Vegetal Signals : quand la deeptech met les neurosciences au service de l'agriculture

En émettant des signaux électriques, les plantes indiquent leur état de santé. Avec Vegetal Signals, Fabian Le Bourdiec a eu l'idée d'utiliser le phénomène pour concevoir des outils de précision et accélérer la transition agricole.

Sur le campus Talence de l'université de Bordeaux, Fabian Le Bourdiec a posé un prototype de son innovation deeptech sur son bureau. En 2016, cet ingénieur de Centrale Lille repère les bénéfices de certaines plantes qui émettent des signaux électriques et permettent de constater leur stress hydrique. Il décide de créer Vegetal Signals pour mettre les neurosciences au service de l’agriculture en développant des capteurs numériques qui interprètent l’activité électrophysiologique des plantes et extraient des informations utiles à l’agriculture (diagnostic, suivi en temps réel des besoins des cultures).  

Une innovation pour combattre la “maladie de la vigne”  

De quoi, par exemple, réaliser des économies d'eau de l'ordre de 25 % en conditions expérimentales. Grâce à ses premiers résultats encourageants, la startup accompagnée par Unitec a conquis le géant Véolia, qui a financé une série de prototypes supplémentaires en juillet 2018. Elle a également reçu un prêt Bpifrance et une subvention de la part de la région Nouvelle-Aquitaine. « Nous avons également des financements du projet européen DIVA, visant le développement de nouvelles filières digitech, relayé par le pôle Agri Sud-Ouest Innovation », relève l'entrepreneur. 

Vegetal Signals enchaîne également les concours - et les succès, en France et à l'international, notamment en Afrique du Sud, dans la wine. « Le taux de sucre dans le raisin est un indicateur clé. Il peut prédire la teneur en alcool du prochain vin et la date des vendanges. En 2019, Vegetal Signals se rapproche de Vivelys, une société française spécialisée dans l’œnologie de précision, pour mettre au point de nouvelles applications de sa technologie. Autre piste explorée, la détection du mildiou, la “maladie de la vigne”. Huit châteaux bordelais participent à une expérimentation, dont le but est d'évaluer l'attaque de la maladie en quelques heures, pour un traitement rapide et moins gourmand en pesticides.

Vegetal Signals prépare une levée de fonds de 1,2 million d’euros  

Vegetal Signals s'intéresse également au blé et au maïs avec Antedis, leader de l'expérimentation agronomique en plein champ. 
« Avant, la sélection se faisait en fonction du rendement. Nous parions sur la robustesse, élément essentiel face au changement climatique », précise Fabian Le Bourdiec. Une fois la phase expérimentale terminée, la deeptech entend bien passer à l'industrialisation de son outil, en le proposant aux grands acteurs agricoles.  

Vegetal Signals, qui n'a qu'un concurrent au monde, le Suisse PhytlSigns, a déjà recruté six personnes en CDI et se prépare, en 2020, à lever des fonds. « Nous aurions besoin de 1,2 million d'euros, précise Fabian Le Bourdiec, pour passer du stade expérimental à la commercialisation. Nous sommes l'une des startups participant au programme VitiREV de la Région Nouvelle-Aquitaine et à ce titre, nous pouvons bénéficier d'une prise de participation de la Banque des Territoires ». Un investissement pour accélérer la transition agricole. 

Du 9 au 13 mars prochain, ne manquez pas la Deep Tech Week : une semaine pour accélérer le développement des solutions technologiques émergentes.

 

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