Les PME françaises pourraient elles aussi trouver leur place en Iran

Pour réussir en Iran, les petites entreprises françaises doivent penser à des secteurs originaux.

  • Actus
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Téhéran

Depuis l'accord international sur le nucléaire, intervenu le 14 juillet dernier, les entreprises de toutes nationalités se précipitent en Iran. Le marché, fort de quelque 80 millions d'habitants, est en effet prometteur. Et les voyages exploratoires, organisés par la CGPME et les chambres de commerce à travers la France, se multiplient.
Si les grands groupes vont se trouver aux prises avec d'autres multinationales, dans le pétrole ou la banque, notamment, les PME françaises, fortes de leur savoir-faire et de leur agilité, pourraient tirer leur épingle du jeu. Et ce, dans des domaines auxquels elles n'auraient pas forcément pensé...

Ski, cosmétiques, eau...

Certes, beaucoup reste à faire dans un pays privé de relations internationales pendant des années en raison des sanctions (levées en partie le 16 janvier dernier), mais qui sait que de superbes pistes de ski sont à une heure de Téhéran ? Qui sait que les Iraniennes, même voilées, sont de grandes consommatrices de produits de beauté ?
Du coup, cela signifie, pour le ski, des infrastructures (hôtels, équipements sportifs, restaurants...) et du matériel. Pour la société Poma, cela pourrait être un retour. En effet, l'entreprise, basée à Voreppe (Isère), y a construit des télésièges et téléskis… dans les années 70. Elle envisage maintenant de doter l'Iran de tramways aériens, de navettes aéroportuaires, et bien entendu, d'équipements de neige.
Pour les cosmétiques, la société toulousaine Graine de pastel n'a pas attendu l'accord du 14 juillet : elle a signé en juin dernier un partenariat avec un distributeur local pour proposer ses produits.
Quant au fabricant de meubles Gautier, basé en Vendée, fort d'une dizaine de franchises au Moyen-Orient, il prospecte lui aussi le marché iranien.
Charging Phone, une start-up lyonnaise qui propose une borne de charge multi-appareils (comme des smartphones et des tablettes), vise pour sa part un premier export de marchandises dès septembre.
Enfin, la PME des Bouches-du-Rhône Altéreo, spécialisée dans l’ingénierie de l’eau, espère placer en Iran sa technologie de cartographies des canalisations d'eau, très dégradées dans le pays. Et les experts incitent également d'autres PME, notamment celles de l'agroalimentaire, à s'intéresser à l'Iran.

A noter 

  • information

    L'économie iranienne est contrôlée à 80 % par la puissance publique. Et la corruption est rampante...

  • Certaines sanctions américaines sont encore en place, et pourraient, indirectement, pénaliser les filiales françaises d'un groupe américain, puisque si une nouvelle licence les autorise à commercer avec l'Iran, les biens, services et technologies d’origine américaine ne peuvent pas être exportés vers l’Iran.
  • Les systèmes de transfert de fonds sont encore balbutiants, le pays ayant été mis à l'écart pendant des années. En revanche, Coface Garanties publiques apporte désormais un soutien et fournit des garanties pour des projets de moyen et long terme.