Le plus beau stage du monde

#PlusBeauStage : culture et économie du hammam au Maroc

Considérée comme l’une des cultures de bains les plus anciennes du monde, le hammam puise ses origines dans un mélange entre la culture romaine et turque. Introduit au Maroc durant le 12e siècle, cette pratique bénéficie encore aujourd’hui d’une grande popularité. Un focus sur une économie qui se renouvelle, signé par notre duo de stagiaires.

Pour des coûts débutants dès 5 dirhams pour les lieux les plus simples jusqu’à des sommes très variables (compter environ 100 dirham pour un service complet dans un hammam privé), ces établissements sont sans conteste des facteurs clés de l’économie du Maroc puisqu’ils sont actifs depuis longtemps et cela une fréquence soutenue.
Mais s’ils génèrent des revenus, leurs activités consomment une grande quantité de biomasse et d’eau, participant ainsi au rejet de gaz à effets de serre et eaux usagées. On estime à environ 1,5 tonne de bois et 125 m3 d’eau la consommation journalière d’un hammam traditionnel en ressources. Ainsi, chaque année, les 10 000 hammams marocains consument près de 3 millions de tonnes de bois afin d’être opérationnels.

Concilier tradition et respect de l’environnement

L’importance des hammams dans la vie des Marocains a donc non seulement une conséquence économique mais aussi environnementale avec la génération d’une empreinte carbone de près de 4 millions de tonnes de CO2 par an sur un total de 60 millions environ, sans compter que près de 70 % de l’énergie créée par la combustion du bois est perdue.

C’est dans un tel contexte qu’émerge, depuis quelques années, le concept d’éco-hammam, notamment dans la ville de Dar-Bouazza mais également sur d’autres villes telles que Marrakech avec le programme « Hammams durables » lancé en 2013. Il s’agit donc d’une innovation pour optimiser la transition énergétique en alliant tradition et durabilité. Une façon de faire perdurer des pratiques culturelles ancestrales en se réinventant et cherchant des solutions aux problématiques environnementales actuelles.

Ces transformations interviennent alors même que le tourisme du bien-être progresse de 10 % par an et affiche une croissance supérieure de 50 % au taux de croissance des autres formes de tourisme. En 2014, le chiffre d’affaires généré par les activités de bien-être (spa, hammam,...), était évalué à 253 millions de dollars. Aujourd’hui, le Maroc a pour objectif d'atteindre 20 millions de touristes par an à l'horizon 2020 contre 10 millions en 2014.

PARTAGEZ CE DOSSIER