Slow Village, quand l’éco-tourisme se développe

Sur le secteur de l’hôtellerie de plein-air, les offres se multiplient et les infrastructures se modernisent. Rencontre avec David Letellier, directeur de la chaîne Slow Village pour parler tendances du secteur et perspectives de développement. 

Le vent dans les voiles. En 2021, le parc hôtelier Slow Village s’agrandit : « A la suite de la levée de fonds menée auprès de Bpifrance et BNP Paribas, nous avons fait l’acquisition de deux nouveaux sites. Le premier est à Lacanau, en pleine forêt, et le second sur l’Île-de-Ré. Ce sont de gros projets pour cette année pleine de belles perspectives », exprime David Letellier, le directeur général. Outre cette expansion, l’entreprise a pour objectif d’obtenir l’Ecolabel Européen, pour récompenser ses efforts en faveur de l’environnement. Des préoccupations environnementales accentuées par la crise sanitaire. Les activités de l’entreprise se sont vues impactée pendant la période. Si l’offre BtoB a souffert de la crise liée à la pandémie de Covid-19, l’offre BtoC a quant à elle progressé : « Sur la période de crise sanitaire, le concept Slow Village s’est renforcé. Les gens veulent se retrouver les pieds dans le sable dans un environnement naturel, et surtout à l’air libre », explique l’entrepreneur.

L’hôtellerie de plein-air : un secteur en constante croissance depuis 10 ans

Malgré un bilan difficile pour les acteurs du tourisme en 2020, engendré par les conséquences de la crise sanitaire, la croissance du secteur de l’hôtellerie de plein-air ne tarit pas depuis une dizaine d’années. « L’hôtellerie de plein-air connait la même évolution que l’hôtellerie classique il y a 20 ans. Le secteur attire actuellement beaucoup d’investisseurs, ce qui engendre une forte concentration des offres sur le marché », explique David Letellier. En effet, l’atomicité de l’offre avec de nombreux indépendants multiplient les potentiels de financements sur le marché. « Sectoriellement, les campings et villages vacances sont des offres qui ont continué de se développer indépendamment des agences et des plateformes de voyage en ligne », explique l’entrepreneur. « Slow Village commercialise son offre 100 % en direct, via son site internet, et cette indépendance fait notre force et celle du secteur de l’hôtellerie de plein-air », affirme-t-il.

Un passage au digital indispensable aujourd’hui, bien loin de l’époque où Slow Village germe dans l’esprit de David Letellier. « Petit, je passais beaucoup de temps dans les campings du sud de la France, les gros complexes de plein-air », raconte-t-il. L’histoire de Slow Village est imprégnée de ses souvenirs d’été, de famille et d’enfance et de sa connaissance du secteur. David Letellier fait ses classes dans la communication et le tourisme. Au fil de ses rencontres avec des collaborateurs et investisseurs dans le nord de la France, Slow Village éclot en 2015. Tâtonnant à ses débuts, le premier site voit le jour en 2017 à Biscarosse : 10 hectares réaménagés en un concept novateur de destination touristique. « Les Slow Village sont des lieux de dépaysement qui font la part belle à la nature, en pleine forêt par exemple ou au bord d’un lac. Nous proposons de réelles expériences humaines, des moments de pause ».

Slow tourisme : les valeurs de l’écologie fondent l’esprit Slow Village

Aux valeurs du camping traditionnel telles que la convivialité, la proximité et la simplicité s’ajoutent celles du slow tourisme. Ce mouvement s’oppose au tourisme de masse industrialisé. Sa naissance il y a une vingtaine d’années accompagne celle d’une prise de conscience générale sur le besoin de protéger l’environnement. Sa philosophie ? Emprunter des moyens de transport moins polluants, se déconnecter, prendre le temps de se nourrir sainement, explorer la culture et les traditions locales, aller à la rencontre de l’autre. Un tourisme alternatif, responsable et participatif qui représente aujourd’hui une tendance forte dans le secteur. Pour l’entrepreneur, « les consommateurs sont réceptifs à ces valeurs et à l’éthique environnemental ». 

Slow Village s’inscrit dans cette philosophie et les services et infrastructures suivent. « On développe nos sites sans voiture, en adoptant par exemple le vélo. On travaille sur l’énergie propre, avec des solutions autonomes de filtration naturelle pour l’eau. Côté restauration, on privilégie des produits biologiques et locaux et en circuit court. On a mis en place des potagers partagés en accès libre, des compostes. Sur l’animation, on a repensé les activités pour enfant autour de jeux pédagogiques à forte dimension environnementale. Les sites sont ouverts sur la culture environnante via des partenariats avec les acteurs régionaux ». Slow Village, filiale de la holding Slow Group, bénéficie de sa petite sœur Tiny Ideal, fabricante de Tiny House. Une partie des villages sont équipés de ces cabanes en bois modernes et éco-responsable. Entièrement mobiles, elles offrent des prestations haut de gamme et séduisent une clientèle portée sur le confort. Des dispositifs qui favorisent des vacances propres et répondent aux attentes de différents publics.

Pour toucher de nouveaux publics, Slow Village a également développé ses communautés et son image de marque sur les réseaux sociaux. « En plus de notre clientèle traditionnelle de campeurs à laquelle nous sommes très attachés, le concept a réussi à toucher une clientèle plus jeune, plus urbaine ». Avec un fort potentiel visuel et notamment porté par de nombreux influenceurs, le secteur du tourisme a profité de l’essor des réseaux sociaux et surtout d’Instagram, vecteur puissant de communication. A public diversifié, offre multipliée pour Slow Tourisme qui prend de l’ampleur en 2021.

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