Jean Moreau, [Phénix] : « On a sauvé 60 millions de repas de la poubelle depuis 2014 »

Pour lutter contre le gaspillage alimentaire, Jean Moreau a créé Phénix il y a 5 ans. La startup propose aux industriels de commercialiser leurs invendus à moindre coût via une application ou d’en faire don à des associations. Focus sur l’une des personnalités qui a fait 2019. 

Mettre un terme au gaspillage alimentaire. Aussi utopique qu’elle puisse paraître, c’est cette ambition qui a poussé Jean Moreau a créé Phénix en 2014. Cet ancien employé en banque d’affaires a voulu s’engager pour une cause qu’il estime juste tout en gagnant sa vie. Le fondateur de Phénix a partagé son expérience sur la scène de l’Ampli à l’occasion du Bpifrance Inno Génération.

Phénix : une redistribution en trois étapes

La startup « social business », comme Jean Moreau la définit, redistribue les invendus de la grande distribution, des commerçants de proximité et du groupe Bio c’Bon en trois temps. Ce sont d’abord les consommateurs qui peuvent acheter les produits en fin de vie sur l’application Phénix. « A partir de J-2, les consommateurs peuvent racheter un panier d’invendus à prix cassé : 5€ au lieu de 12€ en date courte. »

Les produits restants sont ensuite offerts à des associations caritatives et enfin à différents refuges pour animaux et parcs animaliers. « L’objectif est d’arriver à du zéro déchet », lance le jeune entrepreneur. Jean Moreau insiste également sur les avantages que Phénix offre aux industriels : « Par exemple, la non-destruction d’une palette de briques de lait représente une économie d’environ 150€. En plus de cette économie, la revente sur l’application leur permet de récupérer du chiffre d’affaires ou de profiter d’une réduction d’impôt en donnant à une association ». Pour le fondateur de Phénix, l’intérêt n’est pas seulement économique, mais aussi environnemental et sociétal. « Ça va dans le sens de l’histoire », insiste-il.

« Créer des vocations d’entrepreneur »

Pourtant, à l’aube de son parcours professionnel, rien ne prédestinait Jean Moreau à monter une startup « Tech for Good ». Après des études en école de commerce puis à Sciences Po et un poste en banque d’affaires, l’entrepreneur s’est sérieusement remis en question. « Je me suis demandé si je n’avais pas envie de mettre mon énergie au service d’une cause qui ait un impact significatif ».

Quelques années plus tard, le pari semble réussi pour le fondateur de Phénix. La startup affiche un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros et compte actuellement 150 salariés. La société a également levé 15 millions d’euros il y a 1 an. « On a aussi sauvé 60 millions de repas de la poubelle depuis 2014. Quand on prend la parole, on donne ces chiffres parce qu’on veut montrer par l’exemple que ça marche ». Si ce dernier point compte tant pour Jean Moreau, c’est parce qu’il espère créer des vocations d’entrepreneur par la réussite de Phénix. La tendance pourrait alors rendre l’objectif du zéro déchet beaucoup plus abordable.

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