Nicolas de Villiers, Puy du Fou : « Nous avons dû investir 400 000 euros pour la mise en place des mesures d’hygiène »

Le Puy du Fou est le premier parc d’attraction à rouvrir ses portes au public après plus de deux mois à l’arrêt. Nicolas de Villiers, son PDG, revient sur cette période et sur la manière dont le parc s’est organisé pour assurer la sécurité sanitaire des spectateurs.

Le Puy du Fou fait son grand retour sur le devant de la scène. Le deuxième parc de France, après Disneyland Paris, qui accueille chaque année plus de 2 millions de touristes rouvre ses portes le 11 juin, après deux mois de confinement et trois semaines de préparatifs. Il ouvre le bal des festivités en étant le premier espace de loisir à accueillir de nouveau des visiteurs. Nicolas de Villiers, son président, nous présente l’envers du décor.

Vous ouvrez vos portes au public aujourd’hui, comment vous sentez-vous ?

Très serein et enthousiaste, parce que nous sommes prêts. Nous sommes des professionnels de l’accueil. On s’est battus pour assurer la sécurité sanitaire des visiteurs. Tous les métiers sont prêts à les accueillir dans les meilleures conditions. 

Comment avez-vous préparé cette reprise si singulière ?

On a beaucoup échangé avec les services de l’Etat pour comprendre les exigences sanitaires sur le plan légal. Nous avons voulu aller encore plus loin que ce cadre. Nous avons réorganisé la circulation des personnes, le placement des spectateurs, l’organisation de la restauration avec des restaurants pensés et repensés pour qu’ils soient adaptés aux exigences. Nous assurons aussi la distribution du gel hydroalcoolique sur l’ensemble du parc. Il y a une batterie de dispositions y compris la désinfection des lieux traversés par le public. Ces mesures visent à être à la fois discrètes et efficaces.

Et pour vos équipes, comme les comédiens par exemple ?

Nos équipes, lorsqu’elles sont en contact avec le public sont équipées en masques et visières mais aussi d’un kit de désinfection. Les comédiens, sont équipés d’un masque assorti à leur costume, ou de gants, lorsqu’il faut prendre la main d’un partenaire sur scène. Dans nos hôtels, nous avons mis en place des vitres en plexiglass pour assurer l’accueil.

Avez-vous dû renforcer vos effectifs ?

On a augmenté nos effectifs d’entretien et de nettoyage. L’équipe hygiène a été multipliée par trois. On a aussi augmenté les équipes qui accompagnent les visiteurs en tribune. Elles s’assurent que la circulation soit fluide à l’entrée et à la sortie des spectacles mais aussi du parc. 

Vos spectacles ne pourront pas accueillir autant de monde qu’en temps normal, comment vous-êtes-vous organisés ? 

En moyenne on peut accueillir entre 1 000 et 1 500 personnes par spectacle. Ce chiffre varie en fonction du nombre de groupes familiaux. On ne va pas séparer les familles. Le principal enjeu est de garder deux mètres entre chaque groupe. En parallèle, nous avons décidé de multiplier nos spectacles. Par exemple celui sur le thème des Vikings sera joué 4 fois au lieu de 2.

Quels sont les coûts engendrés ?

Nous avons dû investir 400 000 euros pour la mise en place des mesures d’hygiène. Cela s’ajoute à la perte de 30 à 40 millions d’euros engendrée par le confinement. 

Comment voyez-vous la saison ?

Ce sera une saison sinistrée, les réservations sont encore timides. Il faut renouer ce lien, cette relation humaine qui façonne notre civilisation. Mais nous le voyons dans notre quotidien, de plus en plus de personnes sortent dans les rues, en terrasse… avec moins d’angoisse. Les choses se remettent dans l’ordre petit à petit. Pour donner envie au public de revenir nous avons adopté une communication très ciblée d’abord régionalement et ensuite sur le plan national avec des spots de publicité à la télévision. Nous sommes dans une logique de renouer le lien de confiance avec nos visiteurs. 

Quelles sont les ambitions du Puy du Fou pour se relever ? 

On envisage l’avenir avec des investissements pour aller plus loin. Nous sommes capables de jouer nos spectacles tous les jours et plusieurs fois par jour en les construisant de A à Z. C’est assez rare comme modèle et c’est notre force qu’il faut mettre à l’œuvre. Cette année nous avons mis au point plusieurs nouveautés comme le spectacle nocturne « Les noces de feu » et l’hôtel « Le Grand Siècle » avec pour thématique l’époque de Louis XIV. Nous allons continuer de créer chaque année, avec le soutien de nos partenaires. Nous leurs sommes très fidèles, même en temps de crise. C’est ce qui fait la force de l’écosystème du Puy du Fou.

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