Tourisme : Voyageurs du Monde lève 130 millions d’euros pour s’envoler à l’international

En pleine crise sanitaire, le groupe Voyageurs du Monde a su garder le cap malgré une baisse de son chiffre d’affaires de 75 % en 2020. Le voyagiste a même levé des fonds pour s’internationaliser en sortie de crise. 

Le marché du voyage se relève et prépare l’après crise. Le groupe Voyageurs du Monde, agence de voyage spécialiste des voyages sur mesure, a su résister pendant ces nombreux mois à l’arrêt grâce à des finances solides. Il a même réussi à lever 130 millions d’euros pour préparer l’après-Covid et ses ambitions à l’international. Alain Capestan, directeur général délégué du groupe nous en dit plus sur cette période inédite et sur sa vision de l’après. 

Bpifrance : Comment le groupe Voyageurs du Monde a vécu la crise sanitaire et les différents confinements ?

Alain Capestan : Nous sommes dans un contexte extrêmement particulier et inédit. Sur l’année 2020, nous avons enregistré une baisse de 75 % de notre chiffre d’affaires. En mars 2020 nous avons observé une diminution de 95 % du chiffre d’affaires. Personne ne peut imaginer une telle baisse. Même dans les cas d’écoles les plus tordus, aucun professeur n’aurait osé proposer ce scénario. Ayant déjà vécu un semblant de pandémie avec la crise sanitaire du SRAS en 2003, nous avions déjà un plan opérationnel pour gérer ce genre de situation, mais pas d’une telle ampleur.

Pour résister à la crise nous avons pu compter sur la mobilisation générale des équipes qui ont fait un travail remarquable pour gérer tous les litiges des clients. Nous avons reçu des aides de l’Etat et nos charges ont été réduites. Nous avions aussi accumulé des réserves très importantes dans le groupe. Fin 2019, elles atteignaient 45 millions d’euros, ce qui nous a permis de payer ces deux années de pertes sans être obligés d’en subir les conséquences.

B : Vous avez même réussi à lever des fonds malgré le contexte ?

AC : Oui, nous avons levé 130 millions d’euros pour compenser les pertes de nos réserves qui devaient servir pour notre stratégie d’internationalisation. L’objectif est d’aller chercher des compétences complémentaires. Aujourd’hui, 95 % de nos services sont à destination des Français. On touche aussi des Belges, des Suisses et des Canadiens francophones mais on aimerait s’installer dans d’autres pays, notamment aux Etats-Unis, en Europe du Nord et Europe du Sud.

Nous souhaitons aussi développer certaines gammes de voyage, comme ceux à vélo en se renforçant par des acquisitions. Nous sommes aussi en train de développer les voyages individuels où vous êtes seul en autoguide avec vos bagages qui vous attendent à destination. L’objectif est de renforcer ces compétences à l’international.

B : Vous êtes confiant pour l’avenir ?

AC : Bien sûr ! Nous n’avons pas de problèmes stratégiques, nous sommes juste confrontés à un problème conjoncturel. Depuis quelques jours, les réservations repartent à la hausse, principalement à destination de l’Europe et de la Polynésie. Mais même si nous faisons mieux qu’en 2020, ce qui fait le volume de notre chiffre d’affaires c’est le nombre de pays ouverts. Nous sommes très dépendants des annonces des différents Etats. On sait qu’il faudra attendre 2022 pour revenir à des volumes cohérents. On devrait retrouver des chiffres proches de 2019 à partir de 2022. 

B : Selon vous, à quoi ressemblera le voyage de demain ?

AC : Cette crise aura démontré qu’il y a une attente sur la façon de voyager avec une dimension environnementale forte. Le voyage de demain sera plus long avec une empreinte carbone réduite et des solutions pour absorber les émissions inévitables comme prendre l’avion par exemple. Le voyage doit avoir un sens pour réduire les effets pervers de cet acte vis-à-vis de la planète, des populations locales et ne pas simplement profiter d’une situation à bas prix. On a beaucoup avancé en ce sens par le passé et nous allons continuer d’imaginer le voyage de demain

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