L’industrie aéronautique amorce un virage vers les énergies propres

Le marché de l’aéronautique en France, c’est 200 000 emplois, pour 65 Md€ de chiffre d’affaires. C’est aussi un secteur au cœur des enjeux de la transition écologique et énergétique, dont l’avenir se profile cette semaine au salon du Bourget. Focus sur les prochains enjeux industriels des constructeurs.

Croissance et contraintes dans les transports aériens

Le trafic aérien devrait doubler en volume d’ici 2050 avec une contrainte liée à l’objectif que se sont fixés les acteurs du secteur de réduire de 50 % leurs émissions de gaz à effets de serre sur la même période.

La Commission européenne et l’ICAO (Organisation de l'aviation civile internationale) précisent que cette augmentation du trafic aérien provoquerait une hausse des émissions de CO2 comprise entre 300 % et 700 % si aucune mesure n’était prise pour les réduire. Elles soulignent également que le transport aérien représente 2 % des émissions mondiales de CO2, toutes activités confondues, et 14 % des émissions liées au seul secteur des transports… de quoi faire ressortir les enjeux !

L’IATA (Association internationale du transport aérien), de son côté, met en avant un point d’optimisme : les émissions par vol ont été déjà réduitesde moitié au cours des trente dernières années. La technologie va dans la bonne direction… mais le nombre de vols a augmenté entre temps.

Aéronautique : innover pour avancer

Il existe à ce jour trois grands vecteurs d’innovation dans la course à la motorisation propre des avions :

  • Le moteur électrique à batterie lithium-ion, déjà populaire dans le remplacement des moteurs thermiques des voitures. Il pourrait servir notamment à la propulsion d’avions de petite taille, voire de taxis volants ; le principal inconvénient restant son poids mal adapté aux engins de grande taille.
  • Le moteur à hydrogène, également envisagé dans le transport terrestre, qui se heurte à des questions de volume : un avion disposant de ce type de moteur nécessiterait un réservoir 4 à 6 fois plus grand qu’un avion à kérosène.
  • Les bio-carburants, candidat favori de IFPEN (Institut français du pétrole, énergie nouvelles), permettrait de réduire de 50 % à 90 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport au kérosène. Il s’agit de la solution la plus proche de la motorisation traditionnelle, et probablement la plus facilement applicable à court terme.

Une autre piste d’exploration s’écarte de la motorisation pour se pencher sur la forme même des appareils. Les rendre plus légers ou plus aérodynamiques permet de limiter le gaspillage énergétique. On verra alors peut-être dans les années qui viennent des avions de ligne en forme de V ou des ailes delta.

Sources : On Board A Sustainable Future – ICAO
European Aviation Environmental Report – EASA
Biocarburants, contexte et enjeux – IFPEN
Annual Review 2019 – IATA
Salon du bourget : Le secteur aéronautique face au défi de la transition écologique – Novéthic

A propos du chiffre de la semaine

Le chiffre de la semaine, c’est un chiffre sélectionné pour vous chaque semaine par nos équipes. Issu de l’actualité, il porte sur des thèmes relevant de l’entreprise, tels que le financement, l’investissement, l’internationalisation, l’innovation, le développement durable, la transition numérique…

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