Pierre Fulbert, chargé d’affaires innovation Bpifrance : « La pandémie n’a en rien ralenti l’innovation chez les entrepreneurs ! »

Acteur majeur de la croissance des entreprises innovantes Bpifrance propose une large gamme de produits qui s’adaptent à leurs différents moments de vie. Un accompagnement que Pierre Fulbert, chargé d’affaires innovation dans la délégation La Roche-sur-Yon de Bpifrance, nous détaille aujourd’hui. 

La France regorge de porteurs de projets et d’entreprises innovantes. Ils ont été plus de 250 000 à se lancer dans l’entrepreneuriat au quatrième trimestre 2020*.
Une aventure dans laquelle Bpifrance prend part en accompagnement la croissance des entreprises innovantes.

Mais comment se faire accompagner ? Quelles sont les étapes pour se lancer ? Et surtout, comment Bpifrance participe à la croissance d’une entreprise innovante ? Des questions auxquelles Pierre Fulbert, chargé d’affaires innovation chez Bpifrance compte bien répondre !

Bpifrance : Tu es chargé d’affaires innovation, en quoi cela consiste ?

Pierre Fulbert : Le chargé d’affaires innovation a pour mission de sourcer tous les projets ou les porteurs de projets innovants sur son territoire afin de les accompagner dans leur prise de risque technique et commerciale. Mon but est de les faire grandir pour qu’à terme ces entreprises puissent poursuivre leur développement aux cotés de mes collègues des autres métiers du financement, de l'accompagnement et de l'investissement.

B : Un accompagnement qui passe donc essentiellement par un soutien financier ?

PF : Tout à fait, mais pas que ! Nous les accompagnons grâce à différents produits d’aide à l’innovation. Mais l’accompagnement passe également par de la mise en relation avec tout l’écosystème de l’innovation. En Pays de la Loire, nous avons la chance d’avoir un réseau de développement à l’innovation (RDI) très actif qui permet à nos entrepreneurs de bénéficier de centres techniques de pointe, mais également de s’entourer de professionnels adaptés à leur secteur et à leurs spécificités.

B : Quels types d’entreprises accompagnes-tu ?

PF : Par essence les structures innovantes sont à 65 % de jeunes entreprises, mais j’accompagne également des sociétés plus aguerries. La Vendée et les Mauges possèdent d’ailleurs des viviers d’entreprises qui ont pignon sur rue et pour lesquelles la démarche d’innovation représente un relais de croissance important pour garder leur position sur le marché. 
Grâce à notre continuum de financement, on peut intervenir de A à Z dans la croissance d’une entreprise, de la phase de prototypage au lancement industriel et commercial, en passant par la levée de fonds. Mais on peut également être amené à avancer avec des sociétés de façon ponctuelle grâce à nos différentes offres.

B : Comment doit procéder une entreprise si elle souhaite se faire accompagner par un chargé d’innovation Bpifrance dans ta région ?

PF : Dans un premier temps, je recommande à la société de se faire accompagner par une structure du RDI, afin de faire mûrir son projet. Elle peut ainsi enclencher un premier dispositif d’accompagnement régional, appelé PL2I (Pays de la Loire Initiative Innovation), afin de solliciter une prestation en lien avec son projet innovant et « dégrossir » ainsi les incertitudes, qu’elles soient techniques ou commerciales. L’entreprise peut, par exemple, solliciter un cabinet pour une étude de marché, ou alors se faire accompagner sur la partie brevetabilité de son innovation.
Une fois cette étape (indispensable selon moi) passée, l’entreprise peut me solliciter, et a la garantie d’avoir un projet qui est déjà « labellisé » par l‘écosystème !

B : A ce stade-là, quelles sont les attentes d’un entrepreneur ?

PF : Il faut être honnête, il nous voit d’abord comme un guichet de financement ! Il nous sollicite avant tout pour participer à la prise de risque avec lui. Il faut savoir qu’à ce stade, son projet est encore en phase de faisabilité technique et commerciale il a donc besoin de notre appui pour « dérisquer » l’innovation.
Une fois qu’on a avancé sur le volet faisabilité, on peut mettre en place l’ADI (Aide au Développement de l’Innovation), qui est une aide sous forme d’avance récupérable ou de prêt à taux bonifié pour permettre à l’entrepreneur d’aller jusqu’à la phase d’industrialisation de son projet. Ce qui offre une vraie continuité dans l’accompagnement.

B : La pandémie a-t-elle ralenti l’envie d’innover chez les entrepreneurs ?

PF : La pandémie n’a en rien ralenti l’innovation chez les entrepreneurs ! Je continue d’ailleurs à voir arriver bon nombre de projets sur le territoire, et je m’en réjouis.
Les sociétés que j’accompagne actuellement n'ont pas été à l'arrêt mais ont vu leur roadmap retardée. Heureusement nous avons la chance, en Pays de la Loire, de bénéficier d’un terreau très « pro entrepreneurial », avec des dirigeants qui savent s'entourer et solliciter à bon escient les dispositifs d’accompagnement mis en place par Bpifrance, ainsi que par l'écosystème bancaire et la région.

*Chiffre issu de l’étude « Conjoncture » de Bpifrance Le Lab

Partagez cette actu !
Abonnez-vous !

Recevez les dernières actualités directement dans votre boîte email.

CONNECTEZ-VOUS AVEC L’UNIVERS ENTREPREUNARIAL

Ne perdez pas le fil