Serious Game : quand le jeu vidéo pédagogique cartonne

Depuis quelques années, le marché du serious game connaît une croissance exponentielle. Frédéric Kuntzmann, fondateur de My-Serious-Game, nous explique les raisons de l’essor du secteur.

Un marché à prendre au sérieux. Depuis une dizaine d’années, le serious game n’est plus uniquement réservé à une niche ou cantonné à une utilisation en tant que loisir. Ces simulations pédagogiques, qui utilisent les mécaniques de la gamification pour l’apprentissage ou la formation, ont une présence de plus en plus forte dans le monde professionnel. En France, le marché est estimé à plus de 200 millions d’euros. Frédéric Kuntzmann, fondateur du leader français du secteur, My-Serious-Game, analyse la tendance et son potentiel de développement.

« Il y a eu une rupture dans ce que représentait le serious game »

Pour Frédéric Kuntzmann, le regard des entreprises sur le serious game a beaucoup changé depuis le début des années 2010. « Quand on a créé l’entreprise, le fait qu’il y ait « game » dans le nom de l’entreprise était problématique. Un grand groupe nous a dit « je ne veux pas travailler avec vous, nos collaborateurs n’ont pas à jouer sur leur lieu de travail », explique-t-il. « Il y a 10 ans, il y a eu une rupture dans ce que représentait le serious game et la gamification ».
Cette rupture s’explique par plusieurs facteurs. La digitalisation de notre monde et l’évolution de la vision des responsables de formation des entreprises sur le serious game sont pour beaucoup dans la croissance du marché en France. « Dans le secteur bancaire, les responsables formation se sont renduS compte que seulement 20 à 30 % des employés allaient au bout des formations classiques. Elles ne sont pas engageantes. Les nouvelles générations ont une appétence pour le digital et ont besoin d’interaction, de ludique et d’accessibilité. Jouer au bureau n’est plus un tabou », détaille Frédéric Kuntzmann.

Les coûts de développement d’un serious game ont aussi diminué de manière significative depuis 10 ans. A l’époque, environ 200 000 euros étaient nécessaires pour créer un serious game. Aujourd’hui, entre 20 000 et 50 000 € suffisent pour en développer un. « La crise de 2008 a nécessité de faire des économies. Former 1 000 collaborateurs dans le monde coûte des millions d ‘euros. Un serious game à 20 000 euros revient moins cher et prendra moins de temps, n’a pas de règles techniques ou une interface compliquée », ajoute le fondateur de My-Serious-Game.

« Notre clientèle historique correspond à la moitié du CAC 40 »

Si le serious game explose en France, le marché reste encore très jeune. Difficile de savoir s’il va continuer à se développer au même rythme dans les années à venir. « Aujourd’hui, le marché est cloisonné, il n’y a pas de synergie avec les autres pays. Un développeur français de serious game crée pour la France, un développeur espagnol pour les Espagnols… Il y a beaucoup de petites entreprises. Nous sommes le leader français avec une équipe de seulement 50 personnes ».
Malgré la diminution des coûts, le serious game représente tout de même un budget important pour une TPE ou une PME. Ce sont surtout les grands groupes qui permettent au marché de se développer si rapidement. « Notre clientèle historique correspond à la moitié du CAC 40. Ils ont ralenti leurs projets d’investissements et de recrutements depuis le début de la crise mais ça repart à la hausse depuis le début de l’année », explique Frédéric Kuntzmann. Quelques TPE et écoles ont également pris le pas de la digitalisation et se sont tournées vers My-Serious-Game pendant la crise.

Même s’il est difficile de se projeter, cela ne freine pas les ambitions de l’entreprise. « Nous voulons essayer de devenir une référence sur la meilleure manière d’apprendre en ligne. Nous menons des travaux de recherches avec des universités pour comprendre ce qui marche réellement, en récupérant des données de tracking de comportement par exemple », détaille l’entrepreneur. Le leader français du secteur vient d’obtenir de l’AFNOR sa première certification européenne de l’ingénierie de formation digitale, et a récemment lancé, en partenariat avec Microsoft, EdMill, un nouvel outil d’e-learning permettant de créer soi-même des formations digitales.
 
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