#REAix 2019 : l'usine de demain se passera-t-elle de main-d'œuvre ?

A quoi ressemblera l’industrie de demain ? 5 experts internationaux ont échangé sur cette question lors de la conférence « L'usine de demain se passera-t-elle de main-d'œuvre ? » des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence.

Les nouvelles technologies transforment l'industrie et rebattent les cartes de la concurrence internationale. Et alors que l’automatisation et la numérisation semblent réduire les besoins de main-d’œuvre, de nombreux industriels affirment faire face à une pénurie de compétences. Comment expliquer ce paradoxe ? C’est à cette question qu’ont tenté de répondre les 5 experts invités par le Cercle des économistes lors des 19e Rencontres économiques d’Aix-en-Provence

Louis Gallois : « Le numérique apporte une grande flexibilité dans la gestion des usines »

  • L’expert : Louis Gallois est le co-président de La Fabrique de l’industrie et président du conseil de surveillance de Peugeot S.A.
  • La thèse : « L'industrie a un avenir en France »
  • Pour aller plus loin : "Après une décennie catastrophique pour l’industrie, il y a eu en 2010, une prise de conscience politique. Aujourd’hui, les investissements industriels se portent bien, les marges des entreprises sont restaurées, des sites industriels se créent et l’attractivité de la France progresse. Le numérique apporte flexibilité et rapidité dans la gestion des usines. Et si avec l’industrie du futur, il y a moins de monde dans les usines, la technologie facilite la tâche des opérateurs. Désormais, de nouveaux métiers se créent. Il va donc falloir trouver un moyen pour former les opérateurs tout au long de leur vie."

Nicolas Dufourcq : « Les startups deeptech d’aujourd’hui feront l'industrie de demain »

  • L’expert : Nicolas Dufourcq est le directeur général de Bpifrance. Les montants consacrés par Bpifrance au financement de l’industrie française n’ont cessé de progresser depuis 2013. D’ailleurs, l’industrie est le premier secteur d’intervention de Bpifrance (25 % de son activité totale).
  • La thèse : « Bpifrance accompagne la transformation de l’industrie avec le plan Deeptech et le VTE »
  • Pour aller plus loin : Selon Nicolas Dufourcq, "il y a en France de plus en plus d’entreprises très innovantes qui produisent des objets. Ces entreprises ont donc besoin d’usines à l’image d’Ynsect qui a ouvert une usine de 4 000 m² à Amiens pour l’élevage et la transformation d’insectes à grande échelle. Ces entreprises deeptech sont l’avenir de l’industrie française.
    Mais cette industrie hexagonale a un gros besoin en capital humain. C’est pourquoi Bpifrance a lancé le VTE. Ce VIE des territoires vise à inciter les étudiants à s’orienter vers les PME ou ETI.
    Les clients sont là, les financements sont là : l’industrie française a donc un bel avenir devant elle."

Vincent Rouaix : « L’industrie intelligente est une chance pour la France »

  • L’expert : Vincent Rouaix est le PDG de Gfi Informatic
  • La thèse : « Des technologies comme l’IoT, le Big Data ou encore l’IA rendent l’industrie attractive ».
  • Pour aller plus loin : Pour Vincent Rouaix, "les dirigeants doivent prendre en main la transformation de l’industrie afin d’attirer les talents dans leurs entreprises. Mais aujourd’hui, ils peuvent être un peu perdus devant ces phénomènes. Il est donc nécessaire de les accompagner."

Afif Chelbi : « La transformation de l’industrie offre une chance à la Tunisie de continuer à exister face à l'Europe ou l'Asie. »

  • L’expert :  Afif Chelbi, ancien ministre tunisien de l'Industrie, est aujourd’hui président du Conseil des analyses économiques (CAE)
  • La thèse : « Les changements technologiques profonds sont une chance collective pour le nord et le sud de la Méditerranée. »
  • Pour aller plus loin : Selon Afif Chelbi, "les nouvelles technologies et l’industrie 4.0 ont offert l’opportunité d’un véritable raccourci technologique à la Tunisie. Par exemple, l’introduction des TIC a sauvé le textile tunisien et lui a permis de faire face à la concurrence mondiale.
    Aujourd’hui, il y a 3 300 entreprises européennes industrielles qui travaillent sur le territoire tunisien. 51 entreprises y produisent des composants aéronautiques notamment pour Airbus et 250 entreprises fabriquent des composants automobiles pour tous les constructeurs. En effet, ces usines tunisiennes sont capables de livrer le marché européen en 24 ou 48h."

Martha Rehnberg : « Je suis optimiste quand je regarde l’Union européenne »

  • L’expert : L’économiste Märtha Rehnberg, fondatrice de Daredisrupt, défend une vision "responsable" de la rupture technologique.
  • La thèse : « Le dérèglement climatique change la donne. »
  • Pour aller plus loin : Pour Märtha Rehnberg, "nous devons moins parler de compétition et plus d’attractivité de l’industrie. Il est important de prendre le meilleur de chaque modèle, qu’il soit américain, chinois ou européen. En effet, aujourd’hui, il faut disrupter l’industrie, notamment pour faire face à la crise climatique. Et pour cela, les pays européens doivent travailler ensemble."

Vidéo : "L'usine de demain se passer-t-elle de main d'oeuvre ?"

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