Women Equity soutient les femmes dirigeantes

Gouvernance féminisée et performance économique des entreprises semblent liées. Le point avec Dunya Bouhacene, Présidente de Women Equity Partners, initiative dédiée au support des PME de croissance dirigées par des femmes.

L’intégration des femmes au sein des comités de direction des entreprises françaises est un des enjeux de mixité et de parité actuels majeurs du monde professionnel. Si les progrès en matière d’égalité homme-femme sont notables, il reste encore du chemin à parcourir avant de briser le plafond de verre et d’instaurer une réelle équité.

Women Equity : le portail européen pour la parité de genre

« Les PME dirigées par des femmes affichent des caractéristiques de surperformance avec une rentabilité en moyenne supérieure de 1,5 à 3,1 % selon les secteurs à celle des PME dirigées exclusivement par des hommes ». Un constat fort souligné par la présidente de Women Equity Partners. Cofondé en 2009 par Dunya Bouhacene et Grégoire Revenu, il s’agit de la première initiative, à l’échelle européenne, consacrée aux PME de croissance dirigées ou codirigées par des femmes en Europe. « Les femmes excellent malgré de nombreuses contraintes de visibilité, de reconnaissance, de faible intégration dans les réseaux d’affaires traditionnels et de financement en capital », confie Dunya Bouhacene à propos des difficultés rencontrées par les femmes au cours de leurs carrières.

Women Equity a pour mission d'accompagner financièrement et opérationnellement les entreprises gouvernées par des femmes ainsi que d’accroître leur visibilité et d’élargir leur réseau d’affaires. Concentré sur les sociétés en phase de développement et dont le CA est supérieur à 5 millions d’euros, le programme fait office de conseiller en stratégie et évalue la solidité du positionnement, les ambitions et la qualité managériale des équipes. Il concourt ainsi à l’émergence de champions régionaux, nationaux, et internationaux.

Les femmes, vecteurs de croissance et de performance

A mesure qu'augmente le nombre de femmes à la gouvernance d’une entreprise, leurs chances de succès se multiplient. Dunya Bouhacene trouve une explication à cela dans le niveau de diplôme généralement plus élevé chez les femmes. « Il s’agit fréquemment de profils exceptionnels issus de la méritocratie républicaine et dotés d’une grande vélocité intellectuelle. Elles disposent d’une très fine connaissance de leur secteur d’activité après 15 à 20 ans d’expérience professionnelle ».

Une étude de McKinsey publiée en 2013 montrait déjà qu'une gouvernance mixte au sein d’une entreprise a un résultat opérationnel de 48 % supérieur à celles qui ont une gouvernance 100 % masculine. Si les femmes ont largement prouvé leur valeur au sein des entreprises, « les dirigeantes de PME ont à déconstruire de nombreux biais pour se positionner, dans un horizon encore très genré ».

Daudin : une réussite féminine française classé au Palmares Women Equity

Chaque année depuis dix ans, le Palmarès Women Equity salue une cinquantaine d’entreprises aux performances remarquables et dirigées par des femmes. La sélection est effectuée sur un panel de près de 40 000 PME et ETI françaises, dont le chiffre d’affaires s’échelonne entre 4 et 150 millions d’euros. On retrouve parmi les lauréates Sylvie Langlois, Directrice générale d’Entoria, Cécile Mul, Présidente directrice du groupe Mul ou encore Céline Wisselink & Marie-Anne Teissier, cofondatrices de Verona (Neoness). L’entreprise Daudin, présidée par Stéphanie Jagu, fait partie de ces tops performers.

Créée en 1833 et reprise par la famille Jagu en 2008, cette entreprise française spécialisée dans la fabrication de bases de vie de chantier et de remorques pour professionnels s’est considérablement développée depuis la prise de fonction de sa présidente. Avec une croissance de 30 % annuelle, un chiffre d’affaires de 13,5 millions d’euros en 2020 et un effectif passé de 9 à 56 salariés en 12 ans, elle illustre la réussite d’une gouvernance féminine. Désormais, Daudin a pour objectif, d’ici 2024, d’atteindre 20 millions d’euros de chiffre d’affaires et un effectif de 80 salariés.

Au vu de leur performance, les PME ont donc intérêt à intégrer davantage de femmes dans leurs comités de direction. Cependant, « la création de poste reste la principale voie d’accès aux fonctions de direction pour les femmes », souligne Dunya Bouhacene.

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