Marché vegan : 40 % des Français veulent consommer davantage de produits végétaux

Dans un contexte d'attention particulière portée à l’alimentation saine, de limitation de la consommation de la viande et de sensibilisation accrue au bien-être animal, le marché vegan est plus que jamais prometteur. 

Étroitement liée à l’agroalimentaire, qui représente son premier levier d’essor, la tendance vegan est aujourd’hui présente dans différents domaines et pourrait potentiellement concerner le vôtre. Vous hésitez à orienter votre entreprise en fonction de cette tendance ? Nous vous proposons de comprendre l’origine de ce gisement du marché agroalimentaire.  

Une tendance motivée par des enjeux environnementaux  

On parle souvent de véganisme sans savoir le définir. Le terme désigne un mode de vie où la protection animale est une priorité et l’exploitation de leur viande et de leurs produits à des fins commerciales est exclue. Si l’origine de ce mode de consommation est essentiellement éthique, les considérations écologiques ne sont pas en reste. En effet, selon les chiffres d’une étude menée en 2019 par l’Institute for Climate Economicsl’élevage est responsable de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre, soit à peu près autant que la part de responsabilité du transport qui s’élève à 15 %. Ces émissions proviennent essentiellement des productions d’aliments pour le bétail et de leur transport, des animaux et de la gestion de leurs déchets. « Les considérations environnementales sont aujourd’hui importantes dans nos choix de consommation » remarque Ariane Voyatzakis, experte du secteur de l’agroalimentaire chez Bpifrance. Mais quelle est la mesure de cette conscience sur nos comportements alimentaires ? Selon une étude IFOP réalisée dans le cadre de l’Observatoire des cuisines populaires, seulement 4 % des Français déclarent être végétariens et 3 % végétaliens. Comment explique-t-on dès lors l’essor de cette tendance ?  

Une cible de plus en plus large  

Si les considérations éthiques et environnementales sont présentes d’une manière très forte chez une minorité, au point d’adopter un régime exclusif, « le marché du vegan ne séduit pas que les convaincus de cette cause, explique Ariane Voyatzakis. Aujourd’hui ceux qui font l’essor du secteur vegan ne sont pas exclusivement les personnes adoptant strictement un tel mode alimentaire mais la population dans son ensemble de plus en plus sensible à ces pratiques. ». Selon le Crédoc, un Français sur cinq est « flexitarien », ce qui signifie qu’il réduit volontairement sa consommation de viande pour des raisons non économiques. « Nous sommes de plus en plus nombreux à ne pas consommer de la viande plus qu’une fois par jour. Les raisons sont le plus souvent liées à la recherche d’une alimentation plus saine et plus qualitative» 40 % des personnes sondées par l’étude IFOP affirment leur volonté de manger davantage des produits végétaux. « De plus en plus de consommateurs sont prêts également à consommer moins de viande mais mieux, en se dirigeant vers le bio, les viandes issues d’élevages responsables et de fermes locales etc. » Des motivations traduisibles en chiffres : la valeur du marché vegan dans les GMS est de 400 millions d’euros et progresse à une vitesse considérable, estimée à 11 % en 2019, selon Xerfi.  

Les protéines végétales : un enjeu du futur  

En réaction à ce changement de comportements, l’offre se diversifie. Plusieurs grands groupes ont déjà investi dans le marché, c’est le cas de Nestlé avec sa sous-marque Garden Gourmet, également de Danone qui a annoncé l'acquisition de la société de produits végétaux US Earth Island, avec pour ambition de faire progresser son CA issu de produits « plant-based » d'ici 2025. Ces géants de l’agroalimentaire ciblent principalement une large gamme de consommateurs potentiels de protéines végétales. Certaines startups dans l’agroalimentaire ou la restauration s’adressent quant à elles à une cible de niche, jeune, citadine et CSP +. Quelle que soit la cible, ces démarches sont liées à un enjeu majeur, celui de la croissance de la consommation de protéines. « D’ici cinq ans notre consommation de protéines devrait doubler, les protéines végétales sont de plus en plus intéressantes vu les coûts économiques et environnementaux des protéines animales. » souligne l’experte. Pour illustrer ce besoin, il est à considérer que parmi tous les produits vegan, ce sont les analogues et substituts de viandes qui l’emportent de loin. Alors que la croissance des boissons et desserts végétaux s’annonce timide, la croissance de la filière des analogues de viande est estimée à 8 % d’ici 2023 selon une étude de Xerfi. Grâce à un ratio gagnant protéine-coût d’achat / production, les protéines végétales génèrent 40 millions d’euros de chiffre d’affaires par an. Sur l’autre bord, le rythme de consommation de protéines animales est en déclin et connaîtra une baisse de 3 % selon la même étude. « L’essor du marché vegan est intimement lié au développement du marché des protéines en général et en particulier, celui des protéines végétales, estimé à 8 Md€ dans le monde en 2016, il devrait croître à 14 Md€ en 2022. », explique l’experte.  

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