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Agricool : relever le défi d’une ferme urbaine rentable et écologique

La ferme urbaine la plus avancée technologiquement vient d’ouvrir ses portes à La Courneuve. On vous embarque à la découverte de ce projet lancé par la startup Agricool, accompagnée par Bpifrance depuis 2018. Reportage.

Dix conteneurs blancs sont disposés au pied d'un immeuble en cours de démolition. En plein cœur d’un quartier en rénovation de La Courneuve, en Seine-Saint Denis (93), ces dix blocs horizontaux symbolisent l’avenir de l’agriculture urbaine. La startup Agricool a fait de ces grandes caisses métalliques une ferme urbaine où fraises, persil, basilic, coriandre et pousses de salade sont cultivées selon un procédé écoresponsable et technologique.

Une ferme urbaine pour servir l’avenir

À l’intérieur des conteneurs se trouve un décor proche de celui d’une station spatiale. De chaque côté du couloir principal, ils renferment des allées de fraises, salades et herbes aromatiques. Ces produits y poussent dans des conditions idéales, sans pesticides, grâce à des énergies renouvelables et en consommant 90 % moins d’eau que l’agriculture standard. « D’ici avril, la ferme pourra produire 1 000 barquettes de fraises et 5 000 d’herbes aromatiques et pousses de salade par semaine », assure Guillaume Fourdinier, co-fondateur d’Agricool.

Cette ferme urbaine a pu voir le jour le 11 février 2019 grâce à une levée de fonds de 25 millions d’euros, fin 2018. « Bpifrance nous a apporté bien plus que du financement, mais un réel accompagnement », précise le CEO. Deux représentants de la banque publique d’investissement sont entrés au conseil d’administration de l’entreprise. « L’un s’occupe de la partie financière, tandis que le deuxième, au profil industriel, nous aide pour améliorer l’efficacité de notre production ».

La jeune pousse a aussi fait appel au Hub pour des études et analyses de sujets complexes : « On peut compter sur Bpifrance pour nous donner des coups de main sur pas mal de sujets », affirme Guillaume.

Bpifrance finance et accompagne au quotidien Agricool :

Info

  • pour prouver, ensemble, que des alternatives à l’agriculture moderne peuvent être rentables d’un point de vue écologique et économique.
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« Ici on ne ramène pas sa fraise, on les fait pousser »

À l’entrée de l’impasse où se trouve la ferme, un panneau sur des grilles de chantier indique la zone agricole : « Ici on ne ramène pas sa fraise, on les fait pousser ». Pour réussir cet exploit en plein mois de février au milieu des immeubles, Agricool s’appuie sur quatre années de R&D. Toutes les technologies utilisées ont été fabriquées sur mesure, par les ingénieurs de la startup. « Sur 85 employés, environ une cinquantaine sont en charge de développer la partie recherche et développement ».

En ouvrant la porte d’un conteneur agricole, des LED violettes reproduisent la lumière du Soleil. Les cultures positionnées à la verticale profitent de technologies qui analysent en continu les besoins de chaque plant. L’eau qui n’est pas absorbée est réinjectée, grâce à un système de circuit fermé.

Les deux co-fondateurs, qui ont débuté par « un conteneur dans la cour de la ferme des parents de Gonzague (deuxième co-fondateur, ndlr) », veulent prouver d’ici la fin de l’année, que l’entreprise menée jusqu’à présent est viable et rentable. « En décembre je veux être capable de publier une analyse écologique et économique transparente de notre modèle », affirme Guillaume Fourdinier, déterminé.

Contribuer à l’économie circulaire

Les produits emballés sur place sont ensuite livrés dans différents points de vente. « On compte livrer cette année une vingtaine de magasins dans Paris ». Seule contrainte, ils doivent se trouver à moins de 15km de la ferme.

Au-delà de l’aspect environnemental, Agricool souhaite s’inscrire dans une démarche sociale. « Nous sommes en lien avec la Maison de l’emploi de La Courneuve ».
Grâce à la technologie mise au point, aucune qualification n’est nécessaire pour travailler dans la ferme urbaine. « Nos cinq cultivateurs viennent d’horizons différents comme le milieu du cinéma ou encore de l’associatif ». Cultivateurs, livreurs et autres employés ont tous un contrat à durée indéterminée. « On est content d’avoir une entreprise où les gens se sentent bien ».

Guillaume Fourdinier et Agricool pensent déjà à l’avenir « mais chaque chose en son temps. On veut déjà remplir nos objectifs de l’année », déclare l’entrepreneur écolo qui espère que d’ici 2030, 30 % de la consommation des fruits et légumes en ville seront produits sur place.

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