L’Usine extraordinaire : l’industrie s’empare du futur

L’Usine Extraordinaire a mis à l’honneur le savoir-faire et l’innovation des entreprises industrielles françaises dans toute leur excellence et leur modernité. Objectif : redorer l’image d’un secteur porteur d’avenir et séduire les jeunes talents.

Robots, cobots, imprimantes 3D, casques de réalité virtuelle, hologrammes, parcours interactifs… c’est une usine moderne et connectée - loin des clichés - qui s’est dévoilée lors de L’Usine extraordinaire, installée du 22 au 25 novembre sous la Nef du Grand Palais à Paris et inaugurée par le Premier ministre Edouard Philippe. Une initiative d’industriels français soutenue par les autorités et des partenaires comme Bpifrance, qui a transformé ce lieu emblématique, érigé sur le site du Palais de l’Industrie il y a 120 ans, en véritable usine grandeur nature : sur pas moins de 13 000 mètres carrés, nombreuses sont les entreprises françaises qui ont rivalisé d’inventivité pour capter l’attention du public et faire découvrir la diversité de leurs activités et de leurs métiers. L’enjeu est de taille. Face à une image effritée, le secteur veut montrer son nouveau visage : en pleine mutation, numérique comme écologique, créateur de valeur et en quête de jeunes talents.

L’industrie européenne dans la course mondiale

L’usine comme lieu d’embauche et de formation, la nouvelle révolution industrielle, la transformation digitale, l’homme et la machine, l’open innovation, le mariage de l’écologie et de l’industrie : de nombreuses conférences et rencontres ont accompagné l’exposition sous la grande nef. 

« L’Europe est l’avenir du Made in France » Bruno Grandjean

A commencer par la plénière, dévolue à la compétitivité de l’industrie européenne. « L’Europe est l’avenir du Made in France », a lancé à cette occasion Bruno Grandjean, président de la Fédération des industries mécaniques. « Il faut que l’Europe désigne les secteurs dans lesquels elle veut être un champion mondial », a martelé de son côté le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy.
Dans cette course mondiale où l’Europe a une carte à jouer, notamment dans la bataille de l’intelligence artificielle et de l’IoT, encore faudrait-il que les Européens « chassent en meute »… Et si les grands groupes ont réussi à établir des passerelles entre les différentes nations européennes, c’est loin d’être le cas pour les PME et les ETI. « Les écosystèmes des PME de chacun des pays européens se tournent le dos », a pointé Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, notant en particulier le peu d'intégration entre les économies française et allemande. « Il faut qu’on installe une vision beaucoup plus ambitieuse de l’intégration de nos économies, dans laquelle les flux de capitaux seront bien plus élevés », a-t-il détaillé. Surtout, il faudrait que les patrons des PME françaises et ceux du Mittelstand allemand se connaissent... Pour ce faire, Bpifrance veut promouvoir l’image des entreprises tricolores, en lançant l’an prochain une tournée outre-Rhin afin de présenter la France, tandis qu’un livre sur le « New Deal franco-allemand » mettra en lumière des réussites d’implantations allemandes dans l’Hexagone.

Une plongée au cœur de l’usine

Pour les 50 000 visiteurs attendus, dont de nombreux lycéens et collégiens, l’Usine extraordinaire a été l’occasion de plonger au cœur de l’usine et d’en découvrir les coulisses en arpentant les quatre grands espaces au sein desquels les pépites industrielles, de la PME au grand groupe en passant par la start-up, faisaient leur show. Le stand « Inventer » accueillait par exemple le constructeur automobile Toyota qui expliquait comment son usine des Hauts-de-France contribue à l’objectif zéro CO2, de même que STMicroelectronics, qui attirait avec une série d'objets intégrant ses capteurs - de la brosse à dents électronique connectée Kolibree à la montre connectée Xiaomi. En parallèle, de jeunes pousses qui utilisent les composants de ce fleuron industriel mettaient en avant leurs innovations, à l’instar de la tablette graphique Slate, conçue par la start-up grenobloise ISKN. Elle numérise en temps réel la production au crayon. Le stand de la French Fab, lui, ne désemplissait pas : Pickwheel, une jeune entreprise hébergée au Futuroscope, y exposait son transporteur électrique, se conduisant avec les pieds seulement, tandis que la niçoise Volumic témoignait du succès de ces imprimantes 3D, destinées aux professionnels et compatibles avec toujours plus de matériaux innovants.

Dans l’espace « Fabriquer » se côtoyaient une ligne de soudage laser entièrement automatisée du groupe d’ingénierie industrielle Fives assemblant des pièces pour les boîtes de vitesse automobiles et une cellule robotisée de la PME familiale Redex illustrant le travail de précision des fils de cuivre dont sont faites les bobines des moteurs, tandis qu’un hologramme de la société allemande KSB évoquait le fonctionnement d’une pompe. Un peu plus loin, EDF invitait à tester sur tablettes tactiles la complexité d’un mix énergétique - nucléaire, hydraulique, éolien, solaire - à travers un jeu de scénarios interactif.
Un cœur artificiel conçu par la société Carmat battait sur le stand de l’écosystème de Michelin, tandis que des films immersifs sur un Rafale et un Airbus embarquaient le visiteur à bord de l’aéronautique connectée. On pouvait également partir à la rencontre d’ArianeGroup, à l’origine du lanceur Ariane 6, dont le premier vol dans l’espace est prévu pour juillet 2020, à travers une présentation de sa Factory 4.0 : impression 3D, véhicules à guidage automatique, cobots, maintenance prédictive, flux de données étaient au programme... Autant dire que l’Usine extraordinaire a été la vitrine d’une industrie à la pointe de l'innovation, intelligente et collaborative, où les frontières entre l’industriel et le numérique ne cessent de s’estomper.

250 000 recrutements par an

Autre message fort de l’événement : l’industrie forme et embauche. Ce sont ainsi 250 000 recrutements par an qui sont prévus à horizon 2025, selon l’UIMM La Fabrique de l’avenir, qui vient de lancer sa plateforme de recrutement en ligne : lindustrie-recrute.fr. De son côté, le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas) cherchait à faire connaître son site de recrutement aeroemploiformation.com. Et l’industrie navale n’était pas en reste : le Campus des industries navales, qui fédère la filière pour en renforcer l’attrait, annonçait 10 000 recrutements sur les dix prochaines années, notamment dans la production. La diversité des métiers industriels - en pleine transformation - était parfaitement visible à l’événement : de quoi inciter les jeunes générations à s'embarquer, sans tarder, dans une aventure industrielle pleine de promesses.

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