Freepry, la seconde main directement dans les magasins

Déçus par leur expérience sur les plateformes de seconde main en ligne, quatre amis de l’université Paris-Dauphine ont fait le pari de révolutionner le marché des vêtements d’occasion avec Freepry. La start-up permet aux particuliers d’acheter et de vendre des vêtements d’occasion directement en magasin.

 

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  • 06 octobre 2021
  • Temps de lecture: 2-3 min
Freepry

Asymétrie d’information sur la taille et la qualité, délais de livraison long et déceptions récurrentes, sans parler de l’impact écologique des envois de colis : « 30 % de ce qu’on achetait n’étaient jamais portés », témoigne Thibaut Boiziau, co-fondateur de Freepry. « Il est illogique de vouloir consommer responsable et d’acheter des vêtements qui ne servent à rien ». C’est en partant de ce constat que les quatre amis créent Freepry en avril 2020. Leur ambition : redonner vie à la seconde main physique dans un monde toujours plus digital.

Optimiser l’expérience en magasin

« Nous sommes tous animés par cette même envie de consommer mieux et moins cher », affirme Thibaut Boiziau. C’est pour répondre à ce besoin que les fondateurs ont imaginé une solution qui optimise l’expérience de l’achat de seconde main en boutique, à la fois côté vendeur et acheteur.
Pour cela, Freepry propose aux clients un plus grand choix de produits en boutique, la possibilité de les essayer, le tout avec bonne conscience en consommant responsable. Les vendeurs, eux, déposent directement leurs vêtements dans un corner en magasin où ils seront vendus à des prix plus élevés que sur les plateformes comme Vinted.

La jeune pousse s’adresse aussi aux boutiques qui accueillent la seconde main et pour qui « il est très difficile de se lancer seules sur ce marché qui nécessite des outils différents de la vente classique ». Pour séduire ces acteurs, elle a développé une solution clé en main comprenant des logiciels de pricing, de gestion des stocks et des datas qui optimise la reprise et la revente d’articles de seconde main. « Il existe un réel enjeu data pour les boutiques, si on connait ce que vendent et achètent les clients on pourra mieux communiquer par la suite », soulève le co-fondateur. Et en cas d’invendus, Freepry propose également un service de rachat des stocks.

Un essor appuyé par la crise sanitaire

Aborder la seconde main par le prisme du physique dans un contexte de fermeture des boutiques et d’absence de perceptive économique était un défi de taille pour les quatre associés. Mais c’était sans compter sur l’effet catalyseur du confinement qui a fait exploser la mode reponsable. « Vinted a vu son nombre d’articles tripler en un an et demi et la seconde main commence à séduire des gros acteurs du secteur de la mode », explique Thibaut Boiziau. « Un réel changement des mentalités est en marche au sein de la deuxième industrie la plus polluante au monde ».

Dans ce contexte, cumulé à la baisse de fréquentation des magasins depuis les confinements, Freepry séduit de plus en plus d’acteurs. En effet, le secteur de l’habillement souffre et les boutiques ont vu leurs ventes chuter de 15 % en 2020 selon les données de l’Institut Français de la Mode. « A chaque nouvelle boutique nous perfectionnons notre offre. C’est un apprentissage permanent », affirme le co-fondateur. Après avoir séduit le groupe Printemps chez Citadium Caumartin en octobre dernier, la start-up vient de signer un partenariat avec le grand magasin Printemps Haussmann pour l’ouverture d’un étage entier dédié à la seconde main. Elle compte aujourd’hui près de 200 points de vente partenaires sur tout le territoire.

Après ces premiers succès, les quatre amis comptent lancer une application permettant aux clients d’avoir une vision d’ensemble des produits disponibles en magasins. Puis pourquoi pas se tourner vers d’autres marchés d’occasion !