Les femmes à la conquête de l’économie africaine

Malgré de multiples obstacles structurels, les femmes africaines lancent massivement des entreprises. Si bien qu’elles sont aujourd’hui celles qui entreprennent le plus dans le monde.

« Les femmes africaines sont celles qui donneront naissance à une nouvelle Afrique ». C’est ainsi qu’Hafsat Abiola, présidente de Women In Africa, plateforme pour le développement économique et le mentorat des entrepreneuses africaines, a lancé sa masterclass dans l’un des bus de Bpifrance Inno Génération.

Accrochées aux rambardes du bus, Hafsat Abiola est accompagnée d’Anne Bioulac, associée principale chez Roland Berger, cabinet de conseil stratégique. Ensemble, elles mettent en lumière ces femmes dans un continent à l’orée d’un changement économique et entrepreneurial majeur. « Dans 80 ans, l’Afrique représentera la moitié de la population mondiale » souligne Hafsat Abiola. À ce poids démographique important s’ajoutent une richesse des sols inégalée dans le monde et « un talent certain des femmes africaines », enchaîne la chef d’entreprise nigériane.

La fibre entrepreneuriale

Selon une étude menée par Roland Berger, 24% des femmes en âge de travailler en Afrique se lancent dans la création d’entreprises. « Par comparaison, la France tourne autour de 5% », constate Anne Bioulac. Elle insiste : plus qu’un appétit pour le challenge, ces femmes choisissent l’entrepreneuriat non par passion mais par obligation. « Elles n’ont pas accès au marché du travail plus structuré à cause d’une éducation parfois trop faible. Lancer une entreprise est donc un moyen de compenser ». Pas question de sous-estimer le pouvoir de ces initiatives. « Elles contribuent véritablement à l’économie du territoire, entre 150 et 200 milliards de dollars en matière de création de valeurs », analyse Aude Bioulac. Sans oublier que ce choix de carrière permet une amélioration de la position des femmes au quotidien dans ces pays.

« Seul l’effort collectif paiera »

« Malheureusement, elles sont rattrapées par des obstacles importants », poursuit l’associée de Roland Berger. Problèmes d’infrastructures, manque de formations, fonds d’investissements insuffisants, l’entrepreneuriat est davantage compliqué pour ces populations, touchées par un sexisme persistant. C’est là qu’entre en jeu Women In Africa. Fondée en 2017, cette entreprise a pour but de soutenir ces femmes africaines aux idées ingénieuses, en leur apportant « conseil et accompagnement », affirme Hafsat Abiola. Chaque année, Women In Africa déniche 54 femmes de talent, auxquelles elle offre une visibilité planétaire et une formation pour se développer.

« Seules, ces femmes sont extraordinaires mais le succès individuel ne nous intéresse pas, clame Hafsat Abiola. Les défis auxquels fait face l’Afrique sont si importants que seul l’effort collectif paiera. » Elle continue : « Nous devons montrer au monde que la femme africaine n’attend pas son sauveur blanc. Elle est occupée à résoudre les problèmes de l’Afrique ».

Retrouvez l'intégralité de la 5e édition de Bpifrance Inno Génération sur Youtube

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