Capillum, la start-up qui transforme les déchets de cheveux en ressource

Chaque jour en France, un million de personnes se rendent chez le coiffeur et 4 000 tonnes de cheveux sont jetés à la poubelle. Depuis 2019, Capillum collecte et valorise ces déchets peu exploités.

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  • 02 juillet 2021
  • Temps de lecture: 2 min
capillum

Un véritable coup de cœur professionnel. Dès leur rencontre à l’école de commerce de Clermont-Ferrand, James Taylor et Clément Baldellou savent qu’ils créeront une entreprise ensemble. Soucieux de leur impact environnemental, ils se dirigent vers la valorisation d’un déchet… mais lequel choisir ? A force de recherches et d’expérimentations artisanales, les deux hommes découvrent le pouvoir absorbant de la fibre capillaire et l’intérêt médical de la kératine. Ils fondent Capillum en 2019.

Le pouvoir historique du cheveu remis au goût du jour

Il y a 4 000 ans, le peuple mongol utilisait déjà le cheveu comme isolant pour ses yourtes. Au début du XIXe siècle en France, des marchands sillonnent encore les villages afin d’acheter des cheveux, pour le rembourrage de mobilier en substitut au crin de cheval ou encore pour la confection de perruques. La seconde guerre mondiale vient cependant stopper ces pratiques. Les recherches sur le cheveu s’arrêtent pendant 50 ans avec l’avènement de la pétrochimie et du plastique. Capillum réinvente cette valorisation du cheveu et reprend les recherches là où elles s’étaient arrêtées.
 En un an, Capillum a déposé quatre brevets sur le protocole d’extraction de kératine et les propriétés de la fibre capillaire. « On a vraiment acquis une expertise du cheveu en tant que matériau et on n’a pas hésité à aller chercher des experts extérieurs », raconte James Taylor.
Aujourd’hui, une partie des déchets de cheveux récoltés par Capillum est utilisée pour la recherche médicale en lien avec les vertus protectrices de la kératine. D’une volumétrie plus conséquente, le travail de la fibre de cheveu permet de développer de nouvelles solutions de paillage et d’absorbants. Une campagne de financement participatif a d’ailleurs été lancée avec succès pour la fabrication de tapis de paillage en cheveux recyclés, 100 % biodégradable. « On répond à une vraie demande du marché en attente de solutions plus responsables et locales », témoigne le co-fondateur de Capillum.

Un succès territorial

90 points d’apport volontaires pour déchets capillaires, 20 entrepôts partenaires couvrant l’ensemble du territoire et un partenariat avec La Poste ont été mis en place par la start-up afin de favoriser une récupération durable et un traitement de proximité.
De nombreux territoires s’engagent également aux côtés de Capillum dans cette démarche de réduction des déchets comme l’explique James Taylor : « Le cheveu est considéré comme une ordure ménagère, donc on rentre dans l’objectif gouvernemental de réduction des déchets. Les villes ont tout intérêt à favoriser la démarche Capillum auprès de leurs coiffeurs, dans une optique d’économie circulaire et de transition écologique ».
Actifs en Italie depuis peu, l’ambition de ses deux fondateurs pour Capillum est de rapidement développer un outil industriel optimisé pour leur activité et se doter d’une unité technologique dernier cri unique au monde pour le recyclage du cheveu.