossibilité de se rendre sur site, et nous devions également renoncer à nos sessions présentielles : LE moment d’échange et de partage entre tous les entrepreneurs de la promo.
Mais passées ces 24 heures, nous avons rapidement pivoté pour adapter le programme aux contraintes sanitaires.

Toutes les équipes sont allées au contact des dirigeants avec un système de « CareCall » (appels d’accompagnements) afin de connaitre leur état psychologique. Nous avons d’ailleurs pu constater qu’un dirigeant accéléré avait un moral trois fois meilleur qu’un dirigeant non-accéléré, simplement parce qu’il est entouré, non seulement par les équipes de Bpifrance, mais également par ses pairs au sein de l’accélérateur.
Ensuite, nous les avons incités à sécuriser leur trésorerie avec des produits comme le PGE ou le prêt Rebond. Et une fois l’entreprise stabilisée, nous avons pu parler avec eux de la meilleure stratégie à mettre en place pour les mois à venir et surtout préparer de la reprise.

B : Le digital est donc venu à la rescousse de l’humain ?

G.M : Exactement ! Nous avons mis en place - notamment au sein des accélérateurs filières - des webinaires et e-learning via Livestorm, afin de faire des points réguliers sur la crise sanitaire, les évolutions, les possibilités… et même si parfois, nous n’avions pas toutes les réponses, ce moment d’échange à beaucoup rassuré les entrepreneurs.
Ils ont si bien fonctionné que nous les avons « massifié » - 4 à 5 par semaine - pour accompagner nos Accélérés. Et là où, en temps normal, on avait 200 à 250 inscrits, nous avions de façon régulière plus de 600 participants.

En parallèle de ces webinaires, nous avons également proposé aux dirigeants d’échanger de manière totalement gratuite avec des consultants sur des thématiques plus spécifiques. Certains ont donc passé jusqu’à 3 heures au téléphone avec nos collaborateurs pour être reboostés et challengés sur une ou plusieurs problématiques.

Mais pour moi le plus important était de garder le lien collectif entre les dirigeants. On a donc mis en place des groupes de co-développement composés de 6 dirigeants et d’un animateur interne à Bpifrance afin que les entrepreneurs puissent, chacun à leur tour, présenter leurs problématiques et échanger avec le groupe pour trouver des solutions.
Les groupes WhatsApp montés par les pilotes d’Accélérateurs, ont également vu éclore de superbes initiatives d’entraides entre dirigeants, notamment au niveau local. C’est le cas de MGA Technologies, PhysioAssist et Infiplast qui se sont associés pour créer des filtres pour respirateurs afin de soutenir « l’effort de guerre ».

B : C’est quoi la suite pour les Accélérateurs ?

G.M : Tout d’abord, je trouve important de noter que sur plus de 1 600 accélérés, seulement deux dirigeants sont sortis du programme lors du premier confinement. Cela montre à quel point nous avons su les soutenir face à cette crise hors norme.
Le deuxième confinement nous a quant à lui réservé de belles surprises. Nous avons eu la chance de continuer à lancer des accélérateurs et de sourcer des entreprises à un rythme assez impressionnant. Pour preuve, ce mois-ci nous allons accueillir pas moins de 80 nouveaux accélérés ! Le nouvel accélérateur Tourisme, un secteur pourtant ravagé, compte déjà plus de 20 dirigeants.
C’est cette culture de la performance, du partage et de la solidarité que nous voulons insuffler à nos accélérés afin qu’ils puissent devenir acteurs de leur transformation.
Aujourd’hui, une entreprise qui passe par un accélérateur gagne en moyenne 10 points de croissance par rapport à des entreprises non accélérées. Une preuve de plus qu’il s’agit d’un formidable outil de libération du plein potentiel de croissance des dirigeants.

A terme, le programme « Accélérateur », deviendra un outil de perfusion qui percolera en profondeur le tissu économique français. Nous espérons d’ailleurs pouvoir intégrer, d’ici 2023, plus d’un millier de nouveaux dirigeants par an au sein de nos différents programmes !