Portrait : Amélie Faure, une femme pressée... d'aider les entrepreneurs

Ingénieure agronome, Amélie Faure a vite été fascinée par l'univers de l'informatique et la logique entrepreneuriale. Son but, aujourd'hui, est de transmettre sa passion et de faire en sorte que les PME déploient leurs ailes. Interview.

« Ce que j'aime, c'est prendre un petit déjeuner de 7 heures et demi à 8 heures et demi au café du coin avec un entrepreneur qui me raconte ses projets », déclare Amélie Faure, operating partner de Serena Capital depuis 2014 et chairman of the board de Launchmetrics depuis 2010. C'est bien le seul moment où elle prend son temps... « Avec les quelques minutes que je consacre tous les matins à regarder les fleurs de mon jardin, histoire de me vider la tête et me concentrer avant de prendre ma moto », rectifie-t-elle. Car si cette femme d'affaires est une femme pressée - « mes réunions ne durent en général qu'une demi-heure », rit-elle, et sans doute la seule à avoir exercé le métier très prenant de PDG aux quatre cinquièmes, afin de consacrer ses mercredis à ses trois enfants, quitte à redoubler d'efficacité le reste de la semaine, c'est pour mieux donner de son temps. Connue aussi bien pour sa bienveillance que ses qualités de visionnaire, elle est en effet sollicitée par des entrepreneurs de tous horizons cherchant à faire décoller ou grandir leur affaire. Elle investit d'ailleurs chaque année dans une ou deux sociétés. Autant de contacts et de coups de cœur qui lui apportent tonus et gratification.

Une carrière menée tambour battant

Pas étonnant que ses responsabilités à Serena Capital font également écho à cette vocation première : Amélie Faure est chargée d'apporter un soutien opérationnel aux 30 sociétés du portefeuille de ce fonds de capital risque. « Mon but consiste à montrer le chemin de la croissance et à conseiller les entreprises, aussi bien en matière de ressources humaines, de process que de logiciels, pour qu'elles opèrent leur scale up », explique-t-elle. Des opérations menées tambour battant, comme son début de carrière.

« Je voulais savoir si, après avoir monté une entreprise, je pouvais en redresser une »

« A 26 ans, j'avais 26 personnes sous mes ordres », se souvient-elle en riant. Si elle aime à rappeler ce genre d'étapes, tout comme celle de l'introduction en bourse, avant l'éclatement de la bulle Internet, de la première entreprise informatique pour laquelle elle a travaillé, rien, en fait, ne la prédisposait à avoir une si belle carrière dans les affaires. Jeune ingénieure agronome et jeune mariée, elle a d'abord suivi son époux à Genève. « Je voulais y trouver un emploi et il n'y avait rien dans mon domaine », dit-elle. La voici donc qui débute chez Cap Gemini - « je n'y connaissais rien ! », avoue-t-elle, et la voici embarquée dans un autre univers. Elle est vite fascinée par l'immensité du champ des possibles et la logique entrepreneuriale. Un virus qui ne l'a pas quittée depuis. Elle monte une entreprise avec l'un de ses co-équipiers, puis, une dizaine d'années plus tard, revend ses actions au sommet du marché - « il faut de la chance dans la vie ! », s'exclame-t-elle - et, avec une partie du produit de la vente, investit dans une autre, en perte de vitesse. « Je voulais savoir si, après avoir monté une entreprise, je pouvais en redresser une », dit-elle simplement.

Relever des défis

Depuis, elle ne cesse de relever des défis entrepreneuriaux. Elle est administratrice de plusieurs sociétés, et si elle estime que les femmes sont encore sous-représentées dans les Comex, « de même qu'à tous les autres niveaux », elle préfère la transmission des valeurs de la diversité plutôt que l'imposition de quotas supplémentaires. Cette transmission pourrait, entre autres, prendre la forme de critères pour des engagements financiers de la part de banques ou d'investisseurs. Et elle refuse aussi la féminisation des titres, préférant chairman à tout autre.

C'est d'ailleurs son titre, chairman of the board, chez Launchmetrics, société française au siège social new yorkais et qui fournit une plateforme et des données aux département marketing des 1000 principales marques de mode et de luxe mondiales. « Nous leur permettons de se connecter aux influenceurs les plus en phase avec leur marque, nous organisons toutes les fashion weeks à travers le monde, de même que nous sommes capables de mesurer l'impact des différentes formes d’engagement des influenceurs, sur papier glacé comme sur les réseaux sociaux, pour permettre aux sociétés du secteur de réaliser des arbitrages budgétaires », s'enthousiasme-t-elle.

Aujourd'hui, ses enfants ont grandi, mais Amélie Faure prend toujours ses mercredi. « Pour du travail associatif », dit-elle en passant. Changer le monde avec bienveillance, un virus qu'elle veut toujours contagieux...

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