Portrait du mois : Il court, il court, Matthieu Robic

Le Pdg de SMM Technologies, une société dans les matériaux composites basée à Lanester, à côté de Lorient, a doté son entreprise de la plus grande fraiseuse d'Europe. Sa prochaine étape ? L'international.

S'il faut choisir entre une interview et une heure de course à pied, l'affaire est entendue pour Matthieu Robic : ce sera la course à pied ! En général, il court le matin, une lampe frontale vissée sur le crâne, puisqu'il se lève entre 5 heures et demi et 6 heures tous les jours. Sinon, c'est à l'heure du déjeuner. Rien ne prédestinait ce fan de sport, qui a décroché un bac pro en comptabilité à 22 ans seulement, après avoir poursuivi, sans succès, son rêve de gosse d'être footballeur professionnel, à devenir le Pdg de SMM Technologies, une société spécialisée dans les matériaux composites basée à Lanester, à côté de Lorient. Ou peut-être tout, au contraire.

Une fois son diplôme en poche, il a commencé en bas de l'échelle, à faire des photocopies à l'office départemental des HLM du Morbihan. Puis il est passé chez Randstad, et a commencé sa carrière dans le commercial. Clairement doué pour le contact humain, la gestion et le management, il est ensuite passé chez Adecco, pour finir responsable de plusieurs agences, à Vannes, Lorient et Nantes.

Des racines terriennes et maritimes

La Bretagne, son terrain de jeu. La mer, son horizon.

La Bretagne est son terrain de jeu. D'ailleurs, au-delà de la course à pied, la planche à voile, le bateau, font aussi partie de sa vie. Et la mer est son horizon. « Ma mère est issue de la mer, et mon père, de la terre. J'ai de l'eau salée dans les veines, et des racines aux pieds », résume-t-il. Autant d'éléments qui l'ont ancrés dans la vie, font qu'il est « bien dans ses baskets » et pèse, à 40 ans, le même poids qu'à 20 ! Depuis toujours, Matthieu Robic fait tout à 100 à l'heure, mais « avec humilité et passion », ajoute-t-il. Il profite du fait de n'avoir besoin que de quelques heures de sommeil par nuit - « un gros avantage », admet-il - pour avoir le cerveau toujours en activité, et penser à l'avenir de ses trois enfants, de 17, 14 et 10 ans, de sa compagne et de ses deux enfants. Et sa société aussi, bien sûr.

C'est son père, qui assurait la responsabilité et la comptabilité de l'entreprise, qui lui a conseillé, au moment d’envisager sa retraite, de prétendre à son poste, en 2012. « Mais attention, j'ai fait tout le parcours, et prouvé, lors des entretiens, que j'avais des compétences », précise le fils. S'il avait déjà l'idée de reprendre, à terme, l'affaire, il a dû d'abord faire ses preuves. Avec l'équipe en place, il a structuré l'organisation, pour la faire passer d'une entreprise artisanale à une société industrielle, «l’idée initiale de mon père, en fait », ajoute-t-il.

En parallèle, il a d'abord racheté les actions que détenait son père, puis d'autres, à la faveur de départs. Enfin, il a investi directement, en faisant une augmentation de capital de 100 000 euros, histoire de montrer son engagement, dit-il. Et en 2015, il a pris le contrôle de l'entreprise.

Un chiffre d'affaires doublé en trois ans

« Entre 2012 et 2015, nous avons multiplié par deux le chiffre d'affaires », indique ce membre Bpifrance Excellence. Aujourd'hui, SMM Technologies, qui compte 29 salariés, affiche un chiffre d'affaires de plus de 3 millions d'euros. Et l'expansion devrait continuer, grâce en particulier à la nouvelle fraiseuse, la plus grande d'Europe, puisque l'outil fait 40 mètres de long, et permet de faire d'une seule traite des pièces à partir de matériaux composites, pour l'aéronautique, l'automobile, le nautisme. « Je cherchais une technologie différenciante, explique Matthieu Robic, et nos clients étaient intéressés par des pièces de grandes dimensions qui n'avaient pas à être assemblées ensuite. » S'il tourne déjà son regard vers un autre horizon, celui de l'international, avec des prospects, notamment pour le marché de l'éolien, auquel SMM Technologies pourrait fournir, au Danemark ou en Allemagne, d'énormes pales, le Pdg veut d'abord stabiliser l'entreprise. Pour se doter de son nouvel outil, la société a consenti des investissements de taille, et a même dû déménager, pour s'installer dans un nouveau lieu, de 6500 mètres carrés, contre seulement 1500 auparavant, à Lanester. La pression est forte. Pour la gérer, rien de tel que l'exercice physique ! Matthieu Robic est déjà reparti, pour voguer vers le succès.

Partagez cette actu !
Abonnez-vous !

Recevez les dernières actualités directement dans votre boîte email.

CONNECTEZ-VOUS AVEC L’UNIVERS ENTREPREUNARIAL

Ne perdez pas le fil


Une erreur est survenue sur la page.


Cliquez ici pour retourner à la page d'accueil

RT @Paul_F_Fournier: Alors que la #Chine 🇨🇳 constitue le 2e écosystème #tech mondial, le #FrenchTech Tour China 2018 représente la 1ère éta…