Transition énergétique : un secteur florissant pour les investisseurs

Actuellement en guerre contre la pandémie, de nombreuses entreprises françaises n’ont pas oublié l’autre combat qu’elles doivent mener dans les années à venir : l’urgence climatique. Un défi que le secteur de la transition énergétique compte bien relever !

L’année 2019 établit un record pour la transition énergétique en France.
Avec 104 levées de fonds réalisées dans le secteur de la Cleantech, avec un ticket moyen de 11,3 millions d’euros*, les entreprises françaises sont en marche et ont pris conscience de l’urgence climatique.

« En 2020, les fonds d’investissement ont déjà investi plus de 1,2 milliard d’euros dans la transition énergétique, contre 263 millions en 2010 », explique Aurélien Hüe, directeur adjoint d'investissement Fonds France Investissement Energie Environnement chez Bpifrance. Au total, ce sont plus de 6 milliards d’euros qui ont été investis dans des fonds en 10 ans.

« Je pense que la pandémie a accentué plusieurs tendances en France et notamment celle de se détacher de notre dépendance aux énergies fossiles qui ne sont pas produites en Europe, gaz et pétrole principalement » ajoute Aurélien Hüe.
Deux autres secteurs semblent tirer leur épingle du jeu. Tout d'abord, celui des énergies renouvelables, qui est sans conteste le secteur le plus attractif sur la période 2010 -2019 avec 2 070 milliards d’euros cumulés. Mais également l’Agtech qui réalise une fulgurante percée avec près de 370 millions d’euros investis au capital des entreprises en trois ans. Mais les sociétés de chimie verte et de stockage attirent également de plus en plus les investisseurs.

L’objectif 0 carbone

« En France, on a toujours eu l’habitude d’avoir une énergie abondante, pas chère, disponible tout le temps et de manière sûre, explique l'expert Bpifrance. Aujourd’hui on veut la même chose, mais décarbonée, ce qui rend l’équation compliquée à résoudre. Afin d'atteindre cet objectif, l’Etat a renouveler la PPE dans le but d’accélérer sa transition énergétique et mieux faire face au changement climatique ».
Également appelé « loi de transition énergétique », le Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PEE) créé en 2015, définit le cap permettant à la France d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Toutes les filières énergétiques sont mises à contribution pour définir le mix énergétique français de demain. Ainsi, en 2028 :

  • la consommation primaire de charbon devrait diminuer de 80 % par rapport à 2012 pour atteindre 28 TWh via la sortie du charbon comme moyen de production d’énergie. Les consommations restantes concerneront très majoritairement le secteur de la sidérurgie pour lequel il n’existe pas encore de méthodes opérationnelles pour substituer massivement le charbon ;
  • l'utilisation des produits pétroliers devrait diminuer de 34 % par rapport à 2012 pour atteindre 569 TWh ;
  • le gaz naturel devrait diminuer de 22 % par rapport à 2012 pour atteindre 345 TWh PCI.

« Le seul problème en ce moment, c’est qu’avec la crise de COVID-19, les prix du gaz et du pétrole n’ont jamais été aussi bas, ce qui n’encourage pas les gens à poursuivre leurs engagements ou à se lancer, car le « signal prix » n’est pas du tout là ! » déplore Aurélien Hüe.
Pourtant l’expert Bpifrance reste très optimiste sur l’évolution du secteur. « Il y a 13 ans, quand j’ai commencé à travailler dans le secteur de la transition énergétique, c’était un secteur « gadget », histoire de se donner bonne conscience. Mais en 2020, on voit que c’est devenu quelque chose de sérieux, et surtout un secteur attractif, qui fonctionne ».

*Chiffres issus du Baromètre des levées de fonds CleanTech en France

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