Mode responsable : quand les fripes de Patatam investissent les grandes surfaces

Les défis environnementaux et sociétaux sont énormes, mais chacun peut faire sa part, pour œuvrer à des transformations vertueuses. Aujourd’hui, rencontre avec Eric Gagnaire, président et cofondateur de Patatam, une entreprise basque, en plein essor, qui ambitionne de rendre la mode de seconde main accessible au plus grand nombre.

La mode de seconde main fait son entrée dans les supermarchés. Patatam, la friperie en ligne créée en 2013, se diversifie et propose désormais ses services aux grandes enseignes de mode et de supermarchés afin de rendre la mode d’occasion accessible au plus grand nombre.

Le défi : la fast-fashion, une mauvaise affaire pour la planète

Dans un univers du textile dominé par la « fast fashion », la durée de vie des vêtements ne cesse de se raccourcir. Un phénomène qui est tout sauf une bonne affaire pour l’environnement. Émissions de CO2, des millions de tonnes qui partent à la poubelle, un recyclage insuffisant… les effets néfastes sur la planète sont nombreux. Face à ce constat, de plus en plus de consommateurs sont avides d’alternatives plus responsables comme l’accès aux vêtements de seconde main.

Pour le relever : la vente de vêtements d’occasion, une équation gagnante

Patatam reflète bien cette tendance. La startup basque, lancée en 2013 en tant que site d’e-commerce, réceptionne des vêtements d’occasion, les trie et les qualifie pour les revendre aux particuliers. Depuis 2020, elle prend un véritable coup d’accélérateur grâce à des partenariats noués avec des enseignes de grande distribution telles que Auchan ou encore Kiabi, où elle investit des « corners » dédiés. « Nous apportons une norme de qualité et répondons ainsi au besoin des retailers en les accompagnant dans leur développement de la mode de seconde main », indique Eric Gagnaire, cofondateur et président de l'entreprise qui a récemment déménagé dans un entrepôt à Hastingues dans les Landes pour accueillir ses effectifs grandissants. Un passage du digital au physique, en somme, réussi. « Nous faisons souvent les tours dans ces hypermarchés et les clients nous disent typiquement :’Je suis passée devant, si je n’avais pas vu cela ici, je n’aurais jamais acheté de la seconde main’. Toucher un vêtement de seconde main rassure. Ils achètent pour la qualité et le prix ; nous voyons aussi de plus en plus de clients vouloir faire un geste pour la planète », décrit l’entrepreneur.

Ce qu'il reste à faire : se rendre accessible au plus grand nombre

Patatam compte se déployer dans toujours plus d’hypermarchés et ne s’interdit pas de lorgner vers les filiales des grandes enseignes à l’international. Le fripier a d’ailleurs déjà traversé la Manche, l’an dernier, en y implantant une succursale de sa plateforme internet. Portée par une dynamique favorable sur le marché du vêtement d’occasion (plus d’un milliard d’euros selon l’Institut français de la mode), la jeune entreprise tricolore ambitionne ainsi de « rendre accessible au plus grand nombre une mode de seconde main vérifiée et normée ». Elle pourrait bien réussir son pari… « Si la grande distribution s’y met, la mode de seconde main aura un véritable impact assez rapide », conclut le dirigeant de Patatam.

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