Les clés pour se déployer au Mexique

Très industrialisée et particulièrement ouverte aux échanges et aux investissements, la deuxième économie d’Amérique latine présente de belles opportunités pour les entreprises tricolores, du grand groupe à la PME. Point sur les secteurs porteurs et conseils avant de prendre le large en terre mexicaine.

Le Mexique, ce n’est pas uniquement l’une des grandes destinations touristiques de la planète. C’est aussi un vaste marché émergent qui attise les appétits de nombreux investisseurs à travers le monde. Rien d’étonnant à cela, puisque la deuxième puissance d’Amérique latine a de nombreux atouts pour séduire les entreprises désireuses d’y exporter ou de s’y implanter.

Trait d’union entre l’Amérique du Nord et du Sud, l’économie mexicaine, étroitement liée à celle des Etats-Unis, affiche depuis plusieurs années une croissance régulière. En 2019, selon le FMI, son PIB devrait progresser de 2,1 %. Et surtout, ce pays peuplé de 125 millions d’habitants, très industrialisé (l’industrie représente plus d’un tiers de son PIB), est particulièrement ouvert aux échanges commerciaux, grâce à des accords de libre-échange avec quelque 46 nations.

Membre de l’OCDE, fondateur (avec la Colombie, le Pérou et le Chili) de l’Alliance du Pacifique, signataire de l’accord de coopération trans-pacifique (TPP), le Mexique a également signé fin novembre l’AEUMC (Accord Etats-Unis-Mexique-Canada), traité de libre-échange remplaçant l’Alena, lequel avait régi les relations commerciales des trois pays pendant près de vingt-cinq ans. Enfin, le Mexique et l’Union européenne finalisent actuellement la révision de leur accord de libre-échange, qui fera disparaître les droits de douane résiduels, notamment sur les produits agro-alimentaires. Autant de raisons qui font de ce grand marché émergent une terre de business et d’opportunités dans un grand nombre de domaines.

Une classe moyenne en pleine expansion

A commencer par celui des infrastructures, où plusieurs grands projets ont été annoncés, comme le « train Maya », dans la péninsule du Yucatan, au sud-est du pays, ainsi que d'autres, dans le domaine de l’énergie. « Ces besoins d’infrastructures présentent des opportunités pour les grandes entreprises, mais ces dernières peuvent, ensuite, être suivies par des PME et des ETI », explique Jules Maltrait, représentant de Bpifrance en Amérique latine.

Autre secteur porteur dans ce pays où la classe moyenne est en pleine expansion : les biens de consommation - du médical aux cosmétiques en passant par l’alimentaire. D’autant que les Mexicains sont friands de produits hexagonaux, dont ils ont une très bonne image…

L’aéronautique et l’automobile, filières clé

Sans compter que le Mexique est un pays où l’industrie occupe une place de choix.

L’aéronautique, en particulier - l’une des filières clé de l’économie mexicaine - a le vent en poupe. Le leader de ce secteur au Mexique ? Le géant français Safran, premier employeur de l’industrie aéronautique du pays, qui y opère sur plusieurs sites de production, de maintenance et d’ingénierie. Un campus franco-mexicain au sein de l’Université aéronautique de Querétaro, région devenue le principal pôle aéronautique du pays, forme par ailleurs des professionnels aux métiers du secteur.

Autre créneau porteur, celui de l’automobile : 4è exportateur mondial de véhicules légers, le Mexique a produit près de 4 millions d’automobiles en 2018. De nombreux constructeurs mondiaux y ont en effet implanté des usines d’assemblage, à l’instar de Nissan  et General Motors, tandis que plusieurs équipementiers tricolores, comme Valeo et Faurecia, y sont également présents. Un secteur puissant, dans lequel on continue d’investir, selon Jules Maltrait, malgré des contraintes accrues. En effet, l’accord qui remplace l’Alena impose de nouvelles règles d’origine et prévoit ainsi que 40 % de la valeur ajoutée des automobiles vendues aux Etats-Unis doivent être produites dans des usines où le salaire minimum est de 16USD/heure.

A l’aube de la 4e révolution industrielle

Autant dire que, dans l’aéronautique comme dans l’automobile, il existe de réels besoins, notamment celui d’attirer des fournisseurs. « Il y a véritablement de la place pour les sociétés françaises dans ces secteurs », souligne Jules Maltrait. Autre raison de s’intéresser au Mexique, le pays est à l’aube de la 4révolution industrielle, avec la volonté de prendre le virage du 4.0 et de transformer son industrie. 

Big Data et utilisation des données dans les usines pour mieux appréhender la gestion des flux, des ventes, des achats : la digitalisation des process, la blockchain et l’intelligence artificielle sont au coeur de cette mutation. « Les entreprises françaises qui peuvent proposer des solutions 4.0 ont forcément des opportunités dans un pays aussi industriel que le Mexique », conclut-il.

Conseils et clés : bien se préparer

Il n'en reste pas moins que l’export ou l’implantation dans un pays émergent - et géographiquement distant - se préparent avec sérieux. Bien choisir sa zone géographique, en particulier en fonction de la sécurité, est primordial. Dans le domaine de l’industrie, la grande zone industrielle du Bajio, qui réunit des villes comme Querétaro, Leon et Guadalajara, est particulièrement dynamique. Elle affiche une croissance enviable et présente des opportunités en termes de clients, d’infrastructures et de main d’œuvre qualifiée. Autre point capital, le financement. Mieux vaut avoir un certain matelas financier, les banques sur place prêtant à des PME et des ETI à des taux très élevés. « Nous avons chez Bpifrance le Prêt croissance international  qui est très pertinent dans un pays comme celui-ci », indique à cet égard Jules Maltrait.

Par ailleurs, il est particulièrement important pour une entreprise désireuse de se lancer au Mexique de tester le marché d’abord, avant d’éventuellement exporter puis de s’y installer. Envoyer un V.I.E. pour comprendre et prospecter le marché peut être une bonne solution. Et ce n’est pas l’intérêt qui manque pour ce pays où la qualité de vie est réputée pour être extraordinaire… A ce jour, 130 V.I.E. sont d’ailleurs présents au Mexique.

Et l’interculturel ? Si le Mexique est culturellement proche de la France, il existe tout de même quelques particularités. Ainsi, ce n’est pas parce qu’un interlocuteur s’est montré intéressé que le projet va forcément aboutir. C’est pourquoi il ne faut jamais s’enthousiasmer trop vite. Comme dans d’autres pays émergents, il faut savoir interpréter les messages. Un bon conseil ? Dans tous les cas, il faut s’armer de patience dans un pays qui a déjà attiré de nombreuses entreprises françaises.

Ces pépites françaises qui fleurissent au Mexique

De fait, plus de 500 entreprises tricolores sont implantées et prospèrent au Mexique. De grandes sociétés, bien sûr, mais aussi des ETI, comme le fabricant des bouteilles en verre de luxe Saverglass, des PME comme CMF Groupe, spécialisée dans la construction de serres, voire des start-up telle la pépite parisienne Trois Prime, une agence digitale santé spécialisée dans la communication numérique médicale.

Sans oublier NUMA, l’un des pionniers français de l’incubation et de l’accélération des entreprises du numérique, présent au Mexique depuis 2016. Preuve du dynamisme d’un écosystème numérique mexicain en plein développement...

 

Entrepreneurs, avec Bpifrance, l’international n’est pas un risque mais une opportunité. N’ayez pas peur, prenez-y plaisir, allez-vous faire voir ailleurs ! #EXPORTetvous

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