SESAMm : prévoir l'évolution des indices boursiers grâce aux réseaux sociaux

Créée en mai 2014 par trois étudiants (Sylvain Forté, Florian Aubry et Pierre Rinaldi), la start-up SESAMm a développé un outil de prédiction boursière fondé sur l’analyse des données provenant des réseaux sociaux.
Interview.

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Les fondateurs de SESAMm (de gauche à droite Sylvain Forté Pierre Rinaldi Florian Aubry

Comment est née SESAMm ?

L’idée a germé en 2013 sur un constat simple : les technologies utilisées par la finance de marché sont anciennes et traditionnelles. Notre idée a été de prendre en compte les spécificités du web 2.0 à travers la récolte d’informations sur les réseaux sociaux pour prédire la direction (hausse ou baisse) et la puissance (degré de variation en pourcentage) de grands indices boursiers.

Quels types de technologie utilisez-vous ?

Les technologies que nous utilisons sont très complexes et ont nécessité près de 30 mois de recherche et développement. Il y a tout d’abord un pôle Big Data qui extrait des millions d’informations par jour en langue anglaise issues des réseaux sociaux. Ensuite, nous disposons d’une architecture informatique en cloud computing appliquant les méthodes Natural Language Processing qui permettent d’analyser les sentiments boursiers à partir des données collectées. Enfin, les mathématiques appliquées - via des algorithmes - constituent la dernière étape de notre travail pour livrer nos recommandations.

Quel est le business modèle de votre société ?

Nous sommes sur un positionnement BtoB en ciblant les banques et les hedge funds. Nous proposons deux types d’offres :
- la première est plus complète. Elle propose au client une licence d’exploitation pour utiliser nos technologies qui sont différentes de la sienne. Nous avons une base de rémunération fixe et une variable, en fonction des performances du client avec notre outil;
- la seconde est en cours d’élaboration et sera opérationnelle à partir du mois prochain. C’est une plateforme avec moins de fonctionnalités et moins chère, qui s’adresse à des acteurs de plus petite taille.

Pourquoi ouvrez-vous un bureau au Luxembourg ?

Dans notre domaine d’activité, il est nécessaire d’être présent sur une grande place financière européenne pour poursuivre notre développement. Par ailleurs, l’écosystème au Luxembourg est très intéressant pour la FinTech. Notre société de droit luxembourgeois sera incubée au Lux Futur Lab.

Quel est l’effectif de votre société ?

Pour l’instant, nous sommes quatre, dont les trois co-fondateurs. Nous prévoyons d’atteindre un effectif d’une dizaine de personnes cette année, avec notamment le recrutement de mathématiciens et surtout de spécialistes en machine learning qui est une fonction recherchée et très difficile à trouver.

Quels sont vos prochains objectifs ?

À court terme, nous souhaitons construire la meilleure équipe possible pour croître. Pour 2017, nous voulons ouvrir un bureau à Paris et nous espérons la création par l’un de nos clients d’un OPCVM qui utilisera exclusivement notre technologie. D’ici à deux ans, nous devrions ouvrir également un bureau à Londres. Enfin, à moyen terme, nous ambitionnons de nous développer dans le monde entier avec comme priorité New York et la Chine.