Pumpkin entre sur le marché concurrentiel des néo-banques

L’application de remboursement entre particuliers par smartphone propose désormais des services de banque en ligne. Au milieu d’un secteur en plein développement, l’application cherche à tirer son épingle du jeu grâce au cashback. 

« T’as Pumpkin ? ». Cette phrase est devenue incontournable pour toutes les personnes qui utilisent un service de remboursement gratuit par mobile. Depuis 2014, l’application permet à plus d’1,2 million d’utilisateurs de se rembourser facilement, grâce à leur numéro de téléphone. En octobre dernier, Pumpkin a lancé sa néo-banque avec un compte courant et sa carte bancaire. Elle propose en plus une offre de cashback dans une centaine d’enseignes en France. Ce service permet de récupérer de l'argent à chaque dépense effectuée dans une boutique partenaire.

Pumpkin vise une cible jeune

Depuis sa création, l’application a su convaincre un public jeune en offrant des services aux associations étudiantes et en communiquant principalement sur les campus. En lançant un service bancaire, Pumpkin souhaite maintenir cette cible, souvent mal cernée par les banques. « Lorsqu’elles s’adressent aux jeunes, c’est surtout pour financer de grandes études », explique Hugo Sallé de Chou, cofondateur de Pumpkin.

Pour susciter l’envie de souscrire à la néo-banque, et se distinguer des nombreuses offres existantes sur le marché, l’application a décidé de miser sur le cashback. « Les enseignes dépensent beaucoup de budget en publicité et en marketing pour attirer les jeunes. On s’est dit qu’au lieu de dépenser cet argent dans la pub, il valait mieux le donner directement aux jeunes pour qu’ils viennent consommer ou reconsommer chez elles”, indique Hugo Sallé de Chou. L’objectif est double pour Pumpkin, qui souhaite par la même occasion augmenter le pouvoir d’achat de ses utilisateurs. « On a une proposition de valeurs très forte avec l’ambition de faire gagner 200 à 300 euros par an ».

Objectif rentabilité

Au-delà d’offrir un service bancaire qui correspond aux plus jeunes, Pumpkin cherche, à travers sa néo-banque, un modèle économique. « C’était très important pour nous d’imaginer un modèle rentable. Avec l’appli de remboursement on était dans une logique « on lance un truc et on verra comment on le monétise après ». Pour le compte Pumpkin on a cherché le bon business model en amont », précise le fondateur. Si l’application de remboursement entre particuliers reste gratuite, les services bancaires sont facturés 2 euros par mois. L’utilisateur peut ainsi profiter d’un compte courant, d’une carte bancaire, de transactions à l’international et des offres de cashback, tout ça sans engagement. Mais si Pumpkin s’y retrouve économiquement, c’est aussi grâce aux commissions touchées sur les transactions de cashback entre commerçants et particuliers.

Avec cette offre, l’application bancaire souhaite se distinguer des autres néo-banques. « Aujourd’hui ce n’est plus Pumpkin vs Lydia mais Pumpkin vs les néo-banques. On est assez confiant pour dire qu’on a notre place dans le secteur. On s’adresse à une cible qui n’a pas encore été visée par les autres. De plus, c’est un public qu’on connait bien », assure Hugo Sallé de Chou.

Les néo-banques remplaceront-elles les banques traditionnelles ?

Si depuis 2016 les néo-banques se développent un peu plus chaque année, elles ne sont pourtant pas vouées à s’opposer aux banques traditionnelles. Tandis que ces dernières représentent plusieurs métiers tels que le paiement, le crédit et l’épargne, les banques en ligne investissent principalement sur le paiement. Par ailleurs, elles se spécialisent sur des cibles parfois laissées de côté par les banques traditionnelles, comme les jeunes dans le cas de Pumpkin.

Les banques digitales et traditionnelles sont donc dans une logique de complémentarité. Beaucoup de ces dernières investissent dans ces néo-banques. C’est le cas de Nickel qui appartient à BNP Paribas, ou encore de Pumpkin, qui a été racheté par le Crédit Mutuel Arkéa. L’intérêt pour chacun est d’atteindre un public qui leur échappe et d’évoluer autour de valeurs communes. « Grâce à cette offre de cashback, nous souhaitons influencer positivement les habitudes d’achat de nos clients vers des enseignes locales et nationales » indique le cofondateur de Pumpkin, qui souhaite démontrer qu'une entreprise technologique 100 % française, avec un produit, des actionnaires, un siège social en France, peut réussir et se démarquer dans un univers ultra-globalisé et compétitif.

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