Midi Entrepreneures #3 - Avec Chrystèle Gimaret, fondatrice d'Artupox

Midi Entrepreneures, c’est quoi ?

Ce 11 septembre 2018 s’est tenue la deuxième session des Midi Entrepreneures, 90 minutes d’échanges sans filtre pour plonger dans l’univers d’une startup. Organisé avec Axielles, cet événement est l’occasion de fédérer les femmes autour de leur démarche entrepreneuriale.

Vous souhaitez vous inscrire à notre prochain événement ? RDV le 7 novembre. INSCRIPTION PAR ICI

Vous souhaitez rejoindre nos réseau d'entrepreneures Bpifrance ? INSCRIPTION PAR ICI

Qui est Chrystèle ?

Chrystèle Gimaret est une ancienne chercheuse en mathématiques, qui a travaillé pour la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris (CCIP). Entrepreneure, elle a fondé Artupox, une entreprise de 138 personnes.

Racontez-nous vos débuts !

« C’est quand je travaillais encore à la CCIP que j’ai décidé de monter mon projet. J’ai intégré l’incubateur Paris Première, où je me rendais tous les soirs après mon travail. J’ai commencé avec un capital de 10,000€.

Je me suis rendu compte qu’avec ce capital-là, je ne pouvais me lancer que dans le gardiennage, ou dans le nettoyage. Mais pour le gardiennage, il fallait verser des salaires très tôt, et pour le nettoyage, il y avait énormément de concurrence. »

En quoi Artupox est une entreprise innovante ?

« J’ai donc fait mon choix, et ai créé une entreprise de nettoyage disruptive qui serait hors concurrence. C’est ainsi qu’est née Artupox, le premier service quotidien de nettoyage éco-friendly, à destination des entreprises. Nous avons créé des contrats très faciles à résilier, contrairement aux autres entreprises de nettoyage. Cela a contribué, paradoxalement, à la fidélité de nos clients

Aujourd’hui, nous promettons à nos clients de la qualité, mais également une confidentialité absolue. Notre personnel est tenu au secret : rien ne quitte l’entreprise, ce que très peu de nos concurrents garantissent.

Notre entreprise s’est essentiellement fait connaître sur le bouche-à-oreille. Ce sont toujours nos clients qui nous recommandent ! »

Qui était votre premier client ?

« C’est en allant chez le coiffeur que j’ai trouvé mon premier client. Au détour d’une conversation, un employé m’a fait part des besoins de son entreprise à trouver un service de nettoyage de qualité. J’ai tout de suite répondu que je proposais ce service (sans pour autant préciser que ma start-up n’avait que quelques jours…)

Nous avons signé un contrat, alors que je n’avais encore aucun matériel, aucun salarié, et qu’il y avait huit salons à entretenir.

Je suis donc allé au BHV, et ai acheté ce dont j’avais besoin. J’ai trouvé au plus vite des personnes pour faire le ménage. C’est à ce moment que mes 10,000€ m’ont bien servi.

La morale de cette histoire est que les clients sont partout. Ouvrez l’œil et soyez ouvert(e)s à la conversation.

Nous nous sommes ensuite lancés en Scandinavie, un marché très ouvert au développement durable. Nous étions loin de la concurrence française. Nous sommes ensuite revenus en France. »

Pourquoi avez-vous choisi d’intégrer un incubateur ?

« D’abord, j’avais un bureau, et c’est très important car je n’avais pas de distraction. L’interaction sociale fait que naturellement, je suis entrée dans un cadre.

Ensuite, cela m’a permis de rompre la solitude de l’entrepreneure. Seule dans mon salon, c’était facile d’être persuadée que ce que je faisais était juste. En parlant de mon projet, je pouvais me confronter à quelqu’un d’autre, et ça m’a été extrêmement utile.

Enfin, ça a été également très important pour moi d’avoir des gens avec qui partager mes succès. »

Pourquoi ne pas ouvrir votre capital ?

« En 2005, l’accès aux financements était très difficile, surtout pour l’entrepreneuriat féminin. Aujourd’hui, c’est plus facile : il existe plein de réseaux féminins, et nous avons toutes accès à Internet. Les femmes ont donc plus de choix.

De 2005 à 2018, notre croissance a été permanente,et nous sommes donc restés en auto-financement. Maintenant, j’ai le luxe de pouvoir dire que je ne suis pas à court d’argent. Je me laisse toutefois courtiser par les fonds, qui m’apportent toutes leurs compétences.

Je sais que je vendrai mon entreprise quand j’aurai 50 ans, car elle sera arrivée à maturité, et je serai trop fatiguée pour continuer. L’effort pour passer le cap suivant sera trop difficile. On ne peut pas se dire qu’on restera entrepreneure toute sa vie. Je prépare donc ma sortie, et fait tout pour livrer une entreprise clef en main à celle ou celui qui la reprendra. »

Avez-vous choisi d’être entrepreneure pour être libre ?

La liberté est relative. En tant qu’entrepreneure, je suis quand même responsable de payer mon équipe à la fin du mois. Il est très difficile de ne pas travailler, puis de devoir regarder quelqu’un dans les yeux pour lui annoncer qu’il ou elle ne sera pas payé(e).

Quelles sont vos initiatives en faveur du développement durable ?

Nous n’employons pas que des femmes : notre personnel est composé de 130 hommes, et de 8 femmes.

Concernant le transport, nous leur fournissons des scooters électriques ; ils peuvent aussi sinon se déplacer en vélib ou en métro. Nos employés de ménage travaillent de jour, ils peuvent donc profiter de leur vie personnelle et familiale, d’un emploi du temps aménagé. Ils sont affectés à certains sites selon leur lieu de résidence, et en sont changés lorsqu’une lassitude se fait sentir chez eux. Ils ont la chance de travailler dans de beaux locaux comme ici, chez Bpifrance (rires).

Les investissements en matériel sont réalisés au cas par cas, et les outils sont laissés sur place. Notre personnel fait plus partie de l’entreprise dans laquelle ils travaillent que d’Artupox !

Nous luttons également contre l’analphabétisme en formant notre personnel.

Les produits que nous utilisons sont non-étiquetés : cela signifie qu’ils peuvent être utilisés sans gants ni masque. Ils ne sont pas encore Made In France, car le marché français est très peu développé…

Alors que pour les autres entreprises de nettoyage, le turn-over oscille de 60%, chez nous il est à seulement 1%. Nous offrons des évolutions de salaires, de responsabilité. C’est ce qui fait que notre personnel est captif, et nous avons même inscrit une clause de non-sollicitation dans les conditions générales de vente : nos clients ne peuvent pas embaucher notre personnel.

Partagez cette actu !
Abonnez-vous !

Recevez les dernières actualités directement dans votre boîte email.

CONNECTEZ-VOUS AVEC L’UNIVERS ENTREPREUNARIAL

Ne perdez pas le fil


Une erreur est survenue sur la page.


Cliquez ici pour retourner à la page d'accueil

Vous n'avez pas pu assister à tous les stand-up des top speakers du Bang lors de @Bpifrance #InnoGeneration ? Pas d… https://t.co/rMmJmV13Y7