Philippe Salvi : d’un Ph.D au Canada à une entreprise innovante bio en Corse

Après une première carrière de chercheur en Amérique du Nord, Philippe Salvi a créé en 2016 Centrale Corse Bio, une entreprise innovante qui transforme les huiles alimentaires usagées en produits écologiques. Un produit qu’il cherche aujourd’hui à faire connaître au-delà de l’Ile de Beauté.

Son rêve : créer une entreprise écoresponsable. Avant de transformer les huiles alimentaires en savons biodégradables, Philippe Salvi a longtemps vécu au Canada, où il était directeur de recherches à l’Université puis superviseur d’applications de nanotechnologie sur le diamant. Rapidement, l’épistémologiste (étude des sciences), d’origine lyonnaise s’intéresse aux travaux sur le biodiesel. En 2016, il décide de rentrer en France avec femme et enfants et s’installe en Corse, notamment pour les débouchés que l’île pouvait offrir en termes d’opportunités sur le biofuel marin.

Sur place, Philippe Salvi prend conscience que la Corse, qui rencontre alors d’énormes problèmes pour gérer ses déchets, déverse les polyophosphates contenus dans les produits détergents dans la Méditerranée, où ils anéantissent les écosystèmes.
Les milliers de litres d’huile de friture des restaurants, soumis à une obligation de collecte et de recyclage, sont quant à eux trop souvent rejetés dans les égouts ou directement dans la nature, où un seul litre d’huile pollue mille litres de nappes phréatiques…

Une invention régionale 

Le scientifique s’associe alors avec le pharmacien biologiste Jean-Marie Rousseau pour lancer un programme de recherches et parvenir à transformer ce déchet huileux en produit écologique. Après deux années de tests, ils parviennent en 2018 à « nettoyer » les huiles alimentaires usagées selon un procédé unique au monde, puis à les transformer en savons écologiques de grande qualité grâce à un autre brevet de saponification. Centrale Corse Bio développe alors toute une gamme de produits dégraissants à usage professionnel, des produits nettoyants pour les restaurateurs à la lessive pour les hôteliers en passant par des « super-nettoyants » pour l’industrie et l’entretien des bateaux, des moteurs, des garages...

La jeune entreprise vend ses produits à une cinquantaine de stations-service et de points de vente corses, et continue à s’investir dans la recherche. Sur la demande d’un professionnel du béton, Centrale Corse Bio a ainsi développé une huile de décoffrage pour le moulage sur polystyrène biodégradable, puis a lancé après le confinement un super-nettoyant virucide à partir d’acide lactique fabriqué en Corse…

Des solutions à développer sur tout le territoire 

Aujourd’hui, Philippe Salvi cherche à faire connaître ses innovations sur le continent. Depuis quelques mois, il multiplie les prises de contact avec les industriels du secteur à la recherche de partenaires qui pourraient l’accompagner pour dupliquer le modèle corse à d’autres régions… Mais au-delà du développement économique, ce partisan de l’économie durable n’a pas dit son dernier mot, avec par exemple un nouveau brevet de biocarburant fabriqué à partir d’huile alimentaire usagée et de déchets agricoles sucrés, comme les résidus de raisins : « Imaginez si on pouvait faire circuler une ligne de bus avec un carburant entièrement fabriqué localement à partir de déchets inexploités ! » s’enthousiasme-t-il.

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