Demain : comment vivre et vieillir en bonne santé

TheraPanacea transforme les maths et l'intelligence artificielle en armes anti-cancer

La start-up parisienne a mis au point un logiciel capable de diviser par 20 le temps de préparation d'une radiothérapie. Cette formidable accélération doit permettre d'améliorer la qualité et l'accès aux soins pour tous les malades du cancer.

TheraPanacea réinvente le traitement du cancer par radiothérapie. Créer en 2017, cette pépite de la medtech française a pour ambition d’améliorer la qualité et l'accès aux soins de pointe pour les malades, un des enjeux majeurs de demain. En effet, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 18 millions nouveaux cas de cancer sont détectés chaque année.

« Nous voulons devenir des leaders d'innovation en matière de radiothérapie »

« Confronté à plusieurs cas de cancer dans mon entourage, je me suis rendu compte qu'il existait des approches encore très « artisanales » en radiothérapie et que les mathématiques pouvaient apporter de la valeur ajoutée », relate Nikos Paragios, cofondateur et CEO de TheraPanacea. Fort de son intuition, le chercheur en mathématiques et professeur à CentraleSupélec mobilise l'université Paris Saclay, l'Inria (Institut national de recherche dédié aux sciences du numérique) et l'institut Gustave Roussy pour créer sa start-up.
Très vite, l'équipe de TheraPanacea se met au travail. Elle recueille des dizaines de milliers de données patients atteints de cancer, noue des partenariats, et crée un laboratoire de recherche. Quelques mois plus tard, l'objectif est atteint avec la mise au point du logiciel ART-Plan.
Une technologique qui trouve rapidement preneur et conforte Nikos Paragios dans ses ambitions. « Nous voulons devenir leaders sur l'innovation en matière de radiothérapie », précise-t-il. Depuis la fin de l'année 2019, une dizaine de centres français, monégasques et allemands l'ont d'ailleurs adoptée.

Des algorithmes capables de contourer les organes et tissus à épargner

ART-Plan répond à trois objectifs : standardiser le protocole de radiothérapie, améliorer la qualité du soin en réduisant les effets secondaires, et améliorer l'accès aux soins. Concrètement, le logiciel automatise une partie du travail (la plus chronophage) des spécialistes, en amont de la séance de radiothérapie. Ses algorithmes peuvent contourner de manière ultra-précise tous les organes et tissus à épargner. « Ce travail de planification nécessite habituellement 4 à 12 heures de travail par patient. Des études montrent que notre logiciel permet de diviser ce temps par 20 », détaille Nikos Paragios. Le jour de la séance de radiothérapie, ArtPlan réduirait aussi considérablement le temps de préparation, toujours sous le contrôle et la validation d'un médecin.
« Notre logiciel permet ainsi de réaliser plus de séances sur un même laps de temps et ceci dans n'importe quel centre disposant d'un accélérateur linéaire de particule, ajoute ajoute le mathématicien avant de rappeler : On ne compte que 6,7 machines pour 1 million d'habitants, contre près de 12 en Suisse ou en Suède ». Dernier avantage, l'automatisation permet également de diminuer les coûts. Un argument non négligeable auprès des institutions.

Europe, Chine, Etats-Unis : un plan commercial international

Exemple de synergie réussie entre monde universitaire, hôpitaux et écosystème start-up, la pépite a obtenu en 2019 un financement européen de 2,5 millions d’euros dans le cadre du programme Horizon 2020 SME Instrument. Lauréate de nombreux prix, la société a également remporté l'année de sa création le concours d’innovation numérique et le concours i-Lab de Bpifrance.
D'ici à la fin 2020, TheraPanacea espère proposer une suite logicielle complète capable de réaliser tout un plan de traitement. En parallèle, la start-up projette d'internationaliser son plan commercial, en commençant par l'Europe dès 2020, puis en prospectant en Chine et aux Etats-Unis en 2021-2022.

TheraPanacea

  • Année de création : 2017
  • Localisation : incubateur Paris Biotech Santé, Hôpital Cochin, Paris
  • Effectif : 20
  • Partenaires : CentraleSupélec, Institut Gustave Roussy, Institut du cancer de Montpellier (ICM), Centre Léon Bérard de Lyon, hôpital de la Pitié-Salpêtrière (à venir)

 

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