Ampli : ces personnalités qui ont fait 2019

Azad Bapir [French Tess] souhaite « construire des ponts entre la banlieue et Paris »

Co-fondée par Azad Bapir en 2018, la startup associative French Tess cherche à rendre plus inclusif, pour les habitants des Quartiers Prioritaires de la Ville, l'écosystème numérique et la tech française. Focus sur l’une des personnalités qui a fait 2019.  

Démystifier l’univers de la tech. Telle est l’ambition de French Tess, la startup associative créée en 2018 par Azad Bapir. Pour cela, les bénévoles de l’association réalisent, sur leur temps libre, des actions pour « donner l’opportunité aux jeunes des quartiers de se former, d’intégrer cet écosystème, et créer des startups. »  

Amener la Startup Nation jusque dans les quartiers 

A l’origine de cette initiative, il y a une prise de conscience d’Azad Bapir. « Quand j’ai découvert l’écosystème parisien, je me suis dit : mais pourquoi je ne rencontre personne qui me ressemble ». Il faut dire qu’avec 90 % d’hommes, dont 71 % issus d’une Grande Ecole, l’écosystème de la tech n’est pas représentatif de la diversité française. Azad en est persuadé : « il faut aller au-delà du périphérique, et en régions, car les talents ne sont pas qu’à Paris ».  

Pour faire émerger les talents des banlieues, le patron de French Tess ne manque pas d’idées. « Nous organisons des masterclass dans le RER et invitons des entrepreneurs à venir y raconter leur expérience, ce qui a marché, leurs freins et leurs échecs, le tout de de Gare du Nord à Charles de Gaulle ». Tous les évènements organisés par l’association sont gratuits pour plus d’accessibilité. Enfin, pour remédier au problème d’auto-censure et de manque de confiance en soi des jeunes des quartiers, French Tess fait régulièrement la promotion des role models issus des banlieues sur ses réseaux sociaux. « On a un ADN de débrouillard », explique le dirigeant de l’association.  

Inclusion au cœur du projet  

Mais attention, avec French Tess, Azad Bapir ne souhaite pas reconstruire un écosystème startup de “l’autre côté du périph’”. « Ce que je veux, c’est construire des ponts entre la banlieue et Paris ». Pour cela, il travaille avec différents acteurs parisiens de la Tech comme l’école 42 (l’école de code fondée par Xavier Niel) , qui l’aide à former des jeunes des quartiers populaires, ou encore La French Tech et Station F pour accompagner les jeunes de l’association dans la création de startup. « Ce qui est satisfaisant, c’est de voir qu’il y a des acteurs qui nous entendent, nous comprennent, et avec qui l’on peut développer des projets ».  

Et des projets, French Tess n’en manque pas. Un centre de formation à la tech et à la création d’entreprise dédié aux jeunes des quartiers populaires devrait bientôt voir le jour à Bobigny. Quant à Azad Bapir, il rêve également de créer la première école de code en Seine Saint-Denis. 

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