Demain : les grandes tendances de l'innovation

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  • 04 février 2021
  • Temps de lecture: 2-3 min

Demain : la digitalisation de l'agriculture

La crise du Covid-19 a mis en évidence le rôle essentiel de l’agriculture française en matière de souveraineté alimentaire et l’importance de la qualité sanitaire et environnementale de sa production. Dans ce contexte, l’innovation numérique apparaît comme un levier d’action efficace pour assurer l’accès à une alimentation saine et abordable.

D’après un rapport du Sénat publié en mai 2019, « tous les indicateurs de la puissance agricole française sont alarmants ». Si la France reste la première puissance agricole européenne, son excédent agricole a été divisé par 2 en 5 ans. De plus, l’Hexagone reste fortement dépendant des importations pour nourrir sa population (1 fruit et légume sur 2 consommé en France est importé). Face à ce constat, Laurent Babut, investisseur au sein du pôle Ecotechnologies de Bpifrance, a une conviction : « La digitalisation de l'agriculture est nécessaire pour retrouver de la compétitivité et aller vers la souveraineté alimentaire ». Dans le cadre du projet cadre du projet « Demain »*, il casse les idées reçues sur la digitalisation de l’agriculture et dévoile des pistes pour transformer durablement le secteur agricole français.

Digitalisation de l’agriculture : « l’innovation est là »

Idée reçue n°1

Les agriculteurs ne sont pas très connectés.

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Les agriculteurs sont même plus connectés que la moyenne des Français. 

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« 85 % des agriculteurs utilisent internet au moins une fois par jour. Et malgré quelques zones blanches, deux agriculteurs sur trois utilisent, aujourd'hui sur leur exploitation, au moins un objet connecté », révèle Laurent Babut. Reste à les convaincre de l’efficacité et de l’utilité des innovations numériques pour répondre à leurs problématiques.

Idée reçue n°2

 La France est à la traîne sur les sujets de digitalisation.

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La France fait partie des bons élèves en Europe et a vocation à le rester.

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« On reste la première puissance agricole de l'Union européenne, on a des instituts de recherche qui sont en pointe sur ces sujets, ainsi qu’un écosystème de startups très dynamique », explique l’expert Bpifrance.
Autre sujet de fierté, la France est le 3e pays au monde en matière de création de startups agritech par habitant. « Cependant, on ne sera jamais aussi digitalisé que les Etats-Unis qui ont des exploitations en moyennes trois fois plus grandes que les nôtres et une agriculture beaucoup plus standardisée », nuance Laurent Babut avant d’ajouter « L'enjeu va être plutôt de ne pas dénaturer les terroirs qui font la force de l'agriculture française, et d'essayer d'en optimiser les processus grâce à la digitalisation ».
 

Idée reçue n°3

Le numérique va déshumaniser l'agriculture.

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S’il existe des projets de fermes futuristes, ou d'agriculture verticale, qui pourraient changer notre rapport avec la terre, cela reste assez marginal.

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« L'enjeu de la digitalisation, c'est surtout de redonner du pouvoir à l'agriculteur en lui permettant de mieux communiquer sur ces pratiques agricoles auprès du consommateur final », affirme l’expert. Mais le digital a une autre fonction majeure : « permettre à l'agriculteur de retrouver ses marges ». Que ce soit en vendant mieux grâce à des solutions de traçabilité ou en optimisant ses coûts grâce à des solutions de type "agriculture de précision", ces outils digitaux vont aussi aider à réduire l'impact environnemental de l'agriculture.

Idée reçue n°4

On a besoin de nouvelles innovations technologiques pour l’agriculture.

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Si l’on peut toujours créer des produits et des outils plus efficaces et plus innovants, aujourd'hui les agriculteurs ont déjà à leur disposition beaucoup de solutions qui existent et qui fonctionnent.

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Pour Laurent Babut, le cœur du sujet est plutôt la diffusion des innovations et le partage de données. « Il faut former au numérique tous les acteurs de la chaîne de valeur, des agriculteurs aux coopératives en passant par les conseillers agricoles. Mais il faut aussi que tous les acteurs travaillent beaucoup plus ensemble, partagent leurs données, et prouvent via de projets concrets, l'efficacité de ces outils digitaux », conclut-il.

*Portée par Bpifrance, Demain est une démarche collective de réflexion sur neuf enjeux majeurs, autour de l'économie et de l'industrie, et vise à préparer les entreprises aux révolutions en cours.