L’industrie du futur vue par… Gérard Russo et Guy Kilhoffer (Ventana Group)

Comment les dirigeants de PME et ETI industrielles définissent l’usine du futur et envisagent l’avenir de l’industrie ?  Pour le savoir Bpifrance Le Lab est allé à la rencontre de Gérard Russo et Guy Kilhoffer, respectivement CEO et COO de Ventana, un groupe de fonderie et de mécanique industrielle, intervenant en tant que sous-traitant de la filière aéronautique, crée en 2003. Entretien.

« Se rapprocher du processus rêvé, grâce aux technologies »

Notre stratégie c’est l’intégration verticale de la chaîne de valeur. De la matière brute – un lingot d’alliage – jusqu’à la pièce usinée, nous faisons tout. Dans la fonderie sable, qui est notre spécialité, nous sommes 6 acteurs mondiaux dans la fonderie sable de précision aéronautique, 3 nord-américains et 3 européens dont Ventana. Plusieurs de ces 6 sociétés ont un jour ou l’autre appartenu au même groupe, un lien de cousinage s’est naturellement établi. Il y a quelques années, nous avons fait le tour des usines pour réaliser un benchmark. Nous sommes ressortis de là avec un constat fort : nous avons tous le même process. La fonderie, c’est comme un tunnel, c’est une suite d’opérations qui se fait dans le même ordre.

« Si on continue comme ça, il ne va rien se passer. Il faut faire différemment »

Personne n’est plus malin qu’un autre et n’arrive à s’épargner une étape du process. Nous nous sommes dit : « si on continue comme ça, il ne va rien se passer. Il faut faire différemment ». Nous nous sommes alors posé la question : « ça serait quoi le rêve pour chaque étape du processus ? » Nous avons regardé les technologies qui nous permettraient d’atteindre notre rêve et c’est comme ça qu’est né notre programme de R&D : CARAIBE.

Une construction dans la durée

Cela a pris 4 ans. Nous avons investi 3,5 M€. Nous avons dû adapter les solutions technologiques, car les solutions clés en main, pour nous fondeurs, ça n’existe pas. Alors, nous avons introduit des technologies à chaque étape du process, et mieux encore, nous avons réussi à faire le lien entre les différentes étapes du process. Les informations lors d’une étape sont collectées et analysées en vue de l’étape suivante, le tout est cohérent et monitoré par l’analyse de données. C’est cela que l’on vend. C’est de la différenciation tous azimuts : prix, produits, qualité. Nous sommes mécaniciens au départ, on ne connaissait rien à la fonderie. On ne vient pas du même sérail et on n’a pas les mêmes tabous. En nous entourant des bonnes personnes, nous sommes allés vers plus de science, plus de modernité… On est arrivé dans la fonderie avec un esprit neuf, et on a fait de la fonderie différemment, en créant des ruptures avec le modèle existant.

Toujours plus loin

Sur les 3 prochaines années, nous prévoyons d’investir 2 M€ par an. Notre objectif est de maintenir notre avance sur tout ce que l’on fait. Cela veut dire introduire toujours plus de digital. En ce moment, nous songeons à la réalité augmentée pour l’assistance aux opérateurs. On réfléchit à introduire des exosquelettes, à développer des systèmes experts intelligents, on est en train de travailler sur de l’interprétation de radios numériques, on essaie de développer un système avec de l’intelligence artificielle pour essayer de détecter des problèmes.

Notre enjeu est d'aller plus loin vers le process rêvé en utilisant toutes les technologies qui émergent pour les adapter à nos produits. Est-ce qu’on a un plan « Industrie du futur » ? Non, on n’a pas de plan. Mais on a une vision de ce qu’on veut. Par rapport à notre process, on a des idées. On veut intégrer la réalité augmentée : on fait des essais avec les Google Glasses, avec des casques. On avance sur un certain nombre de briques. Mais derrière la techno, il faut qu’il y ait un retour sur investissement. On ne fait pas ça pour le fun. Il ne faut pas que ce soit gadget.

Ce témoignage est extrait de l’étude « L’avenir de l’industrie » de Bpifrance Le Lab. En effet, un vent d’optimisme souffle sur l’industrie française. La ré-industrialisation n’est plus un rêve fou. Retrouvez l’intégralité de cette étude et des pistes d’actions pour refonder une industrie forte en France sur le site de Bpifrance Le Lab.
#GardiensDeLIndustrie

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