Carole Dupessey, PDG du groupe Dupessey & Co : « L’échange entre pairs, c’est de l’intelligence collective qui sort des murs de l’entreprise. »

Carole Dupessey, Présidente-directrice générale du groupe lyonnais Dupessey & Co spécialisé dans le transport routier et la logistique, nous explique comment, grâce aux réseaux et au travail en équipe, elle a su faire de la crise un moment de réflexion pour échanger et repartir plus forte.

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  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • 15 décembre 2020
  • Temps de lecture: 2 min

Malgré la crise, la patronne de Dupessey & Co ne cède pas. Après une première vie d’avocate, Carole Dupessey a choisi d’intégrer l’entreprise fondée par son père. Celle qui est devenue PDG du groupe en pleine crise financière de 2008 voit dans ces périodes d’instabilités l’occasion de se remettre en question et de bouger les lignes. Elle répond à nos questions dans l’étude « Résister et se relever. Les dirigeants de PME-ETI à l’épreuve de la crise » de Bpifrance Le Lab.

Bpifrance. En quoi les crises sont-elles sources d’opportunité pour vous ?

Carole Dupessey. La contrainte permet de se poser des questions, de se remobiliser et d’embarquer les collaborateurs dans une autre dynamique. Le sentiment de danger permet de faire bouger plus rapidement les lignes. Or, c’est très long en temps normal. Prendre une décision ne suffit pas. L’inertie en entreprise et la résistance au changement freinent beaucoup les transformations.

B. Une occasion de changement ?

CD. Cette capacité de transformation accélérée qu’offre la crise m’avait déjà frappée en 2008. À l’époque, nous avions perdu très rapidement beaucoup d’argent. Cela nous avait poussé à chercher des solutions, réfléchir autrement et repenser notre organisation. Après la bataille, nous avions interrogé ce qui avait fonctionné ou non, ce qui nous a permis d’engager la diversification des secteurs que le groupe délivrait.
La crise de 2020, elle, aura marqué la mise en place du télétravail. Je n’aurais jamais pensé faire de l’exploitation à distance. Nous avons vu, par la force des choses, que cela fonctionnait. Une belle évolution des conditions de travail, sur un laps de temps court. Nous avons été bousculés de nouveau avec cette crise et je pense qu’il n’en sortira que du positif.

B. Quels leviers vous ont aidée dans vos prises de décision depuis le début de la crise sanitaire ?

CD. Je fais partie du comité directeur de TLF (Union des entreprises Transport et Logistique de France) qui est le plus gros réseau de transporteurs. Avec nos comités réguliers, j’ai été bien informée sur les mesures sanitaires à mettre en place.
Pour les décisions opérationnelles, j’ai intensifié le rythme des comités de direction (CODIR) : un le matin et un l’après-midi. En nous réunissant deux fois par jour, nous avons partagé quasiment en temps réel tout ce qui se passait dans l’entreprise. Nous étions donc en capacité de prendre les décisions les plus adéquates, en fonction de l’évolution de la situation.

B. Avec votre CODIR et TLF, estimez-vous être suffisamment entourée dans une situation complexe comme celle-ci ?