Entrepreneur.e.s, communiquez sur votre démarche RSE !

Beaucoup d’entrepreneur.e.s n’osent pas communiquer sur leur démarche RSE de peur de mettre en avant des pratiques qu’ils jugent encore incomplètes. Pourtant, c’est un aspect absolument essentiel de la construction d’une démarche RSE. Timothée Elkihel, consultant chez GreenFlex en accompagnement RSE pour les startups, est convaincu que la contribution des petites et moyennes entreprises à la transition écologique et sociale est très importante.

En charge du programme Entreprises de Demain en partenariat avec Bpifrance, il nous fait part de son analyse.

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Communiquer sur sa démarche RSE, n’est-ce pas tomber dans le Green Washing ?

Jusqu’en 2010, beaucoup de grandes entreprises avaient recours à de mauvaises pratiques de communication qui les ont faites basculer dans le green washing. Pour communiquer avec sincérité, il existe plusieurs prérequis :

  • Discerner correctement les enjeux prioritaires liés à son activité et à son secteur pour de la cohérence et de la pertinence.
  • Structurer une vraie stratégie de développement durable, constituée d’une vision, d’engagements associés, et d’objectifs pilotables grâce à des indicateurs.

T&B Vergers est une entreprise familiale créée en 1995 productrice de pommes et de poires. Implantée dans les Hauts-de-France, elle cultive et conditionne les fruits pour les vendre à des réseaux de distribution. En participant au programme Entreprises de Demain, T&B Vergers a pu profiter de témoignages inspirants de la part d’autres entreprises, et confronter son point de vue. Selon Manon Laby, chargée de mission RSE chez T&B Vergers, de fortes valeurs corporatives sont nécessaires mais non suffisantes. C’est en formalisant sa démarche RSE que T&B Vergers a su surmonter ses problématiques de bien-être au travail, liées à la pénibilité des travaux agricoles et des travaux de conditionnement. Depuis 2016, l’entreprise a renommé sa démarche RSE en Happy Culture, afin de la rendre plus tangible pour tous ses collaborateurs et donner une identité forte à T&B Vergers.

Quelles sont les erreurs de communication les plus fréquentes ?

Ne pas communiquer

C’est une erreur courante liée au fait que les entrepreneur.e.s ont souvent peur d’être anecdotiques ou de pratiquer le green washing. Il est assez rare d’observer des TPE ou PME qui ont une véritable stratégie de communication autour de la RSE. Seules les plus engagées le font, et souvent seulement lorsqu’elles se sentent légitimes à le faire. « Il est vrai qu’au début nous étions réticents à communiquer de peur de faire du green washing. », explique Manon Laby.

Communiquer en externe uniquement

37% des salariés sont au courant du programme RSE de leur entreprise, 15% se sentent engagés dans la démarche (baromètre RSE EcoDev & Des Enjeux et Des Hommes). Enfin, 37% des entreprises publient un rapport RSE*. C’est une grande erreur d’oublier que la communication interne est à la base d’une politique RSE structurée. Cela permet de redonner du sens en interne en impliquant les collaborateurs autour de projets portés par tous.

Pour Manon Laby, les travailleurs doivent être au centre de la démarche : « Cette année, nous allons également lancer des ateliers RSE autour de thèmes que nous jugeons particulièrement importants chez T&B Vergers, comme par exemple la gestion des déchets, de l’informatique « vert », ou encore de la mobilité. »

Être irrégulier

Il est essentiel de fixer un plan de communication auquel l’entreprise se tient. Communiquer d’un coup puis laisser le tout à l’abandon est contreproductif, car cela a pour effet d’entacher la crédibilité de la démarche et d’affecter la motivation des personnes concernées.

Vouloir faire de la communication la finalité de sa démarche

Certains entrepreneurs cherchent à obtenir un label pour communiquer en externe. Mais le label doit faire sens vis-à-vis des consommateurs. La reconnaissance du public ne doit être vue que comme la cerise sur le gâteau.

Faut-il communiquer même quand on n’est pas parfait ?

Oui, il le faut ! Dès le lancement d’un projet, il faut communiquer l’engagement de l’entreprise auprès de ses parties prenantes en se fixant des objectifs, au moins en interne. Il faut ensuite planifier précisément des temps pendant lesquels communiquer.

Il existe également une multitude de temps forts dans l’année qui sont l’occasion pour l’entreprise de sensibiliser : semaine des déchets, semaine européenne de la mobilité…

T&B Vergers a fait le pari d’être totalement transparent sur le fonctionnement de son entreprise. En organisant des portes ouvertes à destination de toutes ses parties prenantes (fournisseurs, distributeurs, partenaires, consommateurs finaux…), les visiteurs peuvent comprendre le chemin que parcourt le fruit du verger à la barquette.

Quelle est la différence entre la communication d’une startup et celle d’une grande entreprise ?

Il n’y en a pas, la seule différence est celle des moyens mis en œuvre. Ce n’est pas forcément la taille qui fait la force de la communication.

Quelles sont selon vous les astuces de communication à bas coût accessible à n’importe quel entrepreneur.e ?

Certains canaux sont très faciles d’accès : la newsletter à destination des clients, grâce à des outils gratuits comme Canva.

Pour la retouche et la création d’images, Gimp our encore PinkMonkey permettent de faire de très belles choses, ou encore Wordpress pour le développement web.

Utiliser les réseaux sociaux est également extrêmement important. La publicité sur ces plateformes est très accessible en termes de coûts tout en étant extrêmement efficace.

Pour T&B Vergers, les réseaux sociaux sont au cœur de la stratégie de communication RSE de l’entreprise. En partenariat depuis 2017 avec l’association Artois Autisme, l’entreprise reverse chaque année une somme spécialement collectée à l’occasion. Afin de récolter encore plus de fonds, T&B Vergers a démarché les consommateurs finaux et les Grandes et Moyennes Surfaces en lançant la campagne #unepommepourlautisme et #unepoirepourlautisme.

« Cela a été très utile », explique Manon Laby. « Un de nos prestataires, qui installait des panneaux photovoltaïques sur nos toits, est tombé sur l’une de nos publications et a décidé de reverser 1€ à ce programme par panneau solaire installé sur toute l’année. Depuis, nous proposons à tous nos fournisseurs de nous accompagner dans l’une de nos actions ! Un autre moyen de créer du lien et du partenariat éthique et social, de partager nos bonnes pratiques.

Nous nous sommes également engagés en interne : en atteignant 14 unités conditionnées par minute ou plus, le collaborateur faisait reverser un certain montant par l’entreprise à l’association. Nous prenions une photo et la partagions en interne, ce qui était très positif pour l’atmosphère générale.

En 2019, nous avons donc collecté 12 000€, soit 5 000 de plus que les années précédentes. »

Conclusion

Quelques points à retenir :

  • Communiquer quoiqu’il arrive : avoir peur de faire du greenwashing ou d’être imparfait ne doit pas empêcher de communiquer
  • Penser à communiquer en interne
  • Communiquer régulièrement, et se tenir à son planning
  • Garder la communication comme un moyen et non comme une fin
  • Exploiter à fond les réseaux sociaux, à la fois efficaces et à bas coût
  • Lier des partenariats locaux pour accroître sa visibilité et faire grandir sa réputation
  • Être transparent vis-à-vis de ses parties prenantes : des journées portes ouvertes permettent par exemple d’établir un dialogue sain et de renforcer les relations
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