Rachid Bouchakour [WitMonki] : « Il ne faut pas avoir peur de l'échec »

Rachid Bouchakour, fondateur de WitMonki est un des ambassadeurs de l'étape marseillaise du Deeptech Tour. Ce spécialiste de la microélectronique, co-fondateur de l'Institut Matériaux Microélectronique et Nanosciences de Provence - IM2NP (CNRS/Aix-Marseille Université/Université de Toulon/Yncréa), développe aujourd'hui une solution inédite de détection des troubles du rythme cardiaque.

Après une belle carrière dans la recherche publique, Rachid Bouchakour a lancé WitMonki en 2017. Basée à Marseille, sa start-up développe des dispositifs médicaux pour la détection des troubles du rythme cardiaque : la WitCard, un mini-enregistreur de l’électrocardiogramme au format carte bancaire à destination du patient, et le WitDisplayer, un logiciel utilisé par le médecin pour visualiser, annoter et interpréter les tracés ECG « L'objectif est d'améliorer la relation patient-médecin, d'offrir un parcours de soins plus efficace et d'accélérer la prise en charge médicale », explique-t-il. Une innovation de rupture qui pourrait bien propulser la start-up en championne de l’e-santé.

Vous avez derrière vous une belle carrière dans l'enseignement et la recherche. Pourquoi avoir sauté le pas en 2017 en lançant votre entreprise ?

En réalité, je n'ai fait que revenir à mes premières amours ! J'avais déjà créé une start-up, une spin-off de Télécom Paris, en 1990. Mais ça n'avait pas fonctionné. Vingt ans plus tard, à 60 ans, j'ai voulu boucler la boucle.

Lancer votre start-up deeptech à plus de 60 ans, c'était une évidence ?

Pas vraiment. Je crois qu'il existe deux stratégies pour un chercheur qui souhaite entreprendre : soit il crée sa start-up directement après un doctorat, soit il embrasse une carrière d'enseignant-chercheur. Et là, une fois devenu professeur, il lui sera plus facile de se consacrer à 100 % à son projet entrepreneurial, grâce à l'article L531.1 du Code de la Recherche (ex-25.1).

Que dit l'article L531.1 du code de la Recherche ?

Les fonctionnaires civils des services publics et entreprises publiques définis à l'article L. 112-2 peuvent être autorisés à participer à titre personnel, en qualité d'associé ou de dirigeant, à la création d'une entreprise dont l'objet est d'assurer, en exécution d'un contrat conclu avec une personne publique, une entreprise publique ou une personne morale mandatée par ces dernières, la valorisation des travaux de recherche et d'enseignement qu'ils ont réalisés dans l'exercice de leurs fonctions.

Votre entreprise a déjà 3 ans d’existence. Où en êtes-vous ?

Après avoir remporté en 2019 le concours d’innovation i-Lab, notre produit est en attente de certification. Et c'est long... Il s'agit d'un vrai problème en France pour la deeptech santé. L'organisme certificateur est sous-dimensionné et l'attente peut faire perdre jusqu'à 12 mois de commercialisation ! Cela peut être fatal à certaines sociétés.

Quelle première leçon tirez-vous de votre expérience dans la deeptech ?

Il faut accepter de repartir à zéro et ne pas avoir peur de l'échec. Nous avons la chance en France de pouvoir compter sur un accompagnement exceptionnel, notamment grâce à Bpifrance et les structures d'accompagnement comme la SATT Sud-Est. Mais, il reste selon moi à régler deux faiblesses : améliorer la formation des futurs CEO issus du monde scientifique et faire en sorte que les fonds d'investissement publics interviennent au bon moment pour les startups deeptech en phase d'amorçage. Si on y parvient, on obtiendra un réel alignement. Je suis confiant.

Deeptech Tour : la tournée des campus

Depuis le mois de septembre 2019, Bpifrance part à la rencontre des chercheurs et des doctorants afin de créer des ponts entre le monde de la recherche et celui de l'entrepreneuriat. Rachid Bouchakour était l'ambassadeur de l'étape marseillaise de cette tournée des campus. 

 

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