Hugo Meunier [Merci Raymond] « Penser son business model selon les préceptes de la permaculture, c’est être résilient face à la crise. »

TRIBUNE. Durant le confinement, les entrepreneurs et leurs collaborateurs se sont mobilisés pour préserver leurs entreprises. Désormais, il est temps de se relever et de se révéler. Aujourd’hui place à Hugo Meunier, le fondateur de Merci Raymond, une startup française éco-responsable qui très tôt a su se tourner vers la permaculture. Un choix stratégique qui a plus que jamais été éprouvé face à la crise et ses aléas !

Une vision permaculturelle de notre activité …

À l’instar de la quasi-totalité des entreprises françaises, notre activité s’est vue directement impactée par la crise sans précédent que nous traversons. La nature même du métier de jardinier urbain nécessite d’être en extérieur, aux contacts des citadins, pour stimuler les mains vertes et (re)créer du lien social dans les différents espaces de nos villes (encore trop) bétonnées. Une mission que nous portons depuis le lancement de Merci Raymond il y a 5 ans et qui s’est vue stoppée nette avec l’annonce des mesures de confinement. Une mise à l’arrêt du jour au lendemain qui a également concernée la grande majorité de nos activités événementielles, en ce que nous travaillons avec de nombreux restaurateurs et hôtels qui ont été contraints de fermer leurs portes au public. En outre, notre bureau d’étude - depuis lequel émerge diverses conceptualisations des espaces de la ville de demain pour le compte de clients des secteurs privés et publics - a continué de tourner à plein régime. Nous avons également poursuivi « à la normale » l’activité de nos sites productifs urbains (houblonnière, jardin d’aromates…), bien que la fermeture de notre restaurant « Le Relai » - lieu de valorisation de nos productions agricoles – ne nous a pas permis de maîtriser la chaine alimentaire de bout en bout durant la période, comme nous le faisons habituellement.

Le concept même de permaculture - un modèle agricole qui a fait ses preuves en termes de productivité et qui vise à inventer la meilleure association possible entre les cultures pour que chaque légume ou fruit planté puisse avoir un effet positif maximal sur ce qui l’entoure - est aujourd’hui très à la mode et employé un peu à tout-va. Néanmoins, je suis profondément convaincu que penser son business model selon les préceptes de la permaculture, c’est être résilient face à la crise.
C'est pourquoi, Merci Raymond s’adresse à tous ceux qui pensent que la nature doit reprendre sa place dans nos rues goudronnées… sur les toits, dans les jardins, sous les pavés. Notre volonté est de reconnecter les citadins à la nature.
Pour ce faire, notre business model est construit autour de 3 principaux axes :

  • nous développons des scénographies végétales pour contribuer au bien-être des citadins dans leurs lieux de vie, de travail ou de loisirs ;
  • nous concevons des jardins partagés pour contribuer à rendre nos villes plus vertes et plus gourmandes ;
  • et nous créons de nouveaux circuits alimentaires allant de la graine à l’assiette le plus directement possible. 

En préférant ne pas être « monoproduction », nous tirons ainsi profit de plusieurs sources de valeur et de revenu.

… comme de la ville de demain dans son ensemble !

De manière générale, les crises ne font qu’accélérer les tendances de fond et une épidémie comme celle-ci ne manque pas de bouleverser la ville dans ses modes d’organisation et de vécu. La retraite liée aux mesures de confinement a permis à tous d’observer la ville de l’intérieur, et de repenser nos rapports avec elle. Dormir, manger, travailler, jouer, bouger, penser… comment inclure la vie et toutes ses dimensions dans l’espace urbain ? Comment vivre mieux en ville ?

Dès le début de cette crise, nous avons senti que notre métier avait plus d’importance qu’il n’en a jamais eu. A l’échelle du bâtiment, la mixité d’usages est une solution pour façonner des lieux de vies inclusifs. Des jardins partagés sur le toit d’un immeuble pourraient permettre une production locale de fruits, légumes et aromates pour les habitants et alimenter un restaurant locavore. Des murs et toitures végétalisés serviraient d'îlots de fraîcheur, source de bien-être pour les citadins. Des lieux communs de rencontres et d’échanges comme un fablab, des jardins, ou une épicerie locale, permettraient de créer de l’emploi et du lien social à l’échelle de tout un quartier…

La crise, en ce qu’elle a accéléré la prise de conscience individuelle déjà amorcée autour de l’importance de la nature en ville, n’a fait que confirmer la vision que nous portons depuis toujours. Cela nous pousse même à réfléchir au développement de nouvelles offres à destination d’une cible plus grand public. En ce sens, nous avons d’ailleurs lancé une offre solidaire via l’ouverture d’un Hôpital des Plantes juste après le déconfinement, visant à récupérer les végétaux abandonnés dans les bureaux ou logements inoccupés pendant de longues semaines.

Parce que, demain, habiter la ville ne doit plus être pareil, prenons le temps de réinventer nos espaces de vies, comme la forêt se régénère après le feu. Ralentissons, changeons de rythme pour accorder la ville avec la vie. Créons l’abondance et partageons-la, prenons soin de la Terre et des autres. Et inventons ainsi de nouveaux mécanismes pour une reprise économique vertueuse et efficace. Tels sont les principes de la permaculture qui, appliqués à la ville, font germer un avenir désirable : la ville des fertiles.

A propos de Merci Raymond

Créée en 2015, Merci Raymond est une startup française éco-responsable rassemblant jardiniers et créatifs déterminés à redonner place au végétal dans le milieu urbain. En rendant les villes plus vertes et plus gourmandes, cette entreprise incite les citadins à prendre part à la révolution verte. 
Merci Raymond mène des actions de végétalisation à de multiples échelles dans différents lieux (espaces publics, rooftops, stores, bureaux, etc.) tant pour leur redonner du vert ou y créer des espaces dédiés à l’agriculture urbaine, que pour fédérer le plus grand nombre et créer du lien social autour d’une action positive : le jardinage. En 2019, Merci Raymond a réalisé plus de 200 projets, stimulé 10 000 mains vertes, et a planté plus de 80 000 végétaux.

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