C’est quoi l’économie expérimentale ?

Le prix Nobel d’économie 2021 a été attribué à trois spécialistes de l’économie expérimentale. Mais au fait, ça veut dire quoi “économie expérimentale” ? On vous explique.  

  • Actus
  • Économie
  • 13 octobre 2021
  • Temps de lecture: 2 min
nobel

La théorie du libre-échange de David Ricardo, la destruction créatrice de Robert Schumpeter, ou encore le keynésianisme. Des souvenirs de vos cours vous reviennent, c’est normal. Voici quelques exemples de thèses que l’on retrouve dans les livres d’économie. Et si on passait de la théorie à la pratique ? C’est tout l’intérêt de l’économie expérimentale qui permet de tester les prédictions théoriques et de mettre en évidence des comportements qui ne sont pas anticipés par les modèles.  

Cette approche scientifique permet de reconstituer des contextes de décision en travaillant dans un environnement contrôlé, le plus souvent en laboratoire, mais parfois aussi en milieu naturel. Guido Imbens, Joshua Angrist et Davis Card, fraîchement récompensés du prix Nobel d’économie ont d’ailleurs eu recours à des « expériences naturelles », c’est-à-dire en menant leurs travaux dans des situations de la vie courante.   

L’économie expérimentale récompensée par un prix Nobel d’Économie 

Ce n’est pas la première fois que l’économie expérimentale fait parler d’elle au sein de l’Académie. En 2002, cette dernière récompense Daniel Kahneman et Vernon Smith, pionniers de la méthode. Leurs recherches remettent en cause certaines idées reçues sur l'économie et font de celles-ci une science expérimentale. Leurs travaux intègrent notamment une bonne dose de psychologie pour Kahneman, et la mise au point de méthodes expérimentales pour Smith.  

Près de 20 ans plus tard, le modèle est à nouveau récompensé. Pour une première moitié, le prix est remporté par David Card « pour ses contributions empiriques à l’économie du travail ». Grâce aux expériences naturelles, l’économiste a analysé les effets du salaire minimum, de l’immigration et de l’éducation sur le marché du travail. « Ses études du début des années 90 ont remis en question les idées reçues, ce qui a conduit à de nouvelles analyses et à de nouvelles perspectives », précise le jury Nobel. 

Les résultats de ses recherches ont notamment montré que l’augmentation du salaire minimum n’entraîne pas nécessairement une diminution des emplois. A la suite d’une étude expérimentale menée dans des fast-foods américains du New Jersey, secteur où les salaires sont traditionnellement bas, l’économiste a observé qu’une hausse des salaires dans certains restaurants engendrait des effets positifs sur le taux d’emploi et sur la productivité des salariés. Certains chômeurs, et notamment les moins qualifiés, étant plus incités à reprendre le chemin de l’emploi. Alors que pour le groupe témoin, aucun changement n’est à noter.  

Joshua Angrist et Guido Imbens, ont conjointement été récompensés « pour leurs contributions méthodologiques à l’analyse des relations de cause à effet ». Au milieu des années 90, les deux chercheurs ont notamment démontré comment des conclusions précises sur les causes et les effets peuvent être tirées d’expériences naturelles.