Ecofrugal, la startup des ateliers citoyens en entreprise

Le 16 septembre, Bpifrance lance la deuxième saison des ateliers Ecofrugal en région. En 2018-2019, c’était plus de 70 collaborateurs à travers 6 groupes qui s’étaient engagés dans la démarche sur les sites de Maisons Alfort, Haussmann et Drouot.

Aujourd’hui, nous interviewons Philippe Lévêque, le fondateur d’Ecofrugal.

Qu’est-ce que l’Ecofrugalité ? Qu’est-ce qu’une entreprise écofrugale ?

L’écofrugalité, c’est partir du principe qu’on peut faire plus avec moins : plus de qualité de vie, plus de bien-être, plus de confort avec moins de ressources et moins de pollution.

L’écofrugalité est plus une démarche qu’une destination. La philosophie d’Ecofrugal est de montrer aux personnes ce que le développement durable va leur apporter, plutôt que de leur parler de contrainte.

Une entreprise écofrugale cherche à réduire son impact environnemental, à améliorer le bien-être de ses collaborateurs, et à améliorer son utilité sociétale.

Pouvez-vous nous expliquer le concept de ces ateliers ?

Nous pensons que chacun est déjà porteur de solutions pour réduire son impact environnemental. C’est en partageant ses solutions avec d’autres collaborateurs que les bonnes pratiques se diffusent. Selon moi, il existe une véritable puissance de la recommandation en présentiel puisque les conseils donnés sont désintéressés, bienveillants et personnalisés.

Concrètement, chaque collaborateur volontaire forme une équipe entre 8 et 12 personnes, qui se réunira 5 fois autour de thématiques différentes à chaque fois sur une période de trois à huit mois. C’est l’occasion de passer en revue tous les grands sujets de l’entreprise : mobilité, consommation, bien-être au travail… et de partager ses solutions, ses bonnes pratiques, tout en faisant remonter des pistes d’actions à la direction.

Nous proposons un kit d’animation qui permet de donner un fil conducteur à l’atelier, et de proposer des sujets et des idées sur lesquels les collaborateurs n’ont pas nécessairement l’habitude de s’exprimer. L’atelier est à la fois un lieu d’essaimage pour les collaborateurs et aussi une boîte à idées pour la direction.

Qu’est-ce qui t’a poussé à monter cette entreprise ?

C’est la conviction qu’aujourd’hui il existe des savoirs utiles et des expériences bénéfiques pour le développement durable, portés par toutes et tous qui ne sont pas utilisées par l’entreprise. J’ai aussi eu envie d’accélérer la transition environnementale.

Ces ateliers font-ils changer les gens ?

Ces ateliers permettent aux gens d’assumer plus facilement leur engagement pour le développement durable. Cela leur donne confiance et leur permet de se rendre compte qu’ils ne sont pas seuls. Les ateliers leur donnent envie d’initier de nouvelles actions écoresponsables au travail et chez eux.

Constatez-vous des améliorations dans les entreprises qui ont mis en place ces ateliers ?

Il est très satisfaisant pour la direction de pouvoir identifier des relais sur lesquels s’appuyer en interne pour mettre en place des actions : améliorer les consignes de tri, favoriser l’utilisation d’objets réutilisables, améliorer le plan de déplacement d’entreprise, créer des espaces numériques de partage et d’échange des bonnes pratiques (Yammer, Facebook@Work).

Cela crée une dynamique qui se prolonge au-delà des ateliers. Les collaborateurs s’impliquent plus et deviennent force de proposition. C’est un cercle vertueux puisqu’on rentre dans une démarche d’amélioration continue.

Pensez-vous que ces ateliers révolutionnent la formation ?

Tout à fait ! Il n’y a plus de formateur, car chacun est maître de l’information et les collaborateurs s’auto-forment en toute responsabilité. Cela permet de rendre les ateliers plus accessibles économiquement, tout en les dupliquant à grande échelle. Il n’y a donc plus de contrainte de temps, d’espace, ni d’organisation.

Cette approche du changement ascendante permet de lever les objections traditionnelles par exemple « c’est réservé aux initiés », « il faut être un expert ». Nous sommes tous porteurs de solutions, donc tous potentiellement formateurs.

Comment appliquez-vous l’Ecofrugalité à vous-même et à votre entreprise ?

Au quotidien je pratique la chasse au gâchis d’eau, d’énergie, de matière première, équipements, de nourriture. Je privilégie systématiquement donc l’achat d’occasion, la réparation et la récup. Je me déplace exclusivement à vélo à Paris, et j’optimise ma consommation d’eau et d’énergie à la maison. Je fais la chasse aux objets jetables : j’utilise gourde, tasse, savon plutôt que gel douche, produits naturels, et le moins transformés possible.

Pour mon entreprise, l’approche est similaire, ce qui nous permet de réduire nos coûts de fonctionnement et d’accroître nos fonds propres tout en améliorant notre impact environnemental.

Dans nos nouveaux locaux, nous sommes intégralement équipés sur le site Label Emmaüs, ce qui est écologique, économique et solidaire. Nous sommes très attentifs aussi au choix de nos fournisseurs et privilégions les circuits courts.

Quels sont selon toi les priorités à mettre en œuvre pour les entreprises dans les 5 prochaines années ?

Au-delà de leur bilan carbone qu’elles doivent connaître et de la nécessité de réduire leurs émissions, elles doivent repenser leur offre de produits et de services pour être des acteurs de la transition. Déterminer et connaître dans ce contexte sa raison d’être est alors essentiel.

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