Bpifrance, partenaire du sport collectif français

Les 5 clés pour gérer l'après Covid-19 pour un club

Pour les entreprises comme pour les clubs sportifs, c’est l’heure de reprendre du service et de préparer la saison à venir. Autour de conseils et de plusieurs lignes directrices fortes, les membres du réseau Bpifrance vous livrent 5 clés pour repartir du bon pied. Idéal pour se relever tout en se révélant…

1- ÊTRE OPTIMISTE !

C’est l’une des valeurs clés et fondatrices de Bpifrance : l’optimisme et l’envie d’aller vers l’avant, à la conquête des géants. “Nous sommes dans une période avec de l’incertitude. Les collaborateurs, les salariés, les joueurs vont avoir besoin d’optimisme, au quotidien. C’est à nous, dirigeant, d’incarner cette volonté d’aller de l’avant », assure Thierry Parienty, président des Boxers de Bordeaux. Un optimisme contagieux comme moteur d’un état d’esprit résolument positif, c’est aussi le conseil de Sabine Guillen, présidente du Fleury Loiret-Handball : « Il est temps de donner espoir. Plus que jamais, le sport doit être cet élément qui donne envie de se retrouver, de partager ensemble ces émotions qui nous ont tant manquées ces derniers temps ». Être un leader inspirant, capitaine de navire avec sourire et détermination, « de nature à redonner de la ‘niaque’ et de l'optimisme à la population, appuie Patrice Bégay, directeur exécutif de Bpifrance. Le sport est un lien social inaltérable, qui engendre de l'émotion. Le spectacle sportif sera d'ailleurs une excellente thérapie pour sortir de cette terrible crise. Je suis également convaincu que le sport amateur a aussi énormément à apporter au monde professionnel. On s'en rendra vraiment compte au moment du déconfinement où le monde associatif et notamment sportif va jouer un grand rôle pour notre pays ».

2- SOUTENIR SES PARTENAIRES

Dans le monde du sport, le soutien des entreprises est aussi puissant que vital. Le mécénat comme le sponsoring, et les différentes actions de la sphère économique, permettent aux disciplines sportives et aux clubs de pouvoir exister, grandir et construire leurs plus beaux rêves. L’arrivée du Covid-19 change toutefois la donne. « C’est clairement le moment d’inverser les rôles", lance Sabine Guillen qui a soutenu ses partenaires. “Nos premières actions ont été de leur proposer des initiatives pour les mettre en avant et faire connaître leur offre. Un restaurant qui propose un service à domicile, une entreprise qui dispose d’une offre exceptionnelle… On en parle, à nos supporters, aux gens qui nous suivent. Notre soutien est la première des réponses ». Le monde du sport est le plus avisé pour connaître ces notions d’entraide, de collectif, d’équipe. Et toutes les initiatives d’accompagnement font mouche. « Nous avons proposé à nos partenaires de pouvoir échanger leurs bonnes pratiques en cette période si particulière", rapporte Pascal Lahousse, président du Tourcoing Lille Métropole Volley-ball. "Et même si certaines sociétés ne venaient pas du même secteur et n’avaient initialement pas les mêmes problématiques, ces échanges ont permis de donner des idées et de l’envie. Au-delà des habituelles actions d’image que l’on trouve dans les relations de sponsoring, il me semble important de pouvoir s’adapter à la situation en proposant des choses pertinentes, nouvelles et pratiques à nos partenaires ».

3- PENSER AU PGE

Bpifrance a très vite réagi au moment du Covid-19 avec la possibilité de souscrire à un Prêt Garanti par l’État (PGE). Toutes les entreprises ayant un chiffre d’affaires inférieur à 1,5 milliard d’euros sont en capacité d’y faire appel. “A cet égard, je salue le travail important mené par les équipes bancaires, les experts comptables, les Régions et les élus locaux qui vont permettre de repartir ensemble encore plus fort. L'union fait la force », affirme Patrice Bégay. Une solution pour consolider une trésorerie qui pourrait en avoir besoin et pour préparer la saison à venir. « La difficulté, c’est de réussir à construire un avenir avec un lot d’incertitudes, à bien des niveaux, explique Thierry Parienty. Ces incertitudes impactent l’ensemble de nos décisions présentes et à venir. Notre rôle, c’est de pouvoir les « polisser », pour réduire leurs possibles effets ».

4- PROPOSER DES FACILITÉS DE PAIEMENT

L’autre grande mesure économique à la disposition des clubs, c’est de pouvoir mettre en place un étalement du paiement des partenariats de sponsoring. Pour cela, chaque dirigeant peut laisser libre cours à son imagination pour répondre aux besoins de ses entreprises partenaires. Patrice Bégay soumet quelques propositions : « Par exemple, pour les renouvellements à 100 % de l'année précédente, ce serait, de la part du club, un étalement sur 12 mois. Pour les renouvellements à 80 % de l'année précédente, un étalement sur neuf mois ; pour ceux à 60 % sur six mois et enfin, pour des renouvellements à 50 %, un étalement sur trois mois. Dans ce cas de figure, les clubs et leurs partenaires bancaires pourraient renforcer leurs liens en trouvant des solutions communes ». Franck Isaac-Sibille (Vice-Président du LOU, Rugby) prend le relais et confirme qu’il s’agit d’une action clé : « C’est quelque chose que nous avions déjà mis en place pour certains de nos partenaires donc nous savons faire. Mais il faut être d’autant plus intelligent face à la situation car ces facilités de paiement, ces échelonnements, pourraient concerner plus d’entreprise dans les temps à venir. Et il faudrait même peut-être aller plus loin en imaginant la création d’un PGE Sport, un prêt garanti par l’État pour les entreprises qui souhaitent poursuivre leur partenariat dans le monde du sport. Une sorte de crédit à la communication dans le sport, pour soutenir les acteurs qui veulent poursuivre leur engagement ».

5- GÉRER DES SPORTIFS ÉTRANGERS

En France, la majorité des clubs, professionnels comme amateurs, doit anticiper la question des sportifs étrangers. Beaucoup d’entre eux ont regagné leur pays d’origine au moment du confinement, afin de retrouver leurs proches. Leur retour en France devient donc une problématique, les conditions sanitaires de certains pays étant plus drastiques que d’autres. Tous les acteurs du réseau Bpifrance Excellence soulèvent d’une voix commune ce point et en font l’une des clés organisationnelles, à ne surtout pas négliger. A commencer par Thierry Parienty, aux commandes des Boxers de Bordeaux : « La question des joueurs étrangers est centrale pour beaucoup de clubs. Ça va même être l’une de nos principales difficultés car il y a une vraie gestion à gérer, à prévoir pour que tout se passe vite et bien pour nos joueurs concernés ». Plusieurs groupes de clubs ont même déjà entrepris des démarches pour solliciter et alerter le gouvernement sur cette problématique. C’est le cas des clubs de volley et du président du TLM, Pascal Lahousse : « Nous avons transmis une liste de mesures au gouvernement qui nous paraissent importantes à prendre en compte pour aider les clubs à poursuivre leur projet, et pour certains à pouvoir continuer d’exister tout simplement. Et nous avons également sollicité le Ministère des Sports pour accélérer la procédure de nos joueurs étrangers. Certains pays ont pris des mesures parfois très importantes vis-à-vis du coronavirus et cela engendre des délais importants pour un retour en France. L’aide de l’État, sur ce point, est essentielle ».

Un dernier conseil ?

Thierry Parienty (Boxers de Bordeaux)
« Nous, acteurs du sport, allons être là pour redonner envie. Après cette période, les gens vont clairement être à la recherche du plaisir. Alors oui, ce ne sera pas tout de suite le même plaisir qu’avant, pas totalement, parce que le contexte a changé et que nous devons nous adapter. Mais nous avons la possibilité de continuer nos histoires, nos projets, notre politique de club. Il ne faut pas dire que tout va mal, ce n’est pas vrai. Il y a toujours du positif, dans chaque situation. A chacun de le trouver »

Sabine Guillen (Fleury Loiret-Handball)
« Nous avons une nouvelle vie à construire, à inventer. Mais je suis persuadée qu’à travers le sport, nous avons la possibilité de proposer le meilleur médicament après Covid. En donnant le goût de se voir, de vibrer, de se retrouver pour faire la fête. Notre priorité est de penser à la santé, des joueurs, des staff, des spectateurs, des bénévoles. Avec cette nouvelle façon de penser le sport, je suis certaine que nous réussirons à faire de très belles choses ».

Pascal Lahousse (TLM, volley)
« L’essentiel des actions que nous allons mener servira à dynamiser notre développement et palier au risque de perte de contributions des sponsors. Nous avons une commission spécifiquement dédiée à cela, renforcée par deux chefs d’entreprise retraités, venus pour nous aider. Nous allons devoir donner d’autres raisons de nous rester fidèle, au-delà de l’image et du sponsoring simple. A nous d’être inventif et à l’écoute des besoins ».
 
Franck Isaac-Sibille (LOU Rugby)
« Ce confinement nous a permis de remettre les pieds dans le sol, de remettre du sens à tout ce que nous faisons. En remplaçant le lien habituel avec nos supporters par un lien digital, et ainsi leur proposer de se replonger dans l’histoire du LOU. Rapprocher la partie amateure du secteur professionnel, deux parties d’un même corps. C’est ensemble que l’on trouvera toutes les solutions, j’en suis convaincu. Club, joueur, supporter, entreprise, pouvoir public. Il y a tout un monde à construire, à réinventer ».

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