Fatma Chouaieb [Hello Charly] : « J’ai très vite développé une rage d’entreprendre »

Pour ce nouvel épisode de Midi-Entrepreneures, Frédérique Cintrat, accueille Fatma Chouaieb, co-fondatrice de la start-up Hello Charly, une intelligence artificielle au service de l’orientation scolaire et professionnelle des jeunes… et des moins jeunes !

Quand on (re)démarre une vie professionnelle, il est parfois difficile de trouver sa voix ou même d’être correctement aiguiller pour y parvenir. Des embûches que Hello Charly, un « coach d’orientation personnalisé » compte bien enrailler !
Grâce à cette intelligence artificielle l’utilisateur peut, à distance, trouver sa voie de manière inspirante et personnalisée. Aujourd’hui sa co-fondatrice Fatma Chouaieb nous en dit plus sur la création de ce conseiller pas comme les autres…

Bpifrance : Quel est votre parcours et quel a été le déclic qui vous a lancé sur la voie de l’entrepreneuriat ?

Fatma Chouaieb : J’ai eu un parcours linéaire, j’ai fait une classe préparatoire aux grandes écoles de commerce pour intégrer HEC Paris. Je suis ensuite entrée dans un cabinet de conseil, KPMG, mais avec une envie insatiable d’entreprendre ce qui m’a conduit à me demander si je n’étais peut-être pas à la bonne place. En plus de cette envie d’entreprendre, j’ai été sensibilisée à la problématique de l’insertion professionnelle grâce notamment à ma mère et à mes frères. Ma mère, professeure d’anglais à l’université, m’a toujours poussée à rencontrer ses étudiants pour parler des opportunités d’emploi et qui plus est, je coachais régulièrement mes 2 frères afin de les aider à trouver leur voie. Tout cela a contribué à me donner l’impulsion et la force de me lancer pour concrétiser mon idée. 

B : Comment avez-vous démarré votre aventure ?

F.C : A la suite de mon expérience chez KPMG, je me suis inscrite au sein de l’incubateur « Willa », qui propose un programme sur la mixité hommes/femmes dans l’entrepreneuriat. Cela a confirmé mon envie de devenir entrepreneure. J’ai donc continué en participant à un hackathon organisé par Orange. Durant cet évènement, j’ai pitché mon idée en 30 secondes afin de trouver de potentiels investisseurs. Avec une équipe – qui s’est formée lors de l’évènement – nous avons ensuite présenté notre projet ; ce dernier a été élu « le meilleur projet du hackathon » et nous avons remporté le prix de 5 000 €. Même si j’ai gardé des liens avec certaines personnes de l’équipe du hackathon, je n’ai trouvé personne qui souhaitait se lancer concrètement dans l’aventure avec moi. Il fallait me trouver un.e associé.e complémentaire car j’avais un outil tech à développer…

B : Cette expérience a permis de trouver la force de vous lancer, dans un premier temps, toute seule dans cette aventure ?

F.C : Effectivement, j’ai très vite développé une rage d’entreprendre. En l’espace d’une semaine, j’ai créé une page web vitrine, mon business plan, un livre « ma méthode d’orientation » et j’ai acquis un téléphone professionnel pour répondre par sms aux questions d’orientation des utilisateurs potentiels. Le but de cette première étape était de voir s’il y avait des personnes intéressées par des conseils sur leur orientation. Pour commencer à me faire connaître j’ai publié des publicités sur Facebook avec le numéro du téléphone professionnel. Malgré quelques erreurs de débutants, le pari fut payant, plus de 600 utilisateurs en un mois ! Encore fallait-il trouver un.e associé.e pour passer à la prochaine étape : programmer une intelligence artificielle afin de remplacer le téléphone professionnel par un coach 100 % en ligne.

B : La rencontre avec votre associé ne s’est pas faite en un jour, comment l’avez-vous trouvé et comment aviez-vous su qu’il était le bon associé pour Hello Charly ?

F.C : En réalité ma rencontre avec mon associé s’est faite pendant la création de ce projet ! Une semaine après la mise en ligne du site internet, j’ai participé à plusieurs évènements de rencontres, conférences d’entrepreneur.e.s et c’est notamment à la Mutinerie que j’ai rencontré Laurent, qui est développeur. Mais nous n’avons pas voulu brûler les étapes, et il a fallu près de 3 mois pour apprendre à mieux nous connaître et savoir si nous avions vraiment envie de nous lancer ensemble dans l’aventure.
Une fois cette certitude acquise, nous sommes allés chercher un premier financement de 30 000€ auprès de Bpifrance, le PIA (Programme Investissement Avenir). Nous avons par la suite rédigé et défini un contrat d’associé à 50/50 et nous sommes devenus co-fondateur de Hello Charly.

B : Quelles furent les étapes suivantes ?

F.C : On avait un modèle B2C qui nous permettait de monétiser rapidement notre service mais nous nous sommes très vite tournés vers le B2B. Je suis donc retournée voir les partenaires du hackathon auquel j’avais participé afin de leurs vendre des packs de sponsoring pour l’accompagnement des jeunes. Tout cela nous a permis de réaliser nos premières embauches (psychologue, coach…). Très vite, nous sommes arrivés à 18 000 jeunes accompagnés ! Cela nous a permis d’écrire nos premières success stories , qui sont très importantes lorsqu’on apporte sa vision à des financeurs. Il fallait qu’on s’agrandisse pour que notre système convainc tout le monde.

B : C’est donc à ce moment-là que vous avez lancé vos premières levées de fonds, comment avez-vous fait ?

F.C : Tout à fait, pour trouver des fonds afin de financer notre projet nous sommes d’abord allés voir des groupes de business angel mais ce fut très décevant. Par chance, en pitchant lors d’un évènement nous avons été repérés par un fonds visionnaire. Il s’agissait du fonds Investir&+ qui correspondait à notre vision : mêler performance économique & impact social très fort. Nous avons réalisé une première levée de 400 000 € avec ce fonds et nous avons contracté un prêt de 150 000 € avec Bpifrance ce qui nous a permis de développer l’entreprise.

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