On en parle dans la presse étrangère : le droit à la déconnexion, "une initiative audacieuse"

Entré en vigueur il y a tout juste un mois, le droit à la déconnexion a beaucoup fait parler de lui dans la presse étrangère. Petite revue de presse internationale.

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Le droit à la déconnexion, en vigueur en France depuis le 1er janvier, n'a pas échappé à la presse étrangère. Avec parfois une certaine stupéfaction, comme dans le Washington Post. « Cet email de la part de votre boss à 22 heures ? Ce message un samedi de la part d'un collègue qui a 'une question rapide' à vous poser ? - Vous avez le droit de les ignorer. Enfin, si vous êtes en France... », ironise le Post. Et le grand quotidien américain de poursuivre : « L'initiative a reçu des critiques de la part de certains, inquiets à l'idée que les salariés français pourraient se faire supplanter par d'autres travailleurs, dans des pays qui ne connaissent pas ce genre de restrictions, tandis que d'autres émettent des objections quant à l'ingérence gouvernementale en la matière »...

Histoire de dédramatiser l'affaire, le Guardian, outre-Manche, rappelle pour sa part qu'avant même l'entrée en vigueur de la loi française, « de grands groupes comme Areva et Axa en France, de même que Volkswagen et Daimler en Allemagne, avaient déjà pris des mesures pour limiter les messages en dehors des heures de bureau afin de lutter contre le burn-out de leurs salariés ». Enfin, si l’employeur, à défaut d’accord d'entreprise, devra élaborer une charte, le quotidien britannique souligne qu'aucune sanction n'est prévue par la loi si les entreprises ne prennent pas de dispositions...

Lutter contre le burn-out

La nouvelle loi française incite aussi d'autres pays à réfléchir à un dispositif similaire. Ainsi, les Espagnols, par le biais d'El Pais, se posent la question. L'article du quotidien cite professeurs de droit et syndicalistes, qui soulignent certes que « l'initiative française ne fait que rendre explicite un droit que les salariés ont déjà en principe », mais concluent que « c'est toujours mieux d'avoir officiellement le droit à la déconnexion, car en cas de conflit, le salarié a au moins la possibilité de se défendre », comme l'explique Consuelo Chacartegui, de la faculté de droit de l'Université Pompeu Fabra de Barcelone. De fait, si les experts interrogés relèvent qu'une fois « l'horaire terminé, il n'y a pas d'obligation à rester au bureau ni à répondre aux emails », ils s'empressent d'ajouter que « en pratique, les salariés sont largement mis sous pression » pour répondre aux sollicitations.