Justine Monsaingeon, une entrepreneure innovante pour les seniors

Mercredi 22 mai dernier Justine Monsaingeon était accueillie au Hub de Bpifrance dans le cadre des Midi Entrepreneures pour un échange sans filtre sur ses réussites entrepreneuriales. Une rencontre animée par Frédérique Cintrat, fondatrice d’Axielles. Dynseo, c'est la première plateforme de jeux cognitifs intergénérationnelle.

Racontez-nous vos débuts.

J’ai commencé par créer une entreprise de conseil en systèmes d’information. Malheureusement cela n’a pas fonctionné. Créer une entreprise est difficile, source de stress et de tensions. Dans ses débuts il faut savoir se serrer les coudes, affronter les mauvaises nouvelles et partager les mêmes valeurs avec vos associés.

Je suis partie du jour au lendemain, et je suis rentrée chez ma mère. A côté de chez elle, il y avait une maison de retraite dans laquelle je me suis engagée comme animatrice bénévole.

Je me suis rendu compte que les jeux proposés aux seniors n’étaient pas adaptés. Il s’agissait de jeux pour enfants, qui n’allaient jamais au-delà de 5 ans. C’était gênant car les résidents s’en rendaient compte. Alors un jour je suis venue avec un IPad, qu’ils ont beaucoup apprécié. Ils appelaient ça « l’ardoise magique ».

C’est comme cela qu’est né Dynseo, une entreprise spécialisée dans les applications de rééducation et de stimulation cognitive. Dynseo signifie « la dynamique des seniors ».

Comment a commencé Dynseo ?

Pour tester l’idée, nous sommes allés voir l’hôpital Broca. Comme ni eux ni nous n’avions de budget, nous avons décidé de chacun apporter notre matière grise. Nous avions au départ 1000€ de capital. Nous avons pris des stagiaires.

Ma mère et moi sommes très complémentaires : elle est brillante techniquement, et j’apporte au projet le soutien commercial nécessaire.

Nous avons lancé des POC (Proof of Concept), c’est-à-dire que nous testions en temps réel les services proposés. Nous avons donc très vite eu un retour sur produit, et ces retours étaient très encourageants. Le POC n’étant par définition pas parfait, mais nous l’avons amélioré au fur et à mesure, avec les utilisateurs finaux.

Vous n’avez pas mené d’enquête avant de commencer ?

Je ne crois pas trop aux enquêtes et présentations powerpoint du futur projet. Si vous n’avez pas très vite quelque chose de concret à montrer, vous risquez de vous noyer dans vos idées. Les POC sont en outre très utiles pour rassurer clients et investisseurs, c’est concret, et on se projette plus facilement.

Quelles ont été vos sources de financement ?

Au moment de la levée de fonds, j’étais enceinte de jumeaux. La veille de l’accouchement je travaillais encore, j’étais au Salon des Seniors. C’était très difficile de lever des fonds pendant cette période, j’ai donc laissé tomber.

Nous nous sommes toujours concentrés davantage sur la recherche de clients que sur la recherche d’investisseurs, ce qui est une autre façon de voir les choses. Aujourd’hui pour monter une entreprise, il existe beaucoup d’aides et de subventions, de la part des régions, de BPI France, Fondations ou partenaires privés. En effet nous avons obtenu 140 000€ d’aides de la région, et gagné environ 17 prix et reconnaissances de concours, comme par exemple le trophée de l’e-santé ou le Prix de la Fondation Médéric Alzheimer.

Tout cela nous a permis d’obtenir des sources de financement, mais également de gagner en crédibilité. Et c’est de la communication gratuite !

Quel profil de salariés recrutez-vous ?

Surtout des développeurs, car nous avons besoin d’être technologiquement innovants. Aujourd’hui nous avons dix salariés à temps plein, plus des stagiaires.

Il paraît que vous vous êtes intéressés à l’international ?

Pour se démarquer de nos concurrents, nous avons créé Top Culture, un concours de culture générale pendant lequel toutes les maisons de retraite pouvaient s’affronter à distance. Puis des maisons de retraite belges, luxembourgeoises, et suisses romandes se sont inscrites, et nous avons décidé d’ouvrir le concours à l’échelle européenne. Tout cela a été source de nombreux défis concernant notamment l’adaptation des questions aux différentes cultures.

Maintenant, nous étendons ce concours à l’international. Nous avons des établissements américains et canadiens qui nous ont rejoint, et même une fois une maison de retraite du Nigéria ! Des stagiaires de tous les horizons nous aident dans les exercices de traduction, et dans la recherche de questions adaptées.

Comment faites-vous pour signer des contrats ?

Nous avons fait énormément de porte à porte au démarrage de notre activité, et encore aujourd’hui. C’est essentiel d’aller présenter notre produit sur le terrain, auprès des utilisateurs finaux. Notre business model est très fort : nous proposons un programme de jeux de mémoire adaptés à 8€/mois par tablette, ce qui est très abordable.

Je réseaute beaucoup également grâce à Internet, sur des sites comme Linkedin, je suis les actualités de Bpifrance et Maddyness, qui listent les événements de l’innovation ou alors les challenges du mois. Nous sommes également incubés, ce qui permet de créer de nombreux échanges avec les porteurs de projets et de gagner du temps. Ne pas refaire les mêmes erreurs que les voisins d’à côté, et s’entraider.

Où en est Dynseo aujourd’hui ?

Aujourd’hui  nous avons équipé plus de 800 structures en B2B, nous sommes présents dans plus de 6 pays.

Nous cherchons à aller de plus en plus au domicile des seniors.

En effet en prévention, l’entraînement cérébral régulier peut vraiment retarder l’arrivée des troubles cognitifs. Nous répondons à un vrai enjeu de société, et avons un vrai rôle à jouer.

Sans levée de fonds, il n’est pas facile pour une start-up de faire du B2C, et avançons donc en B2B2C. Cet enjeu de prévention intéresse particulièrement les mutuelles et les assurances. Enfin, nous nous sommes associés à La Poste, qui a une force de frappe très importante chez les seniors, et développe une tablette dédiée, Ardoiz, où nos jeux Stim’Art sont intégrés.

Nous développons également une version de jeux éducatifs dédiée aux enfants qui souffrent d’un handicap cognitif. Nous souhaitons notamment avoir une activité aux Etats-Unis où la demande est très forte sur ces sujets.

Ou téléchargez l’application « Axielles Corporate » sur Play Store ou App Store !

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