Case study : comment Nestor rentabilise la livraison de repas en entreprise

Dans un paysage très concurrentiel, la start-up, lancée en 2015, s'appuie sur un algorithme prédictif pour aller au devant des commandes de ses clients. Le résultat : le plus grand restaurant virtuel de France.

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  • Île-de-France
  • 15 février 2018
  • Temps de lecture: 2 min
Nestor Plat Thai

D'autres s'y sont cassés les dents, comme le Belge Take Eat Easy, mis en redressement judiciaire à la mi-août 2016, ou précarisent leurs livreurs, comme le Britannique Deliveroo, pour réussir. Nestor, une start-up parisienne de la food tech, créée en 2015 par trois amis « fans de food », Benoît d'Arrouzat, Sixte de Vauplane et Joseph de Chateauvieux, a adopté une solution inédite pour percer dans le secteur ultra-concurrentiel de la livraison de repas. Les trois fondateurs ont appris en faisant... et relevé une évidence : pour réussir, il faut une organisation ultra-serrée. Mais comment faire si l'on propose plusieurs menus, sans savoir qui commandera quoi, ni où ? 

Gastronomie

Les trois entrepreneurs ont donc décidé de ne proposer qu'un seul menu (entrée/plat/dessert) à 15 euros, qui change tous les jours, pour tous les salariés qui n'ont pas de restaurant d'entreprise, soit, en règle générale, plutôt les entreprises de 0 à 500 salariés, et en particulier ceux qui travaillent dans des quartiers de bureaux. Résultat : des achats groupés, donc moins chers, et moins de gaspillage dans les produits. Enfin, les cuisines (il en existe trois pour l'instant, situées respectivement à la Défense, vers l'Etoile et enfin la dernière, qui a ouvert au 1er janvier, au Pont du Garigliano) toutes à moins de 20 minutes à vélo des grandes zones de livraison.

 Des clients qui commandent régulièrement

Nestor Plat

Mais ce n'est pas tout. Nestor s'est doté d'un algorithme de prédiction. En analysant les goûts des clients (interrogés systématiquement et dont les impressions sont remontées aux cuisines), ainsi que le taux de répétition de commandes (18 % des clients commandent au moins une fois par semaine - « ce qui est une très forte récurrence, relève Sixte de Vauplane, Nestor n'est pas l'exception, il fait partie du quotidien »), la société fait, tous les jours, le pari que certaines commandes n'arriveront qu'au dernier moment.

Velo

Au lieu d'embarquer six repas, par exemple, le livreur à vélo en prend dix, considérés comme des pré-commandes, qui pourront être livrées en un temps record lorsque les menus seront effectivement commandés. « Jusqu'à 40 % des menus font l'objet de prédiction », indique le jeune entrepreneur.
En tout cas, cette astuce permet, en les mutualisant, de limiter les frais de transport (qui reviennent à moins de 2 euros par repas pour Nestor, contre 5 à 6 euros pour ses concurrents, assure Sixte de Vauplane), puisque le livreur ne fait qu'un seul voyage, et ce dernier voit d'ailleurs sa rémunération augmenter de cette façon. De quoi satisfaire le client, qui voit arriver son repas très rapidement. Et, évidemment, offrir des prix raisonnables - tout en permettant à l'entreprise d'être rentable. Et le cercle vertueux s'enclenche...

Trois nouvelles cuisines prévues cette année