Patron de Sealock, une entreprise spécialisée dans les colles industrielles, Jean-Marc Barki milite pour une plus grande solidarité - et un plus grand patriotisme de la part des sociétés du CAC40. Petit aperçu de son parcours. 

Un parcours atypique s'il en est. Jean-Marc Barki ne s'en cache pas, « plus jeune, je voulais faire de la cuisine ». Pourtant, quelques décennies plus tard, celui qui avoue avoir raté deux fois son BAC est désormais à la tête de Sealock, une entreprise spécialisée dans les colles industrielles fondée en 1996. Enfant précoce et gaucher - « ce qui, dans les années 70, était synonyme de handicap ! » s'ennuie à l'école. Même chose dans l'entreprise familiale, qui fournissait les industriels en papier et en carton.

Mais son heure viendra. « Un jour, mon frère cadet s'est trompé dans la traduction d'un appel d'offres venu d'Angleterre, pensant qu'une entreprise voulait un partenaire pour vendre du papier », se souvient-il. Sur place, le jeune homme se rend compte qu'il s'agit de vendre de la colle et en vendra 10 tonnes en trois mois à travers l'Europe.

Un commercial chevronné doublé d’un entrepreneur hyper actif

Commercial hors pair, il reste agent pendant quelques années, avant de monter, avec sa famille et l'industriel britannique, l'entreprise qu'il dirige aujourd'hui et qu'il a progressivement rachetée. En misant sur l'innovation et l'export, Sealock, dernier fabriquant français dans son domaine, affiche un chiffre d'affaires de 6 millions d'euros, dont 22% à l'international, et compte une trentaine de salariés. Hyper actif, Jean-Marc Barki fait partie de la French Fab et du MEDEF et affiche une vision qui lui ressemble.

D'abord, il a la volonté de tendre la main aux jeunes, en particulier ceux qui ont du mal à décrocher un emploi et encore plus à se découvrir une vocation professionnelle. « Il faut bien que je fasse quelque chose de mon propre parcours », explique-t-il en substance. Alors, il détecte les compétences, forme des apprentis et gère son entreprise comme dans une équipe de rugby, au point même de s'assurer que dans les réunions, chercheurs et techniciens, ouvriers et managers dialoguent sereinement.

« Pourquoi les donneurs d'ordres sont-ils toujours en haut de l'échelle et les fournisseurs, en bas ? »

Une solidarité qu'il voudrait bien voir étendre. Non seulement socialement, mais aussi dans les affaires. S'il fait partie de la French Fab, c'est pour porter un message fort auprès des autres industriels. « Pourquoi les donneurs d'ordres sont-ils toujours en haut de l'échelle et les fournisseurs, en bas ? Pourquoi ne pas mettre tout le monde au même niveau ? »,s'insurge-t-il. Autant dire qu'il souhaite une collaboration plus grande entre entreprises, voire une certaine forme de patriotisme économique, qui permettrait à des PME comme la sienne de profiter des commandes des géants du CAC 40…

Son ambition, en matière de solidarité, ne s'arrête pas là. Alors qu'il a pensé un moment à se présenter aux dernières élections européennes, il rêve d'améliorer l’environnement des PME européennes, par le biais d'une application autre que théorique du Small Business Act européen, de standardiser le système de diplômes à l'échelle de l'Union et d'uniformiser l'impôt sur les sociétés. Une façon de jouer collectif comme il aime à le faire, et de donner une chance à tous, comme il a su saisir la sienne.

Sealock

  • Création : 1996
  • 23 employés                                                         
  • 1 Laboratoire R&D
  • 1 500 tonnes de colles fabriquées par an
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