InovaYa veut ajouter l'eau au moulin de la Smart City

En s'appuyant sur une solution technique et technologique autonome de traitement, InovaYa prône la décentralisation de la production d'eau potable à l'échelle de la Smart City et du Smart Building. Interview.

La ville et le bâtiment de demain seront “smart”. Mais quand on pense Smart City ou Smart Building, la question de l’énergie utilisée se pose. L'eau, élément essentiel au bon fonctionnement d'un édifice collectif, d'un quartier ou d'une ville, ne serait-elle pas la réponse ? À Lyon, la startup InovaYa et ses 10 employés s’attellent à développer la brique manquante du bâtiment intelligent. Son cofondateur Khaled Al Mezayen nous éclaire.

Bpifrance : Selon vous, quelle place aura l'eau dans le bâtiment de demain ?

Khaled Al Mezayen : Nous voulons faire passer le bâtiment du statut de consommateur à celui de consom'acteur. Aujourd’hui, seul 7% de l'eau potable d'un bâtiment est utilisé pour la boisson ou la nourriture ! Il nous faut aussi bâtir des modèles hybrides, tels que des solutions autonomes pour potabiliser l'eau seulement sur le dernier kilomètre, à l'échelle du quartier notamment. On se dirigera vers une rationalisation du coût de l'eau. Pour que notre modèle devienne une alternative voire, un jour, la norme, il faut expérimenter au regard de normes exigeantes, françaises ou européennes.

Votre développement va donc de pair avec cette volonté de sensibiliser au rôle de l’eau dans le Smart Building ?

Absolument. En 2020, nous avons concrétisé une collaboration avec le groupe Saur puis signé une convention de partenariat avec la ville de Nevers pour y tester notre système de potabilisation. Nous venons juste de signer un partenariat commercial et de recherche avec le premier. En parallèle, nous avons intégré la Smart Building Alliance et allons participer à créer en son sein un nouveau pôle eau. À côté des expérimentations grandeur nature, un long travail de plaidoyer commence !

Comment en êtes-vous arrivé à vous intéresser de si près à l’eau ?

Tout remonte à 2013, en Roumanie, mon pays d'origine avec la Syrie. A cette époque, j’ai voulu y développer des serres hydroponiques autonomes en eau. C'est de cette façon que je suis tombé dans le monde complexe et fascinant de l'eau. Plus tard, j'ai fait la connaissance de Guillaume Lonchamp et Justine Vidil. Un vrai match entrepreneurial ! En 2017, nous sommes rentrés en France et avons fondé InovaYa avec cette envie de changer le paradigme de l'eau grâce à un nouveau modèle économique basé sur une technologie de filtration autonome et pilotable à distance. Nous avons aussi reçu l'agrément Entreprise solidaire d'utilité sociale (ndlr : ESUS), ce qui reflète notre ADN et représente un signal fort pour nos futurs partenaires et investisseurs. L'ambition ultime est de porter le combat du développement humain et social.

Votre implication dans la Smart City et le Smart Building ont donc été la suite logique de cette ambition ?

Nous croyons en l'avenir de la décentralisation de la gestion et de la potabilisation de l'eau. Nous revenons en quelque sorte à un modèle ancien, comme celui qui avait cours en Mésopotamie, mais en ajoutant la sécurité. Grâce à la technologie et la connectivité, nous pouvons désormais atteindre des niveaux de sécurité, mais aussi de coûts et de fonctionnalités, équivalents à ceux des systèmes centralisés actuels. En 2019, nous avons compris que nous devions aussi nous attaquer à la problématique de la réutilisation des eaux usées industrielles. Notre entrée dans l'univers de la Smart City a suivi.

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