Le tourisme français se réinvente

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Une compétition accrue

La France demeure la première destination touristique au monde, mais la concurrence des autres pays se fait de plus en plus sentir. Un signe parmi d'autres : en 2013 Londres a talonné Paris pour le nombre de touristes provenant de l’étranger. L'enjeu est important pour la région Ile-de-France, où le tourisme représente plus de 500 000 emplois et 10 % du PIB francilien.
Pour rester attractif, le tourisme français doit donc se réinventer. Sur le terrain, de nombreuses start-up s’y emploient. Un incubateur parisien, le Welcome City Lab accueille ainsi une trentaine de jeunes pousses spécialistes du secteur. Pour Laurent Queige, délégué général du lieu : « l’innovation touristique n’est pas uniquement synonyme de technologie. Elle peut prendre de nombreux aspects. »

Créer de nouveaux services

« En premier lieu, la création de nouveaux services est indispensable », analyse Laurent Queige. Exemple avec la société Theatre in Paris qui, grâce à un dispositif placé à côté de la scène, propose de sous-titrer en anglais et en direct les pièces de théâtre jouées en français. L’offre inclut d’autres prestations comme des sièges privilégiés offrant un confort optimal pour la lecture des sous-titres, une présentation en anglais de la pièce avant le spectacle, dans le lieu de la représentation, ou bien encore, certains soirs, une rencontre avec les artistes. Un service à la fois innovant et malin, propre à séduire tous les touristes anglophones.
Dans le même esprit, la création d'applications pour smartphone est un atout majeur pour accompagner les visiteurs : par exemple LoungeUp propose aux spécialistes du tourisme de créer leurs propres applications mobiles. Les hôteliers peuvent par exemple gérer leur relation client, de la réservation de la chambre à la commande de services supplémentaires.
Parisianist, de son côté, invente une nouvelle génération de guides touristiques sur téléphone mobile.

Se focaliser sur les nouveaux usages

« Surfer sur l'économie collaborative est une voie prometteuse », note aussi Laurent Queige. C’est celle que Simpki a choisie. A première vue, il s'agit d'une simple plateforme internet permettant de trouver des séjours courts à moindre prix, mais les services sont en fait issus de l’économie collaborative : le covoiturage ou les locations entre particuliers sont à l’honneur. Le site offre ainsi la possibilité de passer un week-end dans une grande ville d’Europe (Paris, Rome, Budapest..) pour 500 euros maximum à deux (transport plus hébergement). De quoi ouvrir les possibilités du tourisme international à de nouveaux consommateurs qui, faute de budget suffisant, ne pouvaient, jusqu’à présent, en profiter.

L'international séduit par l'approche française

Le Welcome City Lab s'apprête déjà à s’exporter pour le plus grand bien des entreprises qu’il abrite. « Plusieurs municipalités nous ont contactés. Il s’agit de Québec, Dakar, Budapest, Shanghai. Il y a, enfin, Mexico qui pourrait, dès 2015, accueillir le premier Welcome City Lab hors du territoire français », confirme Laurent Queige. Le tourisme innovant à la française pourrait bien faire école !